Non au REM aérien à Tétreaultville

Tous les matins, lorsque je marche pour conduire les enfants à la garderie, pour faire les courses, pour aller au métro, pour me rendre à l’arrêt d’autobus, je me surprends à rêvasser, à m’imaginer ce que sera la rue Sherbrooke en 2029, ce n’est pas si loin… Puis monte en moi en sentiment, cette relation amour-haine avec cette rue. Relation de haine pour sa vague parenté avec le boulevard Taschereau et ses faux airs de banlieue mal planifiée, qui me dérangent. Ces nouvelles constructions où l’on a à peine songé à inclure de la verdure. Relation d’amour parce que c’est une rue centrale du quartier d’où je viens, que j’ai longtemps boudé par snobisme et un désir d’être plus près de l’action. Je ne pensais jamais revenir dans ce quartier. Finalement, j’y suis revenue après avoir acheté la maison la moins chère de l’île ! Maintenant, je me suis attachée à ce coin de ville, à ce quartier qui se transforme, qui se solidarise et qui fleurit.

Un quartier souvent mal aimé, négligé, qui a fait les frais d’expropriations au cours de son histoire comme lors de la construction du tunnel Louis- Hippolyte-Lafontaine dans les années 1960 : 300 familles du quartier déplacées, des terres agricoles détruites, pour le bien de la collectivité.

Puis je repense à la rue Sherbrooke et je me dis : ce n’est pas vrai, nous n’allons pas revivre tout ça ! Les grands chantiers de béton, le rayonnement à l’internationale pour un projet d’envergure, des expropriations, des vies détruites, des nuisances sonores, du béton mur à mur, la multiplication des îlots de chaleur dans un quartier qui se qualifie déjà pour les grandes olympiades de la température ambiante décuplée.

Ce n’est pas ce dont je rêvais, et je crois que c’est le cas de plusieurs de mes concitoyens ; je souhaitais plus de verdure, des arbres, des transports de proximité, moins de camions-remorques, plus de solidarité envers mon quartier et nos enjeux.

Je ne désire pas que mon quartier fasse encore les frais du développement à outrance avec des projets mal goupillés d’investisseurs qui n’ont cure de l’acceptabilité sociale de leurs projets, du moment qu’ils génèrent du profit et un rayonnement international.

C’est pourquoi je dis non, non au projet de REM aérien sur la rue Sherbrooke Est dans Tétreaultville ! Nous ne voulons pas d’une autre cicatrice dans notre quartier, même pour la collectivité. Si vous voulez réaliser ce projet, retournez à vos tables à dessin et dessinez-nous un avenir meilleur !

 

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