La beauté est ailleurs

À chaque démolition d’un élément de patrimoine architectural, comme bientôt à Sept-Îles, où l’hôtel de ville fera place à un stationnement, nous abdiquons collectivement, ayant décidé que la beauté serait ailleurs. En vacances, nous allons visiter en Europe des abbayes, des cathédrales, des villages fleuris, puis rentrons rouler sur nos boulevards urbains, toute laideur assumée pour le reste de l’année. Mais pourquoi s’arrêter au patrimoine bâti ? Nous rasons la forêt à la limite des autoroutes, bétonnons les rives du fleuve, y bâtissons des décors de pacotille et installons l’industrie lourde en milieu marin fragile. Pas grave, nous pourrons bientôt retourner admirer les espaces sauvages des parcs de l’Ouest américain quand la frontière rouvrira.

3 commentaires
  • Sylvio Le Blanc - Abonné 28 janvier 2021 11 h 29

    Lettre très perinente

    Aucun lien de parenté.

    • Sylvio Le Blanc - Abonné 28 janvier 2021 15 h 43

      ... pertinente, plutôt.

  • Marjolaine Lepage - Abonnée 28 janvier 2021 11 h 30

    Notre perception de la beauté

    Je suis tout à fait d'accord avec vous. Dans notre société commerciale, c'est la banalité de la laideur!
    Entre les années 1966 et 1985, j'ai travaillé à l'hôtel de ville de Sept-Iles.Ce bâtiment possède une architecture tout à fait spéciale et je viens d'apprendre que c'est une firme prestigieuse qui l'a conçu. Après toutes ces années, j'ai un attachement sentimental et nostalgique envers ce bâtiment. Comme presque tous les bâtiments de valeur au Québec, on l'a laissé se détériorer et maintenant on veut le détruire parce que ça coûterait trop cher pour le remettre en état. Je me demande toujours ce que les touristes européens peuvent bien trouver de beau quand il viennent visiter le Québec, à part quelques beaux paysages souvent conservés de justesse.