ICI RDI, un service public payant

Lors de l’audience du CRTC du 14 janvier dernier, M. Michel Bissonnette, vice-président principal de Radio-Canada, interrogé sur le fait que l’Extra de Tou.tv soit un service payant, a notamment souligné qu’ICI RDI, Artv et Explora étaient également des services payants. Comme si une iniquité pouvait devenir acceptable sous prétexte qu’elle existe déjà. Il est déplorable que les chaînes de divertissement de Radio-Canada ne soient pas gratuites, mais il y a pire !

Que Radio-Canada, en tant que diffuseur public essentiel à la démocratie, n’offre pas sa chaîne d’information ICI RDI gratuitement à la population est carrément indécent, voire scandaleux ! Il est inadmissible que l’on doivepayer un fournisseur privé (câblodistributeur ou fournisseur d’accès Internet) pour avoir droit à l’information diffusée par la télévision publique !

La Société Radio-Canada doit impérativement entreprendre des démarches pour faire résilier les contrats antidémocratiques relatifs à ICI RDI qu’elle a conclus avec des fournisseurs d’accès
du secteur privé. À plus brève échéance, Radio-Canada doit au moins faire en sorte que la programmation de sa seule chaîne de télévision non câblée et gra-tuite, ICI Télé, s’inscrive dans l’esprit du rapport Yale, « L’avenir des communications au Canada. Le temps d’agir », publié en janvier 2020. Ce rapport, qui vise à renforcer le diffuseur pu-blic national, dit ceci : « C’est dans le secteur du contenu de nouvelles et de l’information que le rôle d’un média public […] sera le plus important. »

Radio-Canada serait donc bien avisée de renforcer le contenu informatif de sa chaîne non câblée et gratuite, ICI Télé, afin de faciliter l’accès de tous à une information de qualité supérieure, et ce, jusqu’à ce qu’elle puisse offrir l’accès gratuit à ICI RDI. Ainsi, Radio-Canada devrait présenter en direct, à ICI Télé, les grands événements de l’actualité qu’elle ne diffuse actuellement qu’à ICI RDI (exemple, la cérémonie d’intronisation du président des États-Unis). En outre, Radio-Canada devrait remplacer la plupart des émissions de va-
riétés présentées à ICI Télé par des émissions d’actualité tirées d’ICI RDI. Nul doute que de tels changements entraîneraient une forte hausse des cotes d’écoute d’ICI Télé, car les gens sont avides de contenu digne d’intérêt et de nouvelles fiables.

Si le ministère du Patrimoine canadien, le CRTC et la Société Radio-Canada ont pour objectif que cette dernière soit respectée et perçue comme un diffuseur public essentiel à la démocratie, il est primordial que Radio-Canada offre à la population une chaîne d’information télévisuelle de qualité supérieure, accessible à tous sans intermédiaires privés.

12 commentaires
  • Yvon Pesant - Abonné 20 janvier 2021 04 h 29

    État caetera

    Bravo!

    Et ce qui est vrai pour ICI-RDI devrait l'être également pour les autres chaînes de notre société d'État.

  • Serge Lamarche - Inscrit 20 janvier 2021 05 h 00

    Tou.tv

    Même sur internet, ce n'est pas gratuit. Bizarre. Pourtant certaines émissions gratuites ont bien des publicités. En tout cas, je ne regarde plus la télé depuis que les ondes sont numériques.

  • Gérard Raymond - Abonné 20 janvier 2021 06 h 43

    Permettez-moi, madame Laramée, de profiter de votre lettre pour signaler au CRTC un problème concernant Radio-Canada qui m’embête depuis longtemps.
    Dans le plus grand nombre des reportages qui nous parviennent d’un peu partout dans le monde en langue anglaise, Radio-Canada, ajoute une traduction en français au bas de l’écran, cela durant un si bref moment qu’on a pas vraiment le temps de comprendre ce dont il est question.
    Radio-Canada/le Canada est-il à ce point pauvre qu’il n’a pas les moyens de présenter une traduction verbale des informations que l’on veut transmettre à ses citoyens !?
    Quel serait le coût des services de traducteurs sur place 12 à 14 heures par jour, c’est-à-dire trois poste de travail demandant 30 à 40 par semaine chacun ? Réponse : moins d’un million de dollars par année.
    Comment peut-on être cheap à ce point là !?

  • Pierre Raymond - Abonné 20 janvier 2021 06 h 49

    ...et le hockey ?

    ...et je refuse de payer pour voir mon sport national à la TV à tout le moins les parties locales. Le hockey des Canadiens de Montréal se doit d'être gratuit pour tous au Québec.

  • Jean-François Fisicaro - Abonné 20 janvier 2021 09 h 20

    C'est toute la patente qu'il faut revoir !

    On peut se questionner sur le fait de devoir payer pour certains services de la SRC sans oublier les pubs sur plusieurs de ses canaux, d'autant que nous les payons déjà par nos taxes et impôts. Si ce n'était que ça. Le problème est que le CRTC continue de gérer la radio et la télédiffusion comme avant l'arrivée du web. Totalement ridicule. Quel que soit le moyen et le canal de diffusion (radio, télé, web, en direct ou en différé), le CRTC n'a plus le choix de les considérer comme autant de sources de contenu à réglementer.

    Et faudra bien un jour avoir le courage de dire les choses comme elles sont: M. Péladeau a probablement raison de ne pas apprécier que la SRC mange au même râtelier publicitaire que les diffuseurs privés canadiens. Il devrait toutefois s'acharner tout autant et probablement plus sur des entreprises comme Google (et les autres "gafam"). Aurait-il oublier que Google et la Face de Bouc accaparent à eux seuls près de 80% du marché mondial publicitaire !!!!!! Si ça ce n'est pas un quasi-monopole, alors je ne sais pas ce que c'est ! Et tant qu'aucun gouvernement de cette planète n'aura eu le courage de mettre son pied à terre face à cette situation que j'évalue tout aussi grave que pour les autres oligarchies mondiales actuelles (alimentation, énergie, pharmaceutique, etc).

    Sans prétendre être une approche parfaite, voici ce que je crois être une façon de rééquilibrer les choses:

    - Que le gouvernement donne au CRTC un mandat élargi pour être en mesure d'intervenir sur l'ensemble des modes de diffusion de 2021 et fournisse à la SRC/CBC les sommes qu'il faut pour en faire un vrai diffuseur public qui n'aurait plus à se financer par la publicité;
    - Que le CRTC amène la SRC/CBC à se recentrer sur sa mission (information, éducation, culture et un peu de variétés) + un seul service payant (TOU.TV);
    - Que tous les diffuseurs privés soient traités sur un pied d'égalité et qu'ils doivent contribuer à la production de contenu local.

    On peut toujours rêver !