Laissons la chance aux coureurs

Est-ce l’effet de la pandémie, l’esprit du temps ou simplement la multiplicité des micros sociaux? Beaucoup ont la réaction virulente... et précoce. La nomination de la première commissaire contre le racisme à Montréal en a fait grimper plus d’un dans les rideaux à cause de son passé comme porte-parole du Conseil national des musulmans du Canada et de déclarations malheureuses. Pourtant, en entrevue avec Patrick Masbourian à Tout un matin, Mme Bochra Manaï a plutôt fait preuve d’une grande ouverture d’esprit, ne voyant d’ailleurs aucun problème à travailler avec le gouvernement du Québec, peu importe l’étiquette qu’on met sur les problèmes à régler. Le même genre de réactions intempestives avait salué la nomination de Ian Lafrenière comme ministre des Affaires autochtones; pour certains, l’ancien travail de M. Lafrenière comme porte-parole du SPVM le disqualifiait a priori.

Il serait pourtant plus sage de laisser d’abord la chance aux coureurs. Si M. Lafrenière se montre un jour complaisant envers les comportements racistes de certains de ses anciens collègues ou si Mme Manaï prend la défense des fanatiques islamistes qui réclament des piscines unisexes ou qui refusent les cours de musique à l’école publique, on avisera.

Mais, d’ici là, prière de descendre des rideaux.

4 commentaires
  • Robert Morin - Abonné 19 janvier 2021 07 h 29

    La chance au coureur - Prise 2

    Vous semblez reprendre à votre compte le texte de Michel David paru samedi dernier. Je suis assez d'accord avec cette attitude d'ouverture sauf sur un point. En effet même si Mme Manaï, dans son rôle antérieur au Conseil canandien des musulmans avait fait un amagalme scandaleux entre la loi sur la laïcité (Loi 21) et l'attentat contre la mosquée de Québec, comparant au passage le Québec à une référence en matière de suprémacisme blanc, M. David a plutôt fait valoir que la nouvelle commissaire au racisme systémique de Montréal n'a pas à se prononcer sur une question de laïcité. Je veux bien, mais comme le soulignait J.F. Lisée dans son texte de samedi, Mme Manaï a refusé à cinq reprises de répondre à la question claire et simple suivante : «Considérez-vous que la Loi 21 du gouvernement du Québec est raciste?» Or, ni David, ni vous d'ailleurs ne pouvez invoquer le fait qu'elle n'ait pas à se prononcer sur sa conception du racisme, puisque c'est là son mandat fondamental. Alors comment expliquer ce manque de transparence, ce refus systématique de répondre? J'espère que ni Mme Manaï, ni Mme Plante ne pratiqueront un refus de transparence systémique dans ce dossier.

    • Christian Roy - Abonné 19 janvier 2021 15 h 23

      @ M. Morin,

      On aurait dû s'essayer avec cette question: «Considérez-vous que la Loi 21 du gouvernement du Québec est discriminatoire?»

  • Jacques Bordeleau - Abonné 19 janvier 2021 09 h 32

    Mansuétude

    Mme Manai ne voit pas d'inconvénient à travailler avec le gouvernement du Québec, dites-vous. C'est trop de bonté!

    Jacques Bordeleau

  • Lucien Cimon - Abonné 20 janvier 2021 09 h 58

    Montrer patte blanche: une stratégie que les loups connaissent bien, comme moyen d'entrer dans la bergerie.
    Ils ont aussi une patience de loup.