Laissons la chance aux coureurs

Est-ce l’effet de la pandémie, l’esprit du temps ou simplement la multiplicité des micros sociaux? Beaucoup ont la réaction virulente... et précoce. La nomination de la première commissaire contre le racisme à Montréal en a fait grimper plus d’un dans les rideaux à cause de son passé comme porte-parole du Conseil national des musulmans du Canada et de déclarations malheureuses. Pourtant, en entrevue avec Patrick Masbourian à Tout un matin, Mme Bochra Manaï a plutôt fait preuve d’une grande ouverture d’esprit, ne voyant d’ailleurs aucun problème à travailler avec le gouvernement du Québec, peu importe l’étiquette qu’on met sur les problèmes à régler. Le même genre de réactions intempestives avait salué la nomination de Ian Lafrenière comme ministre des Affaires autochtones; pour certains, l’ancien travail de M. Lafrenière comme porte-parole du SPVM le disqualifiait a priori.

Il serait pourtant plus sage de laisser d’abord la chance aux coureurs. Si M. Lafrenière se montre un jour complaisant envers les comportements racistes de certains de ses anciens collègues ou si Mme Manaï prend la défense des fanatiques islamistes qui réclament des piscines unisexes ou qui refusent les cours de musique à l’école publique, on avisera.

Mais, d’ici là, prière de descendre des rideaux.

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