Nous n’étions pas prêts

En 2006, quand j’ai pris une année sabbatique de mon emploi d’informaticien, on m’a prévenu qu’au retour, je devrais demander l’autorisation avant de me présenter au travail en raison de la pandémie de grippe qui se profilait à l’horizon. « La question n’est pas de savoir s’il y aura une pandémie, mais quand », nous disait-on. Mais ce fut partie remise pour la pandémie.

Survient une grave épidémie d’une grippe inconnue en Chine fin 2019, et tous les stratèges employés par nos ministères et agences de santé croient naïvement que cela va en rester là, les virus ne traversant pas les frontières, c’est bien connu.

Puis ça déboule, mais on garde les frontières ouvertes trop longtemps. Puis, quand on songe enfin à se masquer, on s’aperçoit qu’on n’en a pas, de masques. Une énième réforme de la santé en a-t-elle éliminé les stocks au nom de la rationalisation ?

Après l’échec de mesures incohérentes et systématiquement appliquées trop tard, voilà maintenant que notre seule parade contre le virus consiste à nous enfermer le soir à la maison. Un tel état d’impréparation et d’improvisation est sidérant venant de dirigeants qui tentent par ailleurs de nous faire croire qu’ils écoutent la science.

 
3 commentaires
  • Cyril Dionne - Abonné 18 janvier 2021 09 h 37

    L’oisiveté des gens prépare les tourments pandémiques et les crises humaines

    Conclusions. Une énième réforme de la santé avec une bureaucratie omniprésente et qui n’a jamais été responsable de rien ne résoudra aucun problème. Lorsque les gens ne sont jamais touchés par leur incompétence, eh bien, il n’y a aucune permutation et tout est toujours pareil. Ajoutez à cela des syndicats qui ne pensent qu’à grandir et augmenter le nombre de leurs membres et de leurs cotisations pour étendre leur pouvoir et souvent prendre la population en otage, ceci ne changera certainement pas la donne. Que dire des politiciens qui prêchent aux grands vents et n'écoutent pas ce qu'ils disent, voyages vers les îles de sucre obligent? Enfin, si tous écoutaient la science, la distanciation sociale, le lavage des mains et la fin des voyages inutiles seraient des réflexes et non pas des contraintes en temps de pandémie.

  • Jean-François Trottier - Abonné 18 janvier 2021 13 h 05

    Et pourtant...

    Et pourtant nous faisons exacgement ce que vosd patrons ont prévu il y a 14 ans, en prévision, donc pour se préarer, à une autre pandémie.

    C'est un fait que toute démocratie procède en partie par démagogie. Les politiciens préfèrent lancer des promesses, puis faire semblant de les réaliser, plutôt que de s'attaquer réellement aux problèmes.

    Mais voilà, s'ils le font.... ils perdent leurs élections. C'est pourquoi on dit que l'important en politique est de durer. À la longue on finit par infléchir un tout petit peu le cours des événements.
    Jusqu'à ce qu'une catastrophe se déclenche. Et là seulement des mesurez suivent, et encore pas toujours.

    D'autre part, l'expérience démontre que les gouvernements contrôlants arrivent à des résultats pires que tout en très peu de temps, et deviennent encore plus vite inhumains comme des rouleaux compresseurs.
    C'est pourquoi Churchill disait que la démocratie est le moins pire des régimes.
    Mais bon, ça n'a jamais empêché la connerie de prospérer.

    Je suis convaincu que certains dans l'empire Aztèque ont reproché à Moctezuma de ne pas avoir prévu l'arrivée des blancs.
    Hé! Des prédictions le disaient!

    Les "y ara donc dû" sont toujours légion, et plus encore quand ça va mal.
    Il y a aussi toute une panoplie de porte-parole qui trouvent les victimes ad hoc pour démontrer que tout va mal. Ça pleut.
    Il y a beaucoup moins de "bon, puisqu'on est rendu là, voici ce que je suggère". Pas fou! Pour se faire critiquer ensuite!

    Je n'étais pas prêt lors de la naissance de mon premier enfant. Ni même au second! On n'est jamais prêt, pour quoi que ce soit.

    Alors on a "confiance". Quelque chose comme... ça n'ira jamais aussi bien qu'on le souhaite, et jamais aussi mal qu'on le craint. Faut faire avec.

    Pour imaginer des catastrophes, faites confiance aux humains. Pour trouver des "solutions miracles", encore plus!
    La vie se passe quelque part entre les deux.

  • Patrick Dolmaire - Abonné 18 janvier 2021 15 h 48

    Sidéralement sidérant !!!

    Si l'état de la situation lors de la première vague est effectivement sidérante pour les raisons que vous mentionnez, l'état de la situation lors de la deuxième vague de surcroit à la veille d'une probable mise en application d'une priorisation des soins de santé est tout simplement inacceptable, impardonnable. Contrairement à la première vague, le virus est maintenant identifié, ses modes de transmission aussi et pourtant la situation semble pire. Les résultats sont là. Ne témoignent-ils pas de l'incapacité des dirigeants à reprendre le contrôle de la situation, de la piètre préparation, des mesures inappropriées qui ne permettent pas d'atteindre les objectifs visés. L'ironie est que dans le monde des affaires, des dirigeants faisant état d'un tel palmares seraient remerciés et remplacés.