Mesures sanitaires et maturité

Y a-t-il une perte de confiance des Québécois vis-à-vis de leur gouvernement et des mesures qu’il adopte face à la pandémie ? La question se pose au vu de l’indiscipline observée récemment à propos des consignes : voyages dans le Sud après un avis des quatre chefs de parti réunis, réunions familiales du temps des Fêtes malgré l’interdiction des rassemblements. L’effet pervers de cette possible perte de confiance est que la population en vienne à prendre le contre-pied de ce qui lui est demandé.

Le ressac envers les mesures gouvernementales pourrait venir d’un sentiment d’improvisation devant ce qui est arrêté — tant la situation s’est détériorée en dépit des restrictions. Il serait toutefois hautement indésirable que les Québécois en viennent à croire que les mesures n’étaient pas pertinentes — et donc que s’y conformer ou pas ne change rien à l’affaire. Il est clair que la distance physique, par exemple, doit maintenant faire partie des mœurs. Cela étant, les « messages du gouvernement du Québec » répétitifs et, il faut le dire, lassants ne contribuent pas à augmenter la crédibilité des dirigeants dans la population. Le résultat est que celle-ci a le sentiment qu’on la juge incapable d’assumer ses responsabilités face à cette pandémie, de gérer ses risques devant la maladie.

Le gouvernement, en ce moment, en a suffisamment sur les bras (diffusion d’une information factuelle, gestion des hôpitaux, vaccination). Une présence médiatique moins grande dans cette crise, moins d’overexposition, lui éviterait une perte d’impact et l’écueil de faire de la COVID-19 un spectacle. Cela l’aiderait aussi à endiguer cette contagion en faisant lui-même confiance à sa population, en mettant en avant son sens des responsabilités

3 commentaires
  • Serge Pelletier - Abonné 13 janvier 2021 11 h 04

    Blas blas blas...

    M. Leblanc, ce gouvernenent (Legault) est directement et l'unique responsable de l'expansion tous azimuts des contaminations. Le gouvernement Legault a été depuis le tout début dans le déni total de tout ce qui lui était suggéré, de toutes mesures permettant le moindrement de "ralentir" la contamination, faisant porter, au contraire, toute la responsabilté sur n'importe qui... même les "n'importe quoi" y passaient. En fait, les bonimenteurs n'en avaitent que pour se convrir l'arrière train... C'était, et demeure, la faute aux autres...
    Legault s'est même glorifié que tout ce qu'il avait fait était très bien, excellent même, se donnant même une note de 100% (voir l'entrevu dans l'actualté).

    • Simon Grenier - Abonné 13 janvier 2021 16 h 18

      Que l'État faillisse inlassablement à une partie de sa tâche, jour après jour et décennie après décennie, c'est indéniable.

      Cela n'annule en rien la responsabilité personnelle de tout un chacun dans quoi que ce soit, incluant la propagation de la superstar virale du moment. Le déni n'est pas seulement perceptible chez M. Legault mais tout autant chez vous, M. Pelletier. Si je cours à l'hôpital licher goulûment tous les lits des unités COVID-19 avant d'aller frencher tous ceux qui se trouvent à l'épicerie dans un rayon de 10 kilomètres, j'ose croire que vous n'allez pas faire porter à M. Legault la responsabilité de ma propre stupidité (et vilénie).

      La vérité, c'est que tout comme "en temps normal", le gouvernement n'a pas à porter seul la responsabilité de faire tourner le monde. C'est à la société d'être une société, pas à l'État seulement - surtout pas quand le bon peuple ne cesse de pleurnichaîller sur le maususse d'impôt toujours trop élevé. Dans la vie comme au hockey, il faut substituer l'argent par l'huile de coude lorsque le premier fait défaut.

      Par ailleurs, la "transmission communautaire", elle vient de la communauté. Pas du 17e étage de l'édifice Price à Québec.

  • Louise Melançon - Abonnée 13 janvier 2021 11 h 45

    Pas de nuance, hein?

    Si l'idée de remettre en question la trop grande présence du premier ministre est valable... ie jugement porté sur sa manière de faire au début de la pandémie n,est pas juste. Monsieur Legault a fait ce qu'il fallait faire au mois de mars-avril....