Mesures sanitaires et maturité

Y a-t-il une perte de confiance des Québécois vis-à-vis de leur gouvernement et des mesures qu’il adopte face à la pandémie ? La question se pose au vu de l’indiscipline observée récemment à propos des consignes : voyages dans le Sud après un avis des quatre chefs de parti réunis, réunions familiales du temps des Fêtes malgré l’interdiction des rassemblements. L’effet pervers de cette possible perte de confiance est que la population en vienne à prendre le contre-pied de ce qui lui est demandé.

Le ressac envers les mesures gouvernementales pourrait venir d’un sentiment d’improvisation devant ce qui est arrêté — tant la situation s’est détériorée en dépit des restrictions. Il serait toutefois hautement indésirable que les Québécois en viennent à croire que les mesures n’étaient pas pertinentes — et donc que s’y conformer ou pas ne change rien à l’affaire. Il est clair que la distance physique, par exemple, doit maintenant faire partie des mœurs. Cela étant, les « messages du gouvernement du Québec » répétitifs et, il faut le dire, lassants ne contribuent pas à augmenter la crédibilité des dirigeants dans la population. Le résultat est que celle-ci a le sentiment qu’on la juge incapable d’assumer ses responsabilités face à cette pandémie, de gérer ses risques devant la maladie.

Le gouvernement, en ce moment, en a suffisamment sur les bras (diffusion d’une information factuelle, gestion des hôpitaux, vaccination). Une présence médiatique moins grande dans cette crise, moins d’overexposition, lui éviterait une perte d’impact et l’écueil de faire de la COVID-19 un spectacle. Cela l’aiderait aussi à endiguer cette contagion en faisant lui-même confiance à sa population, en mettant en avant son sens des responsabilités

À voir en vidéo