Voir autrement

Il reste neuf ans (2030) avant que le ciel nous tombe sur la tête, littéralement !

Radio-Canada/CBC plaidera pour le renouvellement de sa licence devant le CRTC, au cours des prochaines semaines, avec le menu habituel : toujours plus d’argent public et plus de pub (Tandem) pour un contenu moyen rarement génial et que, de façon générale, ni la pandémie, ni la crise écologique, ni la crise économique annoncée ne semblent ébranler.

La pub prédominante sur les ondes publiques est celle des constructeurs d’automobiles, de camionnettes, de VUS, de voitures de luxe, familiales ou sportives, toutes à essence, avec moult vedettes, paysages et effets spéciaux ronflants, comme si la voiture électrique et le virage vert tant important dans le transport n’existaient pas.

La malbouffe, le mobilier à acheter à tempérament, les produits de beauté, les spas, les week-ends à l’hôtel, etc., reviennent inlassablement toutes les dix minutes jusqu’à plus soif. Heureusement que le bouton « mute » sur la zappette permet, au moins, de ne plus les entendre !

Les contenus sont aussi complètement en porte-à-faux. Ceux que l’on voit cet hiver ont peut-être été produits cet été, lorsque le déconfinement a laissé tomber les masques et la distanciation, mais il est paradoxal et inquiétant de voir les animateurs et protagonistes parler, chanter, rire, hurler au petit écran comme si le virus n’existait pas.

Bref, non seulement la télévision nationale ignore la plupart du temps, par ses choix de contenu et ses commanditaires, la science et les échéances douloureuses qui devraient nous habiter pour nous inciter à agir, mais elle conforte et endort les politiciens et les électeurs dans leur opposition, ou manque de volonté, à changer de modes de consommation. Tout le monde devrait savoir aujourd’hui — y compris la télévision publique — que nos comportements présents nous mènent droit dans le mur.

Ou bien la télévision nationale soutenue par les deniers publics est complètement déconnectée de la réalité en continuant de nous servir en majorité du divertissement (Netflix est là pour ça et le fait beaucoup mieux) ou bien, en bonne compagnie citoyenne responsable, elle nous aide à « voir autrement » et à nous adapter aux changements inévitables qui auraient dû commencer dès le Sommet de la Terre, il y a 30 ans (Rio de Janeiro, 1992), si nos gouvernements n’étaient pas si myopes

6 commentaires
  • Cyril Dionne - Abonné 13 janvier 2021 09 h 50

    « À la télévision, on ne peut être autrement que ce qu'on est profondément » - Bernard Pivot

    Oui, à quand la fin de Radio-Canada parce qu’elle ne remplit certainement pas son mandat public cher CRTC. On ne peut la différencier des autres chaînes commerciales à part lorsqu’elle prend son ton hautain de nous dire que nous sommes dans l’erreur parce qu’ils sont les porteurs de la grande Vérité lorsqu’ils nous parlent d’appropriation culturelle, des changements climatiques, du racisme systémique et j’en passe.

    Radio-Canada ne devrait pas être des « talk show » à l’emporte pièce, TLMEP oblige, mais bien une chaîne d’information tout simplement. En fait au Québec, Télé-Québec serait suffisant. Pourquoi produisent-ils des émissions de variété pour faire une compétition déloyale aux autres parce que cette boîte est subventionnée par milliards par les contribuables? Vous la payez deux fois à travers vos impôts et lorsque vous vous abonnez à leur canaux qui sont inclus automatiquement dans votre forfait de câble. En plus, ils ne se gênent pas pour nous passer deux minutes complètes d’annonces publicitaires et plus souvent qu’autrement, on y retrouve les « veudettes » qui ont signé la Pacte en train d’essayer de nous vendre des voitures et des camions à essence.

    Il faudrait qu’ils produisent des émissions autrement de ce qu’ils disent, qu’ils pensent, qu’ils pensent autrement qu’ils ne devraient penser et ceci, jusqu'au plus profond de leur sphère et tour médiatique. Comme hypocrisie, difficile de faire mieux que Radio-Canada.

  • Nadia Alexan - Abonnée 13 janvier 2021 11 h 42

    Le sous-financement perpétuel de notre diffuseur public produit cette publicité toxique.

    Merci, madame Angèle Dufresne, pour votre lettre très pertinente. En effet, notre diffuseur public se comporte comme si la catastrophe climatique à nos portes n'existe pas. J'en ai marre de la commercialisation de chaque aspect de notre vie, même sur les ondes de notre télévision publique, c'est la doctrine du «business as usual».
    On pourrait se débarrasser de toute cette publicité toxique si notre gouvernement verser quelques dollars de plus comme le fait déjà la BBC, ou d'autres pays.
    CBC était autrefois, un chef de file mondial de la radiodiffusion,
    mais après plus de trois décennies de coupes, il est pratiquement sous assistance respiratoire. Le financement de la BBC est de 100 $ par personne, le diffuseur public norvégien reçoit 162 $ par an. Mais CBC obtient un misérable 34 $! Chercher l'erreur!

  • Jacques Beaumier - Abonné 13 janvier 2021 14 h 50

    Une publicité asociale

    Bravo pour votre lettre Madame. Je voudrais ajouter à votre dénonciation de la publicité qu'elle est d'un abrutissement ahurissant et d'une étourderie scandaleuse. Je donne deux exemples. On nous a servi pendant des mois une pub à répétition dans le même bulletin de nouvelles d'un pick up qui roulait à vive allure dans un désert de l'Ouest américain en soulevant un nuage de poussière. Puis, un homme à la voix grave nous annonçait qu'il s'agissait de la Ram Dodge à la calandre noire. Un concepteur de publicité a cru sincèrement qu'une calandre noire pourrait stimuler les ventes. Le clou de la fin, un taureau en retrait du sentier se prosternait avec respect devant un tel bolide. Impressionnant! L'étourderie maintenant. Cette pub est peut-être passée dans la région de Québec et sur internet seulement. Un homme d'âge mûr, cheveux grisonnants, vêtu d'un chandail et d'un pantalon de toile, à l'allure décontractée nous annonce son entreprise, une firme de gestion de portefeuilles. Puis la caméra se déplace pour montrer qu'il nous parle du bord d'un lac. Il est sans doute à son chalet. Il est l'image par excellence de la réussite sociale et nous assure que d'avoir recours à ses services, nous pourrions payer moins d'impôts. Cette annonce passait au moins 5 à 6 fois pendant un bulletin de nouvelles, 5 jours par semaine et le stratagème a duré au moins trois mois. Donc vues environ au moins 125 fois. Deux choses sont venues par me frapper : la première, il nous annonçait qu'il pourrait nous faire payer moins d'impôts, comme ça, en pleine pandémie, alors que les bulletins de nouvelles nous annonçaient que les coupes budgétaires des dernières années étaient responsables de l'hécatombe dans les CHSLD. L'autre, j'ai pu l'observer parce qu'à un moment, n'en pouvant plus, j'ai coupé le son. Forcément je ne voyais plus que l'image. J'ai été d'abord intrigué par ce qui m'a semblé être une bosse dans son pantalon. Puis, peu à peu, je constatais qu'il avait bel et bien une bosse et pa

  • Francine Leclerc - Abonnée 13 janvier 2021 15 h 08

    Tellement pertinent!

    Merci a Mme Dufresne et M.Dionne de nous mettre les yeux vis a vis des trous.
    J'étais tellement déçue de voir notre Kanie Vanasse nationale, annoncer indifféremment une lecture inspirée sur Audible et un VUS.
    Ma première réaction fut: il faut bien que les artistes vivent en ces temps de pandémie.
    Mais a la réflexion, on peut choisir ses combats.
    Et, choisir d'annoncer ces bolides, comme Dan Bigras ou Antoine Bertrand et autres l'ont fait avant elle, ne diminuent, ni ne justifient en rien ce choix anti-écologique. Je suis de celles qui pensent qu'un personnage public a des obligations, pas seulement des privilèges.
    Autant la télévision publique que les organismes gouvernementaux ont l'obligation de bien dépenser les deniers publics.
    Je ne comprends toujours pas les publicités faisant la promotion d'une fracture du crâne comme cadeau,des Fêtes, ou le choix de Valérie Plante sur une nouvelle commissaire qui s'est affichée jusqu'a plus soif contre la loi 21.
    Est-ce une position que notre mairesse-sourire veut approuver par ce choix?
    Comme payeur d'impôts et taxes, nous méritons plus de respect.

  • Simon Grenier - Abonné 13 janvier 2021 16 h 04

    J'ai étrangement l'impression de lire une description de tout ce qui s'appelle Québécor, V, Noovo ou TQS, bien plus que la télé de Radio-Canada.

    J'ai de la difficulté à comprendre qu'on dirige son mépris vers Radio-Canada, dont le financement public est encore et toujours lié, bien que partiellement... aux cotes d'écoute. Le bon peuple demande de l'abrutissement, l'État commande à Radio-Canada de produire de l'abrutissement, Radio-Canada produit de l'abrutissement. Mais le seul coupable serait le dernier élément de la suite?

    Si on veut que Radio-Canada "traîne la société vers le haut", il faudrait sommer nos dirigeants de donner ce mandat - et le financement adéquat - à sa télévision d'État. Mais le bon peuple a plutôt l'habitude de voter pour "les vraies affaires: des autoroutes pis des djobbes en construction" - dont ni les taxes carbone, ni la gestion de sa santé mentale, ni l'ouverture à l'autre, ni (...) ne font partie. Si je suis en accord avec l'entièreté du fond de votre propos, je crois qu'on se trompe complètement de cible.

    Par ailleurs, les réseaux privés font aussi partie de la société. Nous sommes mûrs pour un débat bien plus pertinent que le contenu de Radio-Canada, mis en lumière par le soubresaut COVID-19: l'élargissement du rôle des entreprises petites et grandes, pour les amener à être plus que de vulgaires acteurs économiques à la sauce capitalisme pur jus - modèle qui ne correspond pas, dans les faits, à notre société. Si Radio-Canada produit "un contenu moyen rarement génial", alors les studios de TVA sont situés au fond de ma toilette pas "flushée" depuis 1998. (Les goûts, les opinions, les nez et les craques de fesses, hein.)

    Si on veut se définir comme des personnes morales pour donner une protection blindée à nos propriétaires ou actionnaires parfois crapuleux, il faudra qu'on se comporte bel et bien comme des personnes et non comme des entités sans humanité ni responsabilité sur l'imbécilisation des masses.