L’enseignement sous le radar

Ayant enseigné durant 35 ans dans une école publique au secondaire, je n’ai pas été surpris que les rétrospectives humoristiques de l’année 2020 n’aient pas souligné le travail colossal effectué par les enseignants et les autres acteurs scolaires en cette période de pandémie. En rire aurait positionné le corps enseignant dans les incontournables de cette année difficile. Comme on le sait, la vague de reconnaissance du travail des acteurs scolaires déferle rapidement sur le rivage de l’oubli.

Pour beaucoup d’entre nous, l’école est un acquis social et ses artisans sont des ressources renouvelables et adaptables. Qui reconnaît les efforts considérables que doivent déployer les enseignants pour assurer un enseignement en personne des élèves et une adaptation virtuelle du même enseignement à travers les différentes plateformes du télétravail ? Ces tâches multipliées s’ajoutent aux contraintes de distanciation et aux aléas de la santé publique qui obligent l’enseignant en présence d’élèves à pourchasser le virus dans tous les recoins de sa classe. Toutes ces nouvelles fonctions dépassent le travail normalement dévolu à un enseignement habituel. Comme il l’a fait à l’égard du monde infirmier, on se serait attendu de la part du gouvernement Legault qu’il présente des offres acceptables aux enseignants pour en arriver à une entente qui tienne compte des nouvelles réalités pandémiques. Il nous semble que cela leur remonterait le moral, qui est bien bas, sous le niveau de flottaison de la décence, près de l’incompréhension et du mépris. […]

Le monde de l’enseignement vit des moments difficiles. Combien de temps encore passera-t-il sous le radar de la reconnaissance d’une société qui a un besoin incontournable de se renouveler constamment, car ses artisans sont mortels et donc éphémères ? Voilà pourquoi il faut accorder une place de choix à l’éducation et à ses maîtres, qui assurent la pérennité de ce renouvellement.

 

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