L’enseignement sous le radar

Ayant enseigné durant 35 ans dans une école publique au secondaire, je n’ai pas été surpris que les rétrospectives humoristiques de l’année 2020 n’aient pas souligné le travail colossal effectué par les enseignants et les autres acteurs scolaires en cette période de pandémie. En rire aurait positionné le corps enseignant dans les incontournables de cette année difficile. Comme on le sait, la vague de reconnaissance du travail des acteurs scolaires déferle rapidement sur le rivage de l’oubli.

Pour beaucoup d’entre nous, l’école est un acquis social et ses artisans sont des ressources renouvelables et adaptables. Qui reconnaît les efforts considérables que doivent déployer les enseignants pour assurer un enseignement en personne des élèves et une adaptation virtuelle du même enseignement à travers les différentes plateformes du télétravail ? Ces tâches multipliées s’ajoutent aux contraintes de distanciation et aux aléas de la santé publique qui obligent l’enseignant en présence d’élèves à pourchasser le virus dans tous les recoins de sa classe. Toutes ces nouvelles fonctions dépassent le travail normalement dévolu à un enseignement habituel. Comme il l’a fait à l’égard du monde infirmier, on se serait attendu de la part du gouvernement Legault qu’il présente des offres acceptables aux enseignants pour en arriver à une entente qui tienne compte des nouvelles réalités pandémiques. Il nous semble que cela leur remonterait le moral, qui est bien bas, sous le niveau de flottaison de la décence, près de l’incompréhension et du mépris. […]

Le monde de l’enseignement vit des moments difficiles. Combien de temps encore passera-t-il sous le radar de la reconnaissance d’une société qui a un besoin incontournable de se renouveler constamment, car ses artisans sont mortels et donc éphémères ? Voilà pourquoi il faut accorder une place de choix à l’éducation et à ses maîtres, qui assurent la pérennité de ce renouvellement.

 
3 commentaires
  • Mario Jodoin - Abonné 12 janvier 2021 00 h 30

    Bye Bye

    Le Bye Bye n'a parlé de vous, c'est dommage, mais quand on voit comment il a ridiculisé les travailleurs des postes qui ont pourtant été sollicités comme jamais, c'est peut-être aussi bien! Je les remercie de leur travail, comme je vous remercie du vôtre.

  • Cyril Dionne - Abonné 12 janvier 2021 08 h 04

    « La seule véritable erreur est celle dont on ne retire aucun enseignement » - John Powell

    Moi aussi comme ancien enseignant je trouve que la tâche des enseignant.e.s est herculéenne en ces temps de pandémie. Assurer un enseignement virtuel lorsque les gens n’ont jamais été formés et que le ministère de l’éducation du Québec n’a aucune structure en place pour en assurer son bon déroulement, eh bien, c’est presque ridicule. On ne mentionnera pas aussi que plusieurs maisons au Québec ne sont pas équipées en fait d’Internet rapide, ce qui est indispensable à ce type d’enseignement sans parler des tablettes et ordinateurs. En plus, et c’est probablement ce qui est le plus difficile comme enseignant.e en présentiel, c’est qu’il faut être conscient en tout temps des contraintes sanitaires tout en assurant une discipline dans la salle de classe. Sans discipline, il n’y a aucun enseignement valable. Comme apprenant aussi, comment faire abstraction de toutes ces distractions dans la salle de classe? Pardieu, les fenêtres des classes sont ouvertes en plein hiver pour aérer suite à des systèmes de ventilation fautifs ou qui n’existent tout simplement pas. Plusieurs élèves sont facilement distraits normalement et on en ajoute une couche de plus avec ce coronavirus. Il serait curieux de mesurer les apprentissages faits en salle de classe pour les comparer à ceux d'avant la pandémie.

    Cela dit, qu’est-ce que la convention collective des enseignant.e.s a à faire avec cette pandémie? Cela sent le syndicat à plein nez et une forme de chantage envers la population. Le militantisme des syndicats était déjà assez prononcé a priori de la pandémie avec leur implication dans des causes politiques qui n’avaient rien à voir avec la salle de classe, loi 21 oblige. Tous font des sacrifices présentement parce qu’une pandémie est semblable à un état de guerre. Même si c’est devenu très difficile d’enseigner avec ces multiples contraintes hors du contrôle des enseignant.e.s, leur tâche ne sera jamais comparable à ce que vivent les gens du monde infirmier. Même pas proche.

  • Mathieu Lacoste - Inscrit 13 janvier 2021 08 h 20

    « Moi aussi comme ancien enseignant je trouve que la tâche des enseignant.e.s (sic) » (Cyril Dionne)


    Ah ! Ces enseignantEs qui mènent à l'abattoir culturel le lectorat et la lectorate lorsqu'il/qu'elles s'imposent la lecture des commentaires que livrent en ces pages les commentateurs, les commentatrices, les commentateurs-trices ainsi que les commentatrices-teurs...