Responsabilité collective et démocratie!

Chaque fois que des élus abdiquent devant tous les pièges des compromissions. Chaque fois qu’ils se tai-sent par électoralisme, par espoir d’avancement, par complaisance envers une ligne de parti, envers le chef, envers des dérives mensongères et des demi-vérités. Chaque fois qu’un élu, un membre de parti, un militant n’ose pas la confrontation des idées pour amener un débat sain, chacune de ces petites lâchetés ouvre vers un glissement bien ardu à contrer quand la situation deviendra critique. Trump le populiste, oui, mais les “élites” républicaines qui se sont tues nous servent une leçon à ne pas sous-estimer. La dilution des responsabilités lors des atrocités nazies semble être oubliée, elles sont pourtant un maillon indispensable au laisser-aller vers le pire.

Que cette étape de trop soit l’occasion d’un sursaut salutaire pour les citoyens, les élus, les médias de toutes tendances des États-Unis. Mais aussi pour nous, qui pensons vivre en démocratie : la démocratie… Tant de façons de l’exercer ! Les démocraties… Tant de petits arrangements ! Car on n’a pas fini de réfléchir sur bien des évènements partout sur la planète. La démocratie n’est rien sans des citoyens qui l’exercent, pas seulement les élus. Les journalistes, les lecteurs, les citoyens membres d’associations, les militants, les observateurs…

1 commentaire
  • Claude Bariteau - Abonné 9 janvier 2021 07 h 30

    Mme Huberlant, vous identifiez quelles devraient être les responsabilités des élus et des citoyens dans une démocratie. Or, celles-ci s’appliquent dans les États souverains, car la citoyenneté s'y inscrit parce que ces États détiennent les pouvoirs régaliens propres à l'autodétermination interne et externe.

    Dans les États qui prônent la démocratie, ce sont idéalement les citoyens et les citoyennes qui créent leurs institutions démocratiques et les bonifient, mais aussi définissent, via leurs institutions démocratiques, leurs rapports aux autres États souverains et la façon d’œuvrer ensemble.

    Ainsi s'est construit l'ordre mondial actuel dont les Nations Unies constituent le maître d'œuvre même si les États ne partagent pas les mêmes visions ni les mêmes définitions de la démocratie et les mêmes conceptions de la citoyenneté et que cinq d’entre eux exercent un véto depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale.

    Cela dit, il faut savoir qu’au Canada, ce sont des élus qui ont défini en 1867 les règles de l'autodétermination interne, puis ont obtenu en 1931 l'autodétermination externe de Londres et rapatrié en la modifiant en 1982 la constitution en faisant des citoyens du Canada, reconnus tels en 1947, des ayants droits et en reconnaissant un statut différent aux peuples autochtones (amérindiens, inuit et métis).

    Le Dominion de 1867 a centralisé les pouvoirs politiques et économiques de l'autodétermination et laissé aux provinces ceux, locaux, en éducation, en santé, en gestion municipale et en gestions des ressources naturelles. Avec le temps, le gouvernement fédéral a accentué ses pouvoirs par son pouvoir de dépenser et ses prérogatives sur les pouvoirs conjoints et résiduels.

    Dans cet univers canadien, il n'existe pas de citoyenneté québécoise et l'exercice des pouvoirs provinciaux est affaire de gestion locale au sein d'une institution, la province, inspirée des façons de faire britanniques et non définies par les habitants du Québec.