Polluer pour étudier?

Monsieur le Premier Ministre,

J’ai appris comme tout le monde, lors de votre mise à jour du mercredi 6 janvier, les restrictions pour limiter la propagation de la COVID-19 pour le prochain mois. […] Lorsque vous avez dit que tous les élèves du secondaire devront porter deux masques chirurgicaux jetables par jour dès leur retour à l’école, j’ai été complètement ébranlée. Je sais qu’ils sont essentiels pour les travailleurs de la santé, mais pourquoi pour les élèves ? Selon moi, s’il y a eu des éclosions dans les écoles secondaires à l’automne, ce n’était pas parce que les masques des élèves n’étaient pas assez performants, mais plutôt parce que les adolescents voyaient leurs amis à l’extérieur de l’école. Donc, pourquoi ne pouvons-nous pas continuer à porter nos couvre-visages réutilisables ? De plus, plusieurs adolescents sont écoanxieux. Ne pensez-vous pas qu’en rendant le masque chirurgical obligatoire, vous allez inquiéter et démoraliser plusieurs jeunes ? Moi-même, en sachant que je pollue moins en écoutant mes cours à distance, je préférerais rester chez moi plutôt que de savoir que je participe sûrement à la pollution des océans en allant à l’école. En effet, les masques chirurgicaux, faits de pétrole, risquent de se retrouver en grande partie dans les cours d’eau (où ils se désagrègent en microplastiques et menacent la faune) ou dans les sites d’enfouissement. Ils prennent en moyenne 450 ans à se décomposer ! N’est-ce pas des raisons valables d’encourager le meilleur couvre-visage possible, mais réutilisable ?

3 commentaires
  • Bernard Terreault - Abonné 8 janvier 2021 09 h 56

    Remarquable

    Qu'on soit d'accord ou non avec tous les aspects de cette argumention, il faut souligner la pertinence, la clarté et le la qualité de langue de cette élève de secondaire 4.

  • Jacques Lafond - Abonné 8 janvier 2021 19 h 11

    Il y a deux aspects inquiétants concernant cette question du masque de procédure (le fameux masque bleu fait de polypropylène). D'abord, c'est un fait que des dizaines de milliards de ces masques jetables se retrouveront à court terme dans l'environnement. Il s'agit d'un problème environnemental qu'on ne peut ignorer. Mais il y a un autre aspect dont personne ne semble se préoccuper, à savoir les effets du port prolongé de ces masques sur la santé des étudiants. Je vois deux problèmes qui mériteraient qu'on s'y intéresse.

    1- Les particules fines qui se détachent continuellement de ces masques et qui son inspirées peuvent très probablement avoir des effets délétères sur les bronches. On parle ici d'un équipement porté durant environ huit heures par jour, cinq jours par semaine. Les autorités ont-elles effectué des études sur ce phénomène? J'en serais étonné.

    2- Ces masques, dont l'utilité est douteuse, constituent une entrave sérieuse au processus de respiration normal. Il y a une norme internationale qui exige une concentration minimale d'oxygène de 19,5% dans l'air respiré par les travailleurs. Il est donc illégal d'obliger des personnes à oeuvrer dans un milieu où la concentration d'oxygène est inférieure à 19,5%. Est-ce que les autorités se sont assurées que cette norme est respectée dans les classes avec des élèves masqués? Là encore, j'en serais très étonné. On se préoccupe de la ventilation, mais on se contrefout de l'air que les élèves respirent péniblement à l'arrière de leur masque...

    Si j'étais parent d'enfants d'âge scolaire, je serais beaucoup plus inquiet des effets nocifs des masques que du virus. Et je n'ai pas abordé ici l'aspect psychologique du port prolongé de cet accessoire que je trouve non seulement grotesque, mais aussi inutile que nuisible.

  • Julie Frève - Abonné 8 janvier 2021 21 h 40

    Bravo

    Bravo pour le courage et l'argumentaire. J'avais la même réflexion aujourd'hui, merci de l'exprimer.