Une rue de la Grande Paix?

Nous soulignerons, cette année, le 320e anniversaire de la Grande Paix de Montréal. Voilà un événement fondateur de l’histoire de la ville et de la Nouvelle-France. Il devrait être souligné à la hauteur de l’importance qu’il mérite. Au moment où se pointe à l’horizon le désir de reconnaître l’importance des Premières Nations dans notre histoire et sur le territoire que nous habitons, il me semble pertinent de corriger une certaine amnésie collective par la reconnaissance de ces nations dans la toponymie de la ville où cette paix a été signée. À Montréal, en 1701, cette rencontre exceptionnelle réunissait les chefs des principales Premières Nations de tout l’est de l’Amérique du Nord. Un événement considérable tant pour les Premières Nations que pour les Européens.

Ma proposition : changer le nom de la rue Sherbrooke pour l’appeler désormais rue de la Grande Paix. Le général Sherbrooke a été actif en Nouvelle-Angleterre et en Nouvelle-Écosse. Il n’a occupé des fonctions au Bas-Canada que pendant deux courtes années avant de retourner en Angleterre. Ce rôle historique est trop secondaire pour mériter le nom de la principale artère de Montréal, alors que la Grande Paix de 1701 est un événement majeur de l’histoire de la ville et du Québec.

Le général Sherbrooke est d’ailleurs déjà présent dans la toponymie de la province. La sixième ville en importance du Québec porte son nom, ainsi qu’une université. C’est bien suffisant pour le rôle qu’il a joué ici.

Deuxième proposition : reproduire sur une plaque de bronze de bonne dimension les signatures des Autochtones qui étaient constituées de jolis dessins au-dessous desquels on a écrit les noms de leurs nations.

Cette proposition se situe dans la droite ligne de ce qu’on a fait avec la rue Amherst, qui porte maintenant le beau nom amérindien d’Atateken.

Ces peuples ayant été les premiers humains à occuper cette terre il y a environ 12 000 ans, voilà une belle manière de commencer l’année et de célébrer par un geste significatif la réconciliation tant souhaitée avec les Premières Nations.

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