Une reprise économique sous forte inflation?

« L’hyperinflation naît d’un déficit budgétaire élevé, que l’État ne parvient pas à financer autrement qu’en créant de la monnaie, ce qu’on appelle communément “faire tourner la planche à billets”. Cet accroissement de la masse monétaire conduit à une hausse des prix. En effet, si une quantité de monnaie plus élevée est disponible pour une même quantité de biens, alors il en résulte une hausse des prix. » Source : La finance pour tous (lafinancepourtous.com).

Nous sommes présentement dans un contexte où les banques centrales maintiendront les taux bas afin de favoriser la relance. Je vois poindre une inflation forte dont les prémisses sont les suivantes.

L’offre aura été suspendue pendant une période prolongée, mais la demande est toujours là, la capacité de payer est là grâce aux aides gouvernementales, donc la demande risque de dépasser l’offre pendant un bon moment au début de la reprise. De plus, pour relancer l’économie, les gouvernements lancent pour des milliards de dollars de projets d’infrastructure. Une recette pour se sortir d’une récession normale, pas d’une pandémie où le taux d’épargne des Canadiens bat des records. C’est une erreur que nous allons tous regretter !

Comment profiter des opportunités de cette petite crise inflationniste probable devant nous ?

Oublions les obligations à long terme et réfugions-nous dans les obligations à court terme, qui auront fort probablement un rendement supérieur à l’inflation. Choisissons des actions ou des fonds d’action de ressources naturelles, qui ont tendance à bien performer en périodes inflationnistes, et pourquoi pas un peu de fonds d’action des pays émergents aux ressources naturelles abondantes ?

Mais surtout, investissons dans des biens durables, qui prendront de la valeur avec l’inflation et nous protégerons contre celle-ci.

8 commentaires
  • Mario Jodoin - Abonné 6 janvier 2021 00 h 44

    Inflation?

    Les banques centrales de tous les pays créent de la monnaie et il n'y a nulle part de pression inflationniste. La vieille théorie monétariste est pourtant enterrée depuis longtemps, mais c'est une théorie zombie qui ne cesse de renaître de ces cendres. Cela dit, créer de la monnaie en situation de plein emploi serait de fait inflationniste, mais on est loin de cette situation! Gardons nos peurs pour craindre la COVID-19, mais n'en créons pas des futiles...

    • Jacques Plante - Abonné 6 janvier 2021 08 h 07

      Bonjour M. Jodoin, je vous remercie de votre commentaire. Je suis bien d'accord avec vous que la priorité c'est bien la COVID-19.

      Le titre de mon texte se termine par un ?. En fait, c'est parce que j'émet une hypothèse avec cet article. Notez que je donne à la fin des solutions pour les épargnants qui risquent de perdre de l'argent si l'inflation se pointe.

      Cependant, je vous avoue que vous avez peut-être raison de dire que mon premier paragraphe est trop accrocheur.

    • Cyril Dionne - Abonné 6 janvier 2021 10 h 25

      Je savais que je ne serais pas d’accord avec vous sur tous les points ce matin.

      Ceci dit, les banques centrales de tous les pays créent de la monnaie, mais elles ne créées aucune richesse. Lorsque vous imprimer de l’argent, tout ce que vous faites est de diminuer la valeur de votre dollar et le tout est compensé par une courbe inflationniste. Lorsque nous achetons des produits importés, eh bien, plus souvent qu’autrement, nous payons en dollars américains, pas en dollar canadien. Lorsque vous allez voyager dans le monde, ils ne veulent pas des dollars canadiens, mais bien des dollars américains.

      Je suis 100% d’accord avec M. Plante. Lui, il parle des vraies affaires. L’offre reprendra ses lettres de noblesse bientôt et on verra croître l’inflation à moins qu’il n’y est aucune reprise économique, ce qui serait encore bien plus pire. Là, Justin et sa PCU ne seront plus au rendez-vous. L’argent ne pousse pas dans les arbres au Québec.

  • Germain Dallaire - Abonné 6 janvier 2021 07 h 48

    Les livres c'est bien beau mais...

    L'assouplissement quantitatif utilisé par les banques centrales pour maintenir l'économie dans la crise actuelle n'est pas nouveau. Il est utilisé depuis 2008 quoiqu'à un niveau inférieur à ce qu'on voit actuellement. Sauf erreur, au Japon c'est encore plus ancien. Tout le monde connaît ce que M. Plante soulève. Pourtant, depuis 2008 d'inflation il y a neni. Alors, la réalité est là qui contredit les livres. C'est certainement la raison pour laquelle les gouvernements utilisent cet outil massivement.
    Par contre, là où il semble y avoir un problème c'est dans la flambée du secteur immobilier et les rendements anormalement élevés des bourses. Il semble que la crise actuelle est un amplificateur important des inégalités. Là-dessus, M. Plante est tout ce qu'il y a de plus conventionnel puisque sa lettre se termine avec des suggestions pour tirer avantage de la situation.

    • Jacques Plante - Abonné 6 janvier 2021 10 h 48

      Bonjour M.Dallaire, la différence aujourd’hui c’est que nous ne sommes pas en récession habituelle. En France le Livret A, qui est un outil de placements pour petits épargnants bats des records. Grâce aux aides des différents gouvernements l’argent sera disponible en quantité pour la reprise. Si on ajoute des Millards d’investissements dans les infrastructures et que l’on maintienne les taux bas longtemps comme prévu, je ne vois que de l’inflation...

    • Jacques Patenaude - Abonné 6 janvier 2021 12 h 24

      M. Dallaire je vous donne raison quand vous attirez notre attention sur les rendements anormaux des bourses dont les banques centrales alimentent la spéculation. Ceci amplifiera encore plus les inégalités quand le château de carte s'effondrera. Gageons que les petits épargnants dans les fonds mutuels et ceux qui cotisent à de petits fonds de pension écoperont. J'ai bien plus peur de la radiation de « l’argent en trop » par la bourse car elle toucherait surtout les petits épargnants que j'ai peur de l'hyperinflation. La PCU me semble un risque bien moins grand que l'appauvrissement à long terme de la population par le maintien du niveau de spéculation actuel.

    • Cyril Dionne - Abonné 6 janvier 2021 13 h 06

      Misère. On rajoute de l'eau à la soupe économique en imprimant de la monnaie en quantité sans créer aucune nouvelle richesse. C’est une illusion économique, Venezuela, Argentine, Cuba, Union soviétique et j'en passe obligent. Coudonc, est-ce qu'il y en a qui ont volé la page économique du programme de Québec solidaire? C'est une pyramide de Ponzi gouvernementale.

      « Ben » oui, M. Dallaire, M. Plante a raison de dire qu’il faut investir dans les biens durables qui assurent notre survie, i.e., les ressources naturelles. L'État et les gouvernements deviendront bientôt ingérables dans un futur plutôt proche.

    • Jacques Patenaude - Abonné 6 janvier 2021 18 h 34

      "les biens durables qui assurent notre survie" @Cyril Dionne
      Cou'donc est-ce le début d'un débat constructif avec QS qui prône aussi cela? Car somme toute se poser la question de ce qui est un bien durable peut effectivement amener à jauger les qualité de l'argumentation de chaque partie et peut-être d’enrichir le débat publique au-delà des crispations habituelles.