On aura tout fait

Je suis enseignante de français en troisième secondaire.

J’écris cette lettre, car, en cette fin de congé, je crains que celui-ci ne s’étire. Oui, je crains une fermeture prolongée des écoles. Je la crains pour les élèves, surtout ceux qui sont en difficulté, ceux qui ont besoin de mon regard direct, de mes encouragements : ce sont eux que l’on perd en premier. Aussi pour ceux qui ont besoin de rigoler avec leurs camarades aussi bien — eh oui — qu’avec leurs enseignants. On les perd ensuite.

J’écris cette lettre, car je crains la fermeture des écoles sous prétexte qu’on aura tout essayé. Ainsi, on ne pourra pas reprocher au gouvernement de ne pas avoir fait tout ce qui était en son possible pour faire baisser cette fameuse courbe, puisqu’il aura même fermé ce qui avait été présenté comme sacré en septembre. Savez-vous quoi ? C’est encore sacré en janvier. Il est certain que la courbe est actuellement ascendante ; ce ne sont pas les écoles fermées depuis trois semaines qui en sont la cause…

J’écris cette lettre, enfin, car je me dis que j’aurai fait tout ce qui était en mon possible pour mes élèves et aussi pour ceux des autres.

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