L’autre première ligne

Depuis le début de la période des Fêtes, nous voyons des reportages à la télévision et des articles dans les journaux soulignant le travail exceptionnel de première ligne du réseau de la santé et avec raison.

Il ne faut pas oublier l’autre première ligne, celle de centaines d’organismes communautaires à travers tout le Québec. Ceux-ci agissent, encore aujourd’hui, comme une première ligne essentielle au maintien du réseau de la santé fragilisé par ce virus.

Pendant que le réseau de la santé rappelait ces intervenants de terrain afin de combattre les éclosions, les organismes communautaires en sécurité alimentaire, en santé mentale, en itinérance, au service des femmes violentées et dans d’autres domaines ont, pour leur part, maintenu une première ligne afin de continuer d’offrir un service de proximité auprès des personnes vulnérables de notre société, dont certaines le sont devenues en raison de cette pandémie.

Vous n’aurez probablement pas de reportage à la télévision, d’article dans les journaux ou d’accueil triomphal au son et aux couleurs des sirènes de polices, mais sachez que vous avez été, et que vous êtes toujours essentiels. Sans vous, tout le système se serait certainement effondré.

Je profite de ces quelques lignes pour vous remercier de votre travail exceptionnel et je souhaite que vous continuiez à faire briller tout ce réseau communautaire québécois en 2021 et pour les années à venir. Merci !

8 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 31 décembre 2020 01 h 16

    C'est le rôle du gouvernement de subvenir aux besoins de ses citoyens.

    Dans une société civilisée, l'on n’aurait pas besoin des organismes communautaires parce que c'est la responsabilité de l'état de prendre soin de ses citoyens vulnérables. C'est la raison pour laquelle on paie des impôts.
    Bravo, vous faites un travail merveilleux, vous dépannez les gens en détresse. Mais, dans les pays les plus progressistes au monde, les pays scandinaves, par exemple, les citoyens sont couverts du berceau au tombeau, par l'État.

    • Jean-François Trottier - Abonné 31 décembre 2020 08 h 43

      Mme Alexan,

      tout le monde a été pris par surprise dans cette pandémie. Les reproches à un gouvernement qui n'aurait pas assez fait ne sont pas de mise. Autant crier contre une personne qui n'a pas de pelle pour une tempête de neige au mois de juillet!
      Ceci, pour l'événement ponctuel.

      D'autre part, les gouvernements sont, en théorie du moins, le produit et la somme des volontés et projections de individus, forcément animés par des mouvements sociaux de tout genre.

      En clair, le mouvement social précède l'action gouvernementale, pas le contraire.
      On ne peut pas imaginer un gouvernement si prévenant qu'il découvrirait les besoins des gens avant même qul'ils s'expriment, sauf quand ce gouvernement décide qu'il sait tout et mieux que ses citoyens. On appelle ça le totalitarisme.

      Je ne dis certainement pas que le gouvernement en fait assez, oh non!
      Mais de là à dire qu'on n'aurait pas besoin des organismes communautaires, euh...
      En fait je crois qu'il devrait y avoir une collaboration serrée entre le gouvernement et ces organismes, parce que quoi qu'on dise ils seront toujours nécessaires, même dans les quartiers le plus riches : la miseère physique ou morale est partout.

    • Marc Therrien - Abonné 31 décembre 2020 10 h 25

      Et qui pensez-vous subventionne largement nombre d’organismes communautaires sinon le Gouvernement via une variété de ministères? Ce n’est pas la majorité des organismes communautaires qui vivotent seulement avec des dons privés de fondations ou transitant par Centraide.

      Marc Therrien

    • Nadia Alexan - Abonnée 31 décembre 2020 16 h 37

      À monsieur Jean-François Trottier: le gouvernement était au courant depuis longtemps que l'état de vie des vieux dans les maisons de long repos était déplorable. La protectrice du citoyen avait déjà avisé nos gouvernements successifs de la négligence dans les CHSLD depuis des décennies.
      Car la situation criante qui prévalait dans les CHSLD était connue et dénoncée depuis des décennies. Mme Rinfret souligne que plusieurs de ses recommandations dans les CHSLD ont été ignorées depuis des années, et ce, « dans l’indifférence générale ».
      Tous ces gouvernements, peu importe leur appartenance politique, ont poursuivi une gestion comptable de nos services publics, notamment en santé et services sociaux, sans tenir compte des effets de leurs décisions dans la vie réelle des individus touchés, le personnel et la population. Le manque de personnel et d'équipements dans les CHSLD et dans nos établissements de santé n'est pas le fruit du hasard. C'est le résultat direct de la gestion à courte vue et irresponsable suivie à Québec depuis 25 ans et maintenue par le gouvernement actuel », dénonce la présidente de la CSQ.

    • Jean-François Trottier - Abonné 31 décembre 2020 23 h 47

      Mme Alexan,

      ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, et ne niez pas ce que j'ai dit non plus.

      Les mouvements sociaux sont là et resteront quoi que vous disiez.

    • Jean-François Trottier - Abonné 1 janvier 2021 09 h 54

      Mme Alexan, je comprends votre colère.

      Toutefois vous vous trompez de cible.
      La santé est une affaire de deux gouvernements qui se sont entendus en 1970 sur un partage à 50%, parce qu'Ottawa refusait de donner des points d'impôts à Québec.
      De 50% Ottawa ne fournit plus que 27% du budget-santé.

      Les rapports entre Ottawa et Québec ressemblent à un couple des années '50. Maman Gros-becs soigne tout le monde, éduque tout le monde, vois à ce que tout le monde soit nourri, entretient la cabane (infrastructures), et Papa Tawa qui entre fatigué du travail lit son journal, et décide tout seul de couper l'argent de poche de Maman Gros-Becs pour les "menues dépenses" citées ci haut.

      Les enfants engueulent Maman Gros-becs et la rendent responsable de leurs lunchs oùi il n'y a plus de dessert et moins de viande.
      C'est pas Papa Tawa le coupable! Il travaille fort, en tout cas il le dit, il lit son journal, il est Le Savoir, et il ne fait pas le lunch.

      Il y a peu Papa a décidé qu'il est un meilleur gestionnaire que Maman pour la santé et qu'elle n'a pas le droit de grossir son budget pour les personnes âgées.

      Alors, bien sûr Québec n'a pas su améliorer les soins aux aînés, et les politiciens patinent comme c'est pas permis.
      Ça fait seulement 35 ans que Québec jongle avec cette patate chaude, tente de prendre ses responsabilités et commet gaffe par-dessus gaffe pour une bonne raison... y en a pas, de solution!
      En fait, les solutions sont barrées par Ottawa. Si , si!
      Les grosses grosses bêtises de Barrette ne sont que la cerise sur un sunday pas-du-dimanche.

      Le grand dilemme pour Québec est qu'il doit accepter la parole d'Ottawa, sachant que jamais elle n'a été respectée depuis 1867. Trahir sa signature est une tradition dans l'histoire de l'Amérique anglo-saxonne.
      Pensez aux promesses de Justin, puis à son oléoduc, puis aux aqueducs inexistants dans de nombreuses réserves.
      La faute aux Chefs de bande ?

    • Nadia Alexan - Abonnée 1 janvier 2021 23 h 07

      Oui, monsieur Trottier, vous avez tout à fait raison qu'Ottawa a trahi les provinces en coupant les transferts de santé en deux. Par contre. Des gouvernements libéraux successifs, avec des idées de privatisation, ont négligé le secteur public délibérément. Ils ont privatisé notre système public maintenant à 35%. Le pire gestionnaire était Barrette qui a centralisé le système contre les études qui recommande la décentralisation.
      On ne peut pas blâmer le fédéral pour tous nos problèmes. Le Québec est la province qui accorde le plus de subventions aux entreprises, selon une étude de l’Institut Fraser.
      De 1980 à 2009, le Québec a versé 115,5 G$ en subventions aux entreprises privées. L’Alberta arrive deuxième, loin derrière, avec 49,9 G$. Des 287 G$ versés par les dix provinces canadiennes, 40% proviennent ainsi de la belle province. Et les subventions sont versées sans condition préalable, Bombardier oblige!
      Le Québec subventionne même les entreprises qui produisent la pornographie! Le Québec ne gère pas bien l'argent des contribuables.

  • Hélène Paulette - Abonnée 31 décembre 2020 12 h 48

    Je suis bouche-bée devant votre vision euphorique du monde, monsieur Trottier...

    L'OMS nous prédit une pandémie depuis au moins dix ans, sans que les gouvernements n'y prennent garde, continuant à couper et à privatiser les services. C'est quand même moins longtemps que pour la crise climatique, qu'on ne prend toujours pas assez au sérieux. Mais c'est sûrement, comme vous le dites, parce que le bon peuple n'en a cure, intoxiqué qu'il est par la société de consommation et ses algorythmes, nous sauvant du même coup du totalitarisme... C'est en finançant de moins en moins les associations communautaires qu'on a réduit l'impact du mouvement social dont vous parlez, jusqu'à le réduire à une dérive individualiste. La nature ayant horreur du vide, les intérêts économiques des multinartionales dictent maintenant l'action d'un gouvernement "qui sait tout et mieux que ses citoyens"... Vous appellez ça comment déjà?
    En passant, j'ai déjà pelleté de la neige avec ma pelle de jardin!