Moi, Moi, Moi

Je ne vois pas pourquoi je suis obligée d’arrêter aux feux rouges, aux arrêts, cela ME contraint à laisser le passage aux autres. En plus, ces arrêts ME retardent et briment MA liberté d’arriver à MA destination, à MA convenance.

Je cesse ce délire et demande à tous les antimasques, vacanciers du temps des Fêtes et autres fêtards de faire preuve de respect et de responsabilité envers tous ceux et celles qui sont au front dans nos services de santé. S.V.P., je vous demande de rester bien au chaud chez vous afin de préserver l’amour de l’autre, c’est ce qui NOUS reste de plus précieux en ces temps difficiles et incertains. Vous n’aurez pas à vous préoccuper des feux rouges, des arrêts, du froid, de l’obligation de vous déguiser : le respect et la responsabilité à l’égard d’autrui seront les plus beaux cadeaux à vous offrir et à nous offrir.

25 commentaires
  • Yvon Montoya - Inscrit 30 décembre 2020 06 h 39

    Vous rêvez les yeux ouverts ou fermés? Notre civilisation/ culture a pour socle l’individualisme, un rejeton de notre civilisation chrétienne. A cela vous ajoutez la philosophie du Siècle des Lumières concernant l'émancipation individuelle ( sortir de la minorité dira Kant) puis vous ajoutez la société de consommation. Un coktail puissant et tres intolérant quant aux restrictions aux libertés dites humaines. Faudra-t-il un régime totalitaire pour mater les recalcitrants? Rêvons.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 30 décembre 2020 09 h 58

      Je suis moins sûr que vous que le Christianisme et les Lumières aient fondé une cultrure individualiste. Le sapere aude de Kant ne pose pas une alternative stricte entre le jugement individuel et une rationalité plus large. Cela, ce serait se maintenir dans la minorité. De même, si le Christianisme fait du salut de chacun le sens de son existence, il est tout le contraire d'une consécration des vertus de l'égoïsme. Ce que j'en dis n'est pas pour vous contredire, mais pour signaler que la forte affirmation de la conviction individuelle ne conduit pas nécessairement au type de revendication de « libartés » que vous évoquez. Mon expérience m'inclinerait à penser que les gens sont généralement bien plus raisonnables et généreux que ce qu'on suggère. Comme je le dis dans l'autre commentaire, c'est plutôt à encourager le développement des vertus civiques qu'à dénoncer les déliquants que nous devrions quant à moi nous employer.

    • Jean-François Trottier - Abonné 30 décembre 2020 17 h 44

      He bien, M. Matais Desjardins, vous devriez contredire.

      La pensée de Kant relève d'abord de l'humanisme, qui était en réaction contre le christianisme.
      Celui-ci ne reconnaissait que la raison divine exprimée via certaines autorités, ce à quoi l'humanisme a réagi en posant pour l'individu non pas le droit, mais le devoir de penser par lui-même en fonction de sa condition humaine.
      Ce qui est bien plus qu'une nuance par rapport au discours embrouillé de M. Montoya.

      Ce n'est qu'avec la prise de pouvoir religieuse de Henri VIII que la volonté objectale est "sacralisée", dans le but clair de détruire l'ascendant de Rome. Geste politique répondant au pouvoir papal, tout aussi politique.
      La suite pour ainsi dire inévitable de cette prise de pouvoir sera le Libéralisme, Libéralisme auquel Kant n'a jamais souscrit, malgré bien des tentatives de confusion par la suite, dont ce qu'on peut lire ici.
      Dans les faits, si Kant a bien parlé des limites de la liberté individuelle dans un cadre politique, on ne peut pas en déduire une quelconque volonté vers une individuation qui serait centrale à son oeuvre.

      Certainement pas : Kant a beaucoup plus parlé d'assomption de la liberté que de son usage et certainement pas de sa jouissance!

      Il est absolument impossible de tracer une ligne droite depuis les apôtres, ou même depuis l'un des conciles fondateurs, jusqu'à l'individualisme actual tel que M. Montoya le fait dans un raccourci... si éblouissant qu'empreint d'aveuglement.

  • Claudine Laurendeau - Abonnée 30 décembre 2020 07 h 56

    Merci Madame Ross,
    Faire preuve de bienveillance et de compassion envers autrui en ces temps plus qu'angoissants et incertains c'est effectivement le plus beau cadeau qu'on peu offrir à la fois à soit et aux autres.

  • André Leclerc - Abonné 30 décembre 2020 07 h 58

    Comme ils disaient: "me, myself and I"

    Tellement juste!
    La pandémie nous montre à quel point nous sommes devenus narcissiques, individualistes. Tellement égoïstes qu'aucune logique ne réussit à à nous faire se requestionner sur la pertinence de tel geste dans les circonstances que nous connaissons tous. Aucune empathie, aucune prudence envers les autres. En autant que moi, petite personne, n'attrape pas le virus. Les autres? Connais pas. Les infirmières? C'est par vocation qu'elles se mettent à risques (pour les plus vieux qui connaissent l'expression). C'est ce qui a fait dire à M. Arcand, député élu, que la Barbade est l'un des endroits les plus sécuritaires au monde. Donc pas de risque qu'il attrape le méchant virus là-bas. Qu'il ait pu l'apporter au sud, dans un pays épargné, n'a pas d'importance!
    Pas nécessaire de rester dans son sous-sol. S'en tenir aux contacts essentiels serait déjà un gros geste altruiste.

  • Richard Maltais Desjardins - Abonné 30 décembre 2020 08 h 52

    Vous, vous, vous...

    Et non : je ne vous pointerai pas du doigt à mon tour. S'il est un piège que NOUS devons éviter, c'est bien celui de pointer du doigt en se posant comme gardien de la vertu.Ce n'est évidemment pas votre cas, mais combien de commentaires hostiles et malveillants avons-nous entendus à l'endroit de vacanciers dont on peut mettre le discernement en cause, certes, mais à quel autre profit autrement que de laisser libre cours à un ressentiment volontiers revanchard?

    Si NOUS devons tirer parti de ces écarts, que ce soit pour renforcer NOTRE conviction quant à la justesse des prescriptions de santé publique, notamment en nous familiarisant avec celles-ci et avec les motifs sur lesquelles elles reposent. Par ailleurs, s'agissant de s'assurer que tout le monde y obéisse quoi que chacun en pense, c'est à NOS autorités politiques et à leur bras policier qu'il faut s'en remettre. Sinon, on ne fera pas mieux que de nourrir la bête de la délation vertueuse et de la délinquance cynique.

    • Cyril Dionne - Abonné 30 décembre 2020 10 h 10

      « Toé, toé et toé ». Misère.

      « Ben » non, il ne faut pas pointer du doigt ceux qui font fi des règles sociétales, surtout ceux qui ont les moyens de se payer des vacances en pleine pandémie et qui été élu par surcroît. Ceux sont eux qui nous disent chaque jour de demeurer à la maison. C’est bien le « fait ce que je dis et non ce que je fais ».

      Cette lettre n’avait rien à voir avec la délation qui est impalpable en société démocratique. Elle parlait de responsabilité citoyenne qui englobe la collectivité et non pas du cancer de l’hyper-individualisme qui est imprégné partout. En fait, les grands défenseurs des droits individuels les hiérarchisent pour les mettre au-dessus des droits de la collectivité à travers les nombreuses chartes à n'en plus finir qui protègent les groupes misogynes et homophobes, dixit, les religions. Enfin, le bien de plusieurs outrepassera toujours celui de l’individu en société, sinon, c’est la fin de celle-ci. Qu’est-il arrivé à « le droit des uns s'arrête là où commence celui des autres? »

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 30 décembre 2020 14 h 26

      La caravane passe...

    • Marc Therrien - Abonné 30 décembre 2020 17 h 29

      J’imagine que l’auteure de ce texte a un moi fort pour penser que les gens à qui elle demande de bien agir vont acquiescer. Peut-être pourrait-elle découvrir qu’il est plus facile de faire son propre examen de conscience et d’agir en conséquence que de l’infliger à autrui ou dit autrement, se demander, à la manière d’André Comte-Sponville : « Que dois-je faire? et non pas : Que doivent faire les autres? » C’est comme ça que s’exprime « ce qui distingue la morale du moralisme. »

      Marc Therrien

  • Gilles Fontaine - Abonné 30 décembre 2020 09 h 06

    Le bien commun, pas la police ou les politiciens

    Si tous pensait et agissait en fonction du bien commun...
    Si le ME, le MOI et le j'ai l'doua prennaient l'bord et laissait place au bien commun...
    Si se fier au seuls policiers et politiciens devenaient l'exception...

    Jacques Beauchemins disait "La définition du bien commun réside alors dans le fait de vivre en société dans la perspective d’une intentionnalité éthique. Défendre le bien commun, c’est invoquer la mémoire de ce que nous sommes pour mieux savoir où nous allons, c’est affirmer l’utopie contre les forces de l’ordre des choses et une éthique de la solidarité contre celle que nous fournissent spontanément le marché et une culture individualiste. Combattre les forces de l’individualisme et de l’atomisation de la société, c’est le faire au nom de la solidarité, celle qui nous associe au sort de ceux qui sont justement victimes de la marchandisation et de l’individualisme. (Le bien commun : une intention éthique entre la loi du marché et l’individualisme, 2014, Éthique publique, vol 6, no 1).

    • Christian Roy - Abonné 30 décembre 2020 17 h 24

      Excellente référence M. Fontaine. Je la prend en note... Merci.