Noël sous le signe de la fragilité

Au cours de l’étrange année qui s’achève, le monde entier autant que chacune de nos vies ont été bouleversés. À travers cette pandémie qui ébranle tout, du plus intime de notre quotidien jusqu’au fonctionnement global de nos sociétés, quelque chose nous fait peut-être signe. Y aurait-il une « parole » à discerner, une « voix » à entendre, un « message » à interpréter ?

Et si c’était l’occasion de réfléchir à nos priorités, à notre style de vie, à notre rapport à nous-mêmes, aux autres et à l’environnement ? Une remise en question de nos modes de consommation, de nos rythmes effrénés, de nos rapports sociaux, de notre organisation du travail et de l’économie ? Un réveil du sens des responsabilités à l’égard du bien commun ? Un rappel du devoir de solidarité envers les plus fragiles de notre société ?

À tout le moins, l’année qui s’achève aura certainement été une invitation à retrouver l’importance de « prendre soin » de soi, des autres (aînés en CHSLD, personnel de la santé, réfugiés, etc.) et du corps social tout entier. Cette mission incombe, pour une part, aux responsables politiques et aux autorités sanitaires. Toutefois, nous l’avons réalisé comme jamais, elle revient aussi à chaque citoyen.

Dans la tradition chrétienne, le mystère de Noël célèbre annuellement une étonnante histoire. Celle d’un Dieu venant se manifester dans la fragilité d’un enfant naissant au sein d’une famille pauvre et en déplacement, à qui l’hospitalité a été refusée « car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune » (Luc 2, 7).

Formulons donc un souhait : que ce temps des Fêtes soit l’occasion de méditer sur cette fragilité personnelle et collective, particulièrement mise en lumière depuis mars dernier. Puissions-nous tous devenir davantage « hospitaliers » à cette fragilité qui nous révèle, en vérité, que l’avenir de notre commune humanité passera nécessairement par une solidarité toujours plus universelle.

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