Enseigner c’est…

Instruire, éduquer, partager, répondre à leurs questions, semer la confiance en eux, interagir en direct, encourager, calmer leurs angoisses, écouter, décrypter leur non-verbal pour déceler les joies autant que les difficultés, leur offrir un lieu sain pour étudier, travailler et socialiser, conseiller, faire partie de leur équipe, guider sans donner les réponses, leur faire prendre conscience juste par un silence bien placé, spontanément se retourner sur un 10 cents pour faire une démonstration qui fera jaillir l’éclair dans leurs yeux (et leur cerveau), inventer, créer, etc. Sinon, on ne peut prétendre véritablement enseigner.

Désolé, mais l’enseignement à distance, ce n’est pas de l’enseignement. Et l’avenir de nos jeunes se joue présentement. Les échecs et les abandons se multiplient. Les pseudoréussites se font au détriment des standards. On sacrifie une génération moins nombriliste qu’on le pense. Et on leur ment en leur disant que l’enseignement à distance, c’est aussi bon qu’en présence. Foutaises. Ils ne nous croient pas. Ils ne sont pas dupes comme les adultes.

16 commentaires
  • Henri Marineau - Abonné 16 décembre 2020 00 h 09

    Un ajout à la liste...

    Enseigner, c'est d'abord et avant tout communiquer des connaissances.

    100 % d'acord avec vous sur les méfaits de l'enseignement à distance... Vivement le "présentiel"!

    • Jean-Yves Arès - Abonné 16 décembre 2020 13 h 31

      Oui mais l'autre option c'est de mettre tout le personnel éducatif au chômage ...

  • Yvon Pesant - Abonné 16 décembre 2020 06 h 22

    Contact

    S'il y a une chose dont je suis bien convaincu en cette matière, c'est que vous avez bien raison. Et s'il y a une chose que cette pandémie devrait avoir l'heur de faire, c'est de bien nous le faire comprendre.

    La pédagogie, la vraie, passe avec et par la chaleur du contact humain qu'une tablette ou un ordinateur ne peut aucunement transmettre du professeur à l'élève, de l'enseignant à l'étudiant et vice-versa. Ça vaut pour tous les niveaux quand il est question d'éducation.

  • Cyril Dionne - Abonné 16 décembre 2020 07 h 22

    « Enseigner, c’est apprendre deux fois » - Joseph Joubert

    Désolé, mais l’enseignement à distance, ce n’est pas de l’enseignement pour celui qui ne comprend pas comment enseigner en virtuel. Pour la grande énumération du début, disons poliment que pour plusieurs élèves, ceci leur passe par-dessus la tête et ils font fi de tout cela. Oui, pour ceux qui veulent apprendre, mais pour les autres, bonne chance. Enfin, tout comme dans toutes les classes virtuelles.

    Ceci dit, si les échecs et les abandons se multiplient, eh bien, bienvenue dans la réalité du monde vivant. Ce qu’on occulte ici avec l’enseignement à distance, c’est que l’apprenant doit se prendre en main pour apprendre, se responsabiliser et personne ne lui tient la main pour cheminer dans sa préparation éducationnelle. Cela sous-entend une bonne discipline personnelle que les jeunes devront acquérir tôt ou tard de toute façon. C’est beau le présentiel, mais c’est la façon la plus facile pour promouvoir l’oisiveté des élèves pour que ceux-ci en fassent le moins possible en se cachant dans les travaux de groupes. Difficile à faire lorsque nous sommes portés à nu, individuellement.

    Pour les sacrifices, on repassera. Il y en a qui perdent beaucoup plus comme leur vie durant cette crise sanitaire. Et cela pourrait être pire; on pourrait être en pleine guerre civile. Parlez-en aux Syriens. Ils auraient aimé avoir l'école virtuelle entre deux attaques aériennes.

    • Robert Bernier - Abonné 16 décembre 2020 08 h 44

      Un peu sévère comme jugement, un peu difficile à lire, mais je dois dire que je trouve votre propos malheureusement assez lucide.

      Lorsque vous écrivez "Ce qu’on occulte ici avec l’enseignement à distance, c’est que l’apprenant doit se prendre en main pour apprendre, se responsabiliser et personne ne lui tient la main pour cheminer dans sa préparation éducationnelle.", vous touchez le point névralgique. La majorité de mes élèves en physique au collégial vivent en effet cette difficulté d'un manque de discipline personnelle et d'un manque de planification. Alors, nécessairement, tout seul dans sa chambre, l'élève éprouve de la difficulté et risque de se laisser aller..

      Je leur dis que c'est justement ce qu'il y a à tirer de cette situation qu nous est imposée par un virus: développer leur autonomie.

    • Danièle Jeannotte - Abonnée 16 décembre 2020 08 h 57

      Tout à fait d'accord avec vous. En fait, en lisant les activités qui constituent, selon M. Desgranges, le métier d'enseignant, on a plutôt l'impression d'avoir affaire à un thérapeuthe ou un travailleur social. J'imagine qu'il est déjà assez difficile de transmettre des connaissances à des étudiants hyperstimulés accros à leur téléphone sans en plus devoir être à l'affût du moindre changement d'humeur. Il serait peut-être temps de réexaminer cette philosophie en fonction des résultats qu'elle produit.

  • Louise Melançon - Abonnée 16 décembre 2020 07 h 30

    Aussi bon?

    Je n'ai jamais pensé... ni entendu dire... que l'enseignement à distance est aussi bon que l'enseignement en classe... ou en présence. Mais plutôt, je pense que c'est mieux que rien.... Et dans le contexte d'une pandémie, c'est une bonne solution.... sauf pour les enfants en difficultés d'apprentissage....

    • Bernard Terreault - Abonné 16 décembre 2020 08 h 49

      La plupart des jeunes (et des moins jeunes) sont fans d'internet, ils y trouvent déjà milies informations sur les sujets qui les intéressent, du sport au sexe en passant par la musique ou même la politque et l'économie. Bien sûr la présence en classe ce serait mieux, mais l'étudiant motivé peut apprendre par internet.

    • Cyril Dionne - Abonné 16 décembre 2020 09 h 54

      Vous vous aviez enseigné Mme Melançon, vous sauriez que les élèves en difficultés d'apprentissage ont toujours des difficultés d'apprentissage en présentiel ou en virtuel. La seule différence avec la pandémie et le virtuel, c'est qu'il n'y a plus d'enseignant.e attitré.e pour suivre leur cheminement personnel pas à pas sur place en temps réel.

  • Bernard LEIFFET - Abonné 16 décembre 2020 07 h 59

    L'enseignement à distance n'est pas une solution pour tous les étudiant(e)s!

    C'est après avoir fait des études à distance au niveau d'un baccalauréat que je peux appuyer le titre ci-dessus. Surtout qu'au niveau universitaire l'étudiant doit savoir se débrouiller quand un problème survient. Cela se passait il y a bien longtemps, la clé USB n'était pas encore en service. Les disquettes de travail parfois ne partaient pas. J'ai bien aimé l'un des cours, sur l'Intelligence artificielle. Comme j'avais eu la chance d'avoir déja un bac en électronique, je n'ai pas rencontré beaucoup de dfficulté avec une note parfaite pour ce cours, de 100% ou A+!
    Cependant, ça prend beaucoup de courage et de temps, bref, une forte motivation, le goût des études et une organisation rigoureuse!
    En effet, la situation peut devenir critique quand l'étudiant ne peut pas avoir immédiatement la réponse à un problème. C'est démotivant et la planification en prend un coup! Pour l'enseignant, le fait d'attendre longtemps pour évaluer la progression de l'étudiant ne permet pas une réaction spontanée!
    Il est évident que l'enseignement à distance non formellement prévu dans la formation d'un étudiant sera un handicap, comme ce que nous vivonsaujourd'hui! Outre que le contenu ne peut être le même que celui prévu normalement, la progression de l'ensemble du groupe d'étudiants sera ralentie! Ce ne sont pas nécessairement des cours à rabais, mais plutôt des cours dont le niveau n'est pas celui souhaité, les étudiants subissant eux-aussi les contraintes dues à la pandémie. Bravo cependant aux enseignants qui doivent changer leurs habitudes en encourageant aussi leurs étudiants à continuer d'apprendre!