Éthique ou élastique?

À la suite d’un deuxième blâme en un seul mois par la commissaire à l’éthique à l’endroit du ministre Fitzgibbon, il semblerait que M. Legault ait donné comme devoir à son ministre de chercher la définition du mot éthique dans le dictionnaire. Ne voulant pas désobéir au premier ministre comme il l’a fait avec la commissaire, celui-ci se serait exécuté avec un sens du devoir qui l’honore. Défilant la section des mots commençant par la lettre E, son doigt se serait curieusement arrêté sur le mot “élastique” qu’il a confondu avec éthique. Myopie soudaine ? Fatigue extrême de son index chercheur ? Confusion des genres ? On ne sait trop. À sa décharge, il faut dire que dans le dictionnaire du monde des affaires, éthique et élastique sont reconnus comme synonymes.

5 commentaires
  • Jean-Pierre Cloutier - Abonné 15 décembre 2020 00 h 43

    Faire fItz de l’éthique

    "Voilà mes principes et si vous ne les aimez pas...et bien pas de problèmes, j'en ai d'autres"
    Groucho Marx

  • Pierre Labelle - Abonné 15 décembre 2020 06 h 16

    Merci.

    Oui merci pour ce trait d'humour monsieur Ouellet, nous en avons bien de besoin.

  • Michel Lebel - Abonné 15 décembre 2020 10 h 43

    Un grand doute!

    Le problème est que je doute fort que MM. Legault et Fitzgibbon consultent fréquemment le dictionnaire! Mais on peut toujours rêver, même si apparemment le premier serait un grand lecteur...

    M.L.

  • Jacques Légaré - Abonné 15 décembre 2020 20 h 38

    «La mesure est le bien suprême» (Eschyle). «Le bien est une activité selon la raison, du moins pas sans la raison (Aristote)

    On oublie de le rappeler : l'éthique vient de la société (mos majorum = moeurs de nos ancêtres) et du peuple (éthos).

    Il est finalement sanctionné par le politique.

    Ainsi, l'éthique est ultimement définie par la sanction pénale définie par l'autorité publique. Dès lors, un ministre peut oser en braver certaines règles. Mais à des conditions :

    Le dire publiquement
    Avant de transgresser quoi que ce soit.
    Proposer une modification écrite pour améliorer la règle existence.

    L'éthique est une science, tandis que la morale est un comportement. On dira donc qu'une éthique est souhaitable ou rejetable, tandis qu'on dira qu'un comportement est moral ou immoral. Tout un chacun est toujours soit moral soit immoral. Même en dormant il est moral... restaurant son corps fatigué.
    Mais très peu sont férus d'études en éthiques.

    Les individus, par choix plus ou moins volontaires, sont diversement moraux ou immoraux, tout comme les penseurs de toute discipline ont, au cours des 5000 ans de l'Histoire, élaboré diverses éthiques, souvent contradictoires ou controversées.

    «Le bien n’est pas dans la nature, ni dans les prédications des prophètes, ni dans les grandes doctrines sociales ou l’éthique des philosophes. Il est dans le cœur des simples gens pour tout ce qui est vivant, la bonté humaine dans la vie de tous les jours. C’est la bonté privée des hommes hors du bien religieux ou social. Cette bonté n’a pas de discours et n’a pas de sens. Elle est instinctive et aveugle» (Vassili Grossman).

    Je lui réponds :
    Ce ne sont ni le bonheur ni la réussite, mais les catastrophes aux souffrances massives effroyables qui envoient les éthiques déficientes à la poubelle. En effet, même l'éthique est un héritage. L'humanité, dans sa longue course historique multimillénaire et ses diversités tâtonnantes, tour à tour glorieuses ou infamantes, améliore de plus en plus vite sa condition matérielle, son bonheur public et privé, la scientificité de son éthique et de ses certitudes.

  • Daniel Gagnon - Abonné 16 décembre 2020 13 h 43

    Monsieur Legault a le business élastique

    Le pragmatisme du Premier ministre l’empêche d’agir sérieusement dans des domaines vitaux. Son obsession opportuniste de ne pas heurter les milieux d’affaires, qui sont historiquement de très mauvais conseil pour ce qui est du progrès d’une société, nuit énormément à l’avancée des dossiers du climat et de son Plan pour une économie verte.
    Autre facteur débilitant pour Monsieur Legault, quand on a goûté à l’euphorie de la popularité populiste, il semble qu’il soit très difficile d’en décrocher. Le courage de mener la barque du pays à bon port, en santé et en environnement, fait cruellement défaut. Il en résulte un manque de lucidité et d’honnêteté, et ses corollaires sont l’inadaptation politique, scientifique, psychologique, créant un fossé entre ses visées électoralistes et les souhaits de santé et de qualité de vie de la part de la population.