La recherche constante de l’intérêt public de Claude Castonguay

La carrière de Claude Castonguay fut exemplaire. Par la diversité de son action, la force de ses convictions, la qualité de sa réflexion, la richesse de ses analyses et la pertinence de ses recommandations dans de nombreux domaines des politiques publiques, Claude Castonguay a profondément marqué le développement du Québec moderne.

Je connais Claude Castonguay depuis le milieu des années 1960. À cette époque, j’ai eu l’occasion de travailler de très près avec lui, d’abord, lors des travaux de la Commission d’enquête sur la santé et le bien-être social et, ensuite, au ministère des Affaires sociales, alors qu’il présidait à la mise en place de réformes majeures dans les domaines de la santé, des services sociaux, de la sécurité du revenu et des professions.

J’ai alors été frappé — et cela ne s’est jamais démenti par la suite — par la capacité de Claude Castonguay de rendre intelligible une question complexe sans compromettre la rigueur du raisonnement et d’exprimer son point de vue avec calme et respect de son interlocuteur, même dans les situations les plus tendues. S’inscrivant dans une recherche constante de l’intérêt public, ces qualités rares expliquent, à mon avis, l’influence considérable que Claude Castonguay a pu exercer au fil des ans sur le contenu des politiques publiques du Québec.

Il me suffit ici de rappeler ses contributions marquantes au cours des trente dernières années sur des sujets aussi variés que l’assurance médicaments, l’excellence en santé et en services sociaux, la participation possible du secteur privé dans le système de santé, le vieillissement de la population et son impact sur les services de santé et les revenus de retraite. S’y ajoute son dernier ouvrage, tout à fait remarquable, sur l’avenir de notre système public de santé.

Unique, tant par sa qualité que par sa durée s’étendant sur six décennies, l’œuvre de Claude Castonguay témoigne d’une vitalité exceptionnelle mise au service du Québec et de l’amélioration du mieux-être de sa population.

Sur un plan personnel, je perds un grand ami.

5 commentaires
  • Jean Roberge - Inscrite 15 décembre 2020 07 h 17

    A contrario

    Je demeure perplexe
    https://www.journaldemontreal.com/2018/03/29/castonguay-le-pere-de-lassurance-maladie-mon-il?fbclid=IwAR3fwPstquppFTWYLFNUgABhn_3GQI6IgTOx95bR989CFjEmlIGyCJWMS3A

  • Michel Lebel - Abonné 15 décembre 2020 08 h 02

    Merci

    Le Québec perd un être d'exception qui a beaucoup fait son peuple. Il mérite une pleine reconnaissance de la patrie.

    Michel Lebel

  • Claude Gélinas - Abonné 15 décembre 2020 10 h 13

    Un Grand Québécois !

    Qui mérite la reconnaissance du peuple québécois.

  • Mathieu Lacoste - Inscrit 15 décembre 2020 13 h 29

    « Je connais Claude Castonguay depuis le milieu des années 1960. J’ai travaillé de très près avec lui lors de la Commission d’enquête sur le bien-être social» (René Dussault)


    Moi aussi j'ai été près des travaux en question, vu qu'à ce moment-là de retour de l'école j'avais le loisir d'ouvrir une porte qui donnait sur l'intérieur d'un réfrigérateur désespérément vide.

    Et que ça se congratule ! alors qu'à l'époque, ma mère malade touchait cent-dix dollars par mois de l'aide sociale pour nourrir ses deux enfants et acquitter un loyer mensuel de soixante dollars.

    Comme une bonne part de la population québécoise dans la région montréalaise durant les années que vous évoquez, à la maison nous crevions de faim.

    «Nègres blancs d'Amériques», ce n'est pas une oeuvre de fiction !

  • Louise Nepveu - Abonnée 15 décembre 2020 19 h 34

    Un homme d’honneur

    Un homme droit et un humaniste qui laisse un héritage inoubliable. Il aura contribué jusqu’à la fin de sa vie à enrichir nos réflexions en publiant des lettres d’opinion. C’est une grande perte pour le Québec.