Éthique élastique

Quand les lois ne font pas notre affaire, on les change : il ne s’agit pas là d’un message très édifiant pour la population québécoise. C’est pourtant celui que lance le premier ministre en
défendant son ministre Pierre Fitzgibbon, à qui la commissaire à l’éthique vient de recommander pour la deuxième fois un vote de blâme. Strike two. Ainsi ce n’est pas le ministre qui a fait une faute, c’est l’éthique qui n’est pas bonne. Drôle de signal quant à la capacité de cet individu de s’assumer. Et le ministre en remet : la commissaire à l’éthique ne comprend rien au développement économique ! Je ne pense pas que le fautif comprenne davantage la notion de développement équitable.

En défendant ce « modèle d’affaires », M. Legault risque d’hypothéquer son parti : les Québécois pardonnent difficilement les conflits ou apparences de conflits d’intérêts. Précisément, la politique est un terrain neutre, où les affaires doivent être complètement séparées pour pouvoir exercer une activité valable, et où doit régner une impartialité absolue. Que le premier ministre se débarrasse donc une fois pour toutes de ce boulet, de ce noyé qui risque de l’entraîner avec lui au fond de l’eau.

 
27 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 14 décembre 2020 02 h 09

    C'est l'arrogance des entrepreneurs qui pensent qu'il ne faut pas contraindre leur génie avec des lois!

    C'est le sentiment de tous les affairistes, comme Trump, Jeff Bezos, et Elon Musk, qui développent un sens de «entitlement», le sentiment que tout leur est dû. Un sens de rectitude qui leur donne la certitude qu'ils peuvent tout faire sans aucun sentiment de regret, ou de contrition, puisqu’il faut laisser leur génie voler sans contraintes!
    C'est la raison pour laquelle les entreprises refusent d'être réglementées.

  • Serge Pelletier - Abonné 14 décembre 2020 05 h 04

    Mais...

    Mais, M. Leblanc, à quoi vous attendiez-vous de cet individu du nom de Legault. Il a été à la bonne école enseignant le "droit divin" du P-M du Québec sous les GV de Bouchard et Landry. Le cas Fitzgibbon, tout comme le cas Arruda, est la démonstration plus qu'éclatante du "grand principe" des copains d'abord, et les petits amis de copains itou. Principe qui avait cumulé au zénit sous Bouchard et Landry. Mme Marois et "Le Frisé Charest" ont continué le bal.
    Souvenez-vous de la crise en pleine TV de Bouchard quand un citoyen ordinaire avait refuser de lui serrer la main, des propos de Marois au sujet de fauteuil de repos plaqué or pour André Boisclair, des allées-venus de Claude H.Roy (et des copains de ce dernier (avec des primes de séparations cumulitatives) sous Landry, etc.
    Souvenez-vous que Bouchard a "tassé indignement", et en manipulant l'Asemblée nationale, une personne qui risquait fort de mettre un peu d'ombre dans son soleil... Le blâmant de choses fausses et contraire à la vérité... Notez que Legault applique le même principe du blâme pour toute personne (députés ou citoyens) qui font ressortir des incongruités dans sa gestion des choses de l'État - ce qui est plus que remarquable dans l'Affaire Virus. Mais, comme le petit peintre à drôle de moustache, il est passé maître dans la manipulation des masses... et la propagande aidant, il devient le SAUVEUR du peuple en souffrance... Pour le plus grand bien de ses petits copains et petits amis de ceux-ci.

  • Denis Grenier - Abonné 14 décembre 2020 05 h 43

    Deux gouvernements affairistes ?

    Le gouvernement Couillard a défendu, en déclenchant une pseudo-enquête et en limogeant une haute fonctionnaire, deux ministres noyés dans la scandaleuses crise de l'autoroute 13; des automobilistes ont attendus de la fin d'un après-midi jusqu'au petit matin avant d'être secourus. Le ministre Fitzgibbon symbolise la réussite d'un parti et de son fondateur. Le premier ministre Legault est un sauveteur. Celui-ci veut réaliser son rêve, sa vision. Dans une entrevue (Les francs-tireurs), il vient d'annoncé l'annonce qu'il fera dans quelques mois l'an prochain. Bien sûr, il n'a divulgué aucun détail. Créer une attente dans l'espoir de faire oublier ces deux petits blames. Il faut une réussite en affaire pour ce gouvernement afin de justifier une longue lune de miel !



    Denis Grenier
    Abonné

  • Simon Grenier - Inscrit 14 décembre 2020 07 h 24

    Erhum MM. Legault et Fitzgibbon disent en fait que quand les lois ne font pas notre affaire, "on les ignore complètement et elles n'existent pas"! Bien pire que de les changer, ce qui impliquerait au minimum de le déclarer au Parlement avant coup.

    Parlant de modèle d'affaires, M. Legault se vante sans arrêt d'avoir fait fortune dans une entreprise qui exporte la pauvreté dans des communautés vivant habituellement sous le seuil de pauvreté LOCAL, au point où il faut berner ses propres clients en faisant passer des hôtels 2 étoiles pour des 5 étoiles, en invitant nos clients à laisser des barrettes Ardène en guise de pourboire parce que "c'est de ça qu'elles ont besoin" et en suggérant à ces mêmes clients de ne pas mettre un pied à l'extérieur du complexe touristique car trop risqué de se faire tuer par la misère locale, qui ne cherche qu'à survivre une journée de plus.

    Pour la justesse du jugement de M. Legault quant à la compétence de M. Fitzgibbon, son candidat "de qualité, talentueux et remarquable", on repassera.

  • Bernard LEIFFET - Abonné 14 décembre 2020 07 h 25

    François Legault, le défenseur des riches d'abord!

    François Legault, en homme d'affaire d'abord, vit dans un monde particulier dont le modèle ancien est celui du seigneur et de l'esclave. La stratégie n'a guère évolué, plus on fait des affaires plus on devient riche, mais pas sans flouer les plus faibles, quitte même à vaincre ses adversaires sur le terrain (comme avec P-K Péladeau). C'est devenu viscéral à tel point que toute attaque contre l'un de ses amis, qui a été pris par deux fois a trompé le code d'éthique, est inconcevable! C'est normal, un homme d'affaire ne reçoit d'ordre de personne, pense tout savoir et tout connaître, sans qu'une barrière ne puisse lui résister. Évidemment, ça sous-tend cette arrogance parfois démesurée quand il s'agit de politiciens dont le pouvoir est bicéphal, le pouvoir de décider seul et celui de faire des affaires tout azimuth!
    Malgré ses bourdes avec le monde des riches, sans compter le non respect lui-même des régles sanitaires, Justin Trudeau est un autre modèle! Ils sont légion partout à la tête d'un pays, au sud, les frasques du président Trump ont fait et font encore les manchettes dans nos médias qui cherchent plutôt le suspens qu'à dénoncer ce qui ne va pas ici, au Québec comme dans le Dominion!
    N'ayez crainte monsieur Leblanc quant à l'éventualité d'une perte de vitesse de la CAQ, les moutons sont toujours là, peu importe vers quelle issue leur guide les amène! Ces derniers se contentent de promesses, peu importe les ravages par exemple sur l'environnent. Il n'y a pas que l'éthique qui est mise au rencard, même le BAPE est évincé pour satisfaire le monde des affaires. Alors, la CAQ peut tout faire sans réaction! Misère comme le disent des commentateurs!