Qu’en dirait Louis Pasteur?

Louis Pasteur aurait une bonne raison de se retourner dans sa tombe. Aux nouvelles en boucle, on a vu certains patrons de grandes compagnies pharmaceutiques analyser à l’écran la progression fulgurante de leurs actions en Bourse. Des pics étourdissants vers le haut, comme un yo-yo magique…

Qu’en dirait donc Louis Pasteur aujourd’hui ? Lui, le fondateur de l’immunologie, lui qui a cédé tous ses droits sur les vaccins qu’il a contribué à mettre au point pour le mieux-être de l’humanité ? Après toutes ses réalisations, dont la fondation de l’Institut Pasteur, il se tournerait vers nous et dirait : « Mettez donc toutes vos énergies, toute votre science, toutes vos connaissances pour développer un vaccin capable de contrer cette menace mortelle à la grandeur de la planète. Et vendez ce vaccin à un prix accessible à tous. »

Il pourrait continuer longtemps dans ce sens, ne manquant pas de souligner au passage l’action généreuse de milliers et de milliers de personnes, médecins, infirmières, ambulanciers, aide-soignants, préposés aux malades, enseignants et autres, qui se dévouent au quotidien au péril de leur santé et de leur vie auprès de la population.

En ces temps de misère, il ferait chaud au cœur de voir les banques, les richissimes compagnies, la haute finance faire preuve d’humanité et oublier l’espace d’un instant la course effrénée au profit. Ce n’est surtout pas le temps d’aller déposer le virus de la COVID-19 sur la Lune ou sur Mars. La planète Terre est menacée de toutes parts, c’est bien plus grave que la rage canine.

2 commentaires
  • Cyril Dionne - Abonné 12 décembre 2020 08 h 58

    La science est apatride

    Plusieurs pharmaceutiques ont publié des résultats sommaires et ensuite on a vu les dirigeants de ces compagnies vendre leurs parts à prix d’or lorsque les prix ont doublé, triplé et même quadruplé. Les connaissances sont marchandées et ont un prix. L’homme est redevenu un homme au 21e siècle. Le 1 % n’a que faire des autres.

    Comme le disait si bien Louis Pasteur : Ce n'est pas la profession qui honore l'homme mais c'est l'homme qui honore la profession ». Eh bien, les capitalistes n’ont pas eu le message, le texto, le tweet ou bien le courriel.

  • Nadia Alexan - Abonnée 12 décembre 2020 11 h 25

    La course effrénée au profit.

    Vous avez tellement raison, monsieur Martin Girard. Effectivement, Louis Pasteur doit se retourner dans sa tombe, de constater que la recherche pour un remède devient une course au profit.
    Il y a longtemps, le but de la recherche était le soulagement de la souffrance. Les grands chercheurs scientifiques comme Banting, Marie-Curie, Best et Salk travaillaient pour le bienêtre du public, pas pour la gloire ou pour s'enrichir personnellement.
    Les compagnies pharmaceutiques à la recherche du profit ont trahi leur profession et devront avoir honte. C'est la faute de nos gouvernements qui ne réglementent pas cette industrie devenue la Mafia.