Aide médicale à mourir: le blocage des conservateurs

Le Parti conservateur bloque l’adoption des modifications à la loi portant sur l’aide médicale à mourir (AMM). Jusqu’à maintenant, les reports successifs demandés par le gouvernement fédéral ont obligé les personnes du Québec qui ne répondent pas au critère de fin de vie à se tourner vers les tribunaux pour obtenir l’AMM, avec tout ce que cela implique : faire une demande d’aide médicale qui recevra le refus de deux médecins (processus judiciaire oblige), engager une avocate ou un avocat qui détient une expertise dans ce genre de dossier, investir financièrement dans le processus juridique, ce qui n’est pas à la portée de toutes et de tous (l’aide juridique est de moins en moins accessible), faire de nombreuses démarches pour la préparation du dossier, comparaître en cour avec tout le stress que cela comporte pour une personne déjà gravement malade.

Ma sœur aînée a reçu l’AMM le 23 octobre dernier. Elle a dû se résoudre à passer à travers tout ce processus qui aura pris… près de huit mois (elle souffrait d’une maladie neurodégénérative non létale depuis plus de 20 ans). J’ai été la témoin privilégiée de tout le processus vécu par ma sœur et je peux vous assurer que les remparts réclamés par le Parti conservateur sont là. Ce sont les médecins de famille, les infirmières et les travailleuses sociales qui accompagnent leur patiente ou leur patient, la plupart du temps depuis de nombreuses années.

4 commentaires
  • Yvon Bureau - Abonné 12 décembre 2020 10 h 54

    Compassion, ô compassion,

    que d'accompagnement humain et que de chaleureuse solidarité nous pourrions vivre en ton nom!

    Merci pour votre lettre, FRANCINE.

    Merci pour le soutien à la Cause noble du Mourir libre et digne.

    Merci pour la foi dans le travail interdisciplinaire des professionnels en santé et en services sociaux. Voilà le solide accompagnement des plus sécuritaires pour une fin de vie libre et digne.
    Oui, les remparts : «Ce sont les médecins de famille, les infirmières et les travailleuses sociales qui accompagnent leur patiente ou leur patient, la plupart du temps depuis de nombreuses années.»

    Mes chaleureuses sympathies, à vous et à vos proches.
    Vous honorez notre Humanité.

    Que votre Lettre touche en abondance les coeurs des Communes et du Sénat ainsi que de nos ministres de la Santé et de la Justice et du Procureur général du Canada!

  • Michel Cournoyer - Abonné 13 décembre 2020 10 h 10

    Il reste beaucoup à faire

    Merci pour votre témoignage.

    Il reste beaucoup à faire pour que tous puissent mourir dans la dignité comme la signaler la Protectrice ...

  • Jean-Léon Laffitte - Inscrit 13 décembre 2020 10 h 17

    Si elle a été euthanasiée alors qu'elle n'était pas en fin de vie, elle est la preuve de la pente glissante toujours présente en ce domaine.

  • Yves Corbeil - Inscrit 13 décembre 2020 11 h 09

    La solution à nos portes ou fenêtre

    Bientôt on aura qu'à laisser la fenêtre de sa chambre ouverte ou fermer c'est selon quel spécialiste vous vous référez. Quelle triste époque traversons-nous, quelle triste époque.