Arrêtez de nous appeler les anges gardiens

Je vous demande et vous supplie d’arrêter de nous appeler les anges gardiens. C’est méprisant et dégradant. Un ange est une créature surnaturelle dans de nombreuses traditions. Il est envoyé de Dieu dans différentes religions.

Nous sommes bien vivantes, nous souffrons depuis des années de ce métier de soignantes. Nous sommes épuisées et plusieurs ont démissionné. C’est un métier en voie de disparition, nous sommes traitées inégalement depuis des années. C’est à croire que la femme en 2020 est bonne à la cuisine et à procréer.

Ce surnom arrange M.Legault, afin de ne pas négocier correctement avec une grande majorité de femmes. C’est doux et ça enlève tout le sérieux de notre travail aux yeux de la population. C’est dégradant et méprisant. Pourquoi ne pas appeler les médecins des anges gardiens? Parce que le gouvernement n’a pas à négocier avec eux. Ils ont été grandement rémunérés. Et ce sont des ministres masculins qui se sont bien organisés pour renchérir leurs salaires.

Je vous en supplie à nouveau, ne jouez pas le mépris du gouvernement, appelez-nous les infirmières et les préposées aux bénéficiaires, qui travaillent durement, en ce temps de pandémie, et qui n’ont pas besoin d’être méprisées à nouveau en lisant les grands titres des journaux.

 
2 commentaires
  • Serge Pelletier - Abonné 7 décembre 2020 04 h 25

    Hééééé.... Que oui, Mme Parent,

    Malheureusement, ce gouvernement, comme tous les autres qui l'ont précédé depuis les années 80, est passé maître dans les boniments et la propagande...
    Quant aux infirmières et autres personnels du système étatique en santé, le réel problème n'est pas le salaire comme tel, car faire reposer cette affaire de salaire "pas juste" est une chimère qu'entretien les syndicats, et même le gouvernement. C'est plus facile de pointer une "cause" comme cela, et d'y apporter un semblant de redressement en garochant des $$$ et des $$$... Sans jamais, au grand jamais regarder les causes réelles, et d'y apporter des correctifs réels.
    Vous mentionnez que les médecins sont grassement rémunérés. Effectivement cela est vrai: ils ont reçue l'argent du beurre, le beurre, l'assiette, la vache, et même la fermière en cadeau... Cela sous de faux arguments de leurs coporations (syndicats)qqui claironnemant que s'ils gagnaient plus, les citoyens auraient plus de soins... Depuis, les listes d'attentes n'ont cessé de l'allonger... Les attentes en salle d'urgence ne cesent d'augmenter, etc. N'est-ce pas là une preuve que le réel problème n'en est pas de $$$, mais du système comme tel.
    Le GV-Q est passé maître dans les demi-mesures. les moyens insuffisants et provisoires... Généralement imposés sur un coup de tête sans tenir ou prendre en compte les effets à venir dans la globalité du système où il dicte son remède... Le cas récent est celui des préposés. C'est bien de les avoir "augmenter" de salaire... Du moins en apparence. Mais encore, il aurait bien mieux fait de tenir en compte les "affaires" qui sont déjà conventionnées... Affaires du style des augmentations salariales selon des échelons/années de service continu et de la scolarité (comme ce qui existe pour les infirmières).

  • Germain Dallaire - Abonné 7 décembre 2020 09 h 08

    Mauvaise conscience et manipulation

    J'ai travaillé une trentaine d'années dans le secteur de la santé et cette expression m'horripile au plus haut point depuis le début. Elle pue la mauvaise conscience et la manipulation. Mais à ma connaissance Mme Parent, elle n'est plus utilisée dans la communication gouvernementale au cours de cette deuxième vague. Ce serait même plutôt l'inverse. Par exemple, quand le gouvernement a reculé récemment sur son "pacte de Noel", il a prétexté les 6 000 employé(e)s de la santé en absence maladie. C'était un peu beaucoup leur faire porter le chapeau!
    Actuellement, toute la communication met l'accent sur le nombre d'infections. Il est très difficile de retracer précisément la provenance des nombreux décès. Pourtant, on sait à travers les branches qu'il y a de nombreuses éclosions dans les ressources pour personnes âgées. Ce type de communication gouvernementale a évidemment comme avantage de détourner le regard de ce qui est de sa responsabilité dans cette pandémie: la qualité des soins et des services. Parlant de cette question, que dire du fait que le gouvernement négocie depuis près d'un an les conventions collectives de ses employé(e)s et qu'il n'a pas encore abouti. Il traite ces négociations comme n'importe quelle autre négociation. Pourtant, s'il y a une chose que la pandémie a montré c'est que nos services de santé (comme l'ensemble des services publics) sont dans un très piètre état, résultat de 40 ans de néo-libéralisme. L'attitude du gouvernement dans ces négociations, c'est le vrai scandale. Elle montre au grand jour l'hypocrisie de l'expression "anges gardiens".