Désolant et révoltant

Je suis une double rescapée. D’une part, parce que j’ai survécu, sans aucune séquelle, à un arrêt cardiorespiratoire grâce à l’intervention rapide des ambulanciers et du service de réanimation du CHUM (avec une asystolie de plus de deux minutes). D’autre part, parce que cet arrêt cardiaque est survenu en 2009 et non en période de pandémie de la COVID-19.

Je suis horrifiée d’apprendre que les manœuvres de réanimation ont été interdites pendant six mois.

À aucun moment, les services de réanimation n’ont été saturés, selon Mme McCann et M. Legault, qui nous annonçaient quotidiennement le nombre de lits disponibles et répétaient que le système de santé tenait bon, grâce à des reports de chirurgies non urgentes. En fait, en appliquant cette directive, des lits étaient disponibles parce qu’on laissait mourir des gens sans essayer de les sauver. Pour avoir des lits « au cas où », pour accueillir des malades de la COVID-19. Parce qu’un malade de la COVID-19 sauvé, c’est plus « vendeur » qu’un arrêt cardiaque sauvé ? Le taux de survie n’est pas de 1 % à 3 %, il est plutôt de 10 %. Mais depuis quand sélectionne-t-on, au Québec, les malades en fonction de leur maladie et de leur chance de survie ? Tout le monde ici, dirigeants politiques en tête, a hurlé quand les médecins italiens ont dû faire des choix déchirants. Au Québec, on a choisi d’éviter de faire ce choix en refusant de prendre en charge des personnes en urgence vitale autres que celles atteintes de la COVID-19. Une élimination en amont ! Je pense qu’on n’a jamais vu ça dans aucun pays. Désolant… et révoltant.

4 commentaires
  • Louise Collette - Abonnée 26 novembre 2020 08 h 03

    Raison

    Vous avez raison, révoltant, un comportement de république bananière.

  • Serge Pelletier - Abonné 26 novembre 2020 08 h 04

    Mais Madame Charpentier...

    Mais Madame Charpentier, depuis quand un groupe criminel admet-il ouvertement qu'il est effectivement un groupe criminel... Et c'est encoe pire quand le groupe criminel - et incluant son boss - est monté en sauveur de la nation.

    Ici, nous avons en face de nous, des personnes dirigeant la nation (ou ce qui en reste) par le mensonge, la fourberie, la désinformation, la propagande, et autres moyens dolosifs. Le tout avec la complaisance des divers milieux corporatifs - profesionnels, syndicaux et médiatiques.

    Lionel Richard, dans "Malheureux le pays qui a besoin d'un héros" (2014), décrit très bien ce qui advient dans le cas du pays où le petit peintre à drôle moustache a été installé au pouvoir... Le même historique d'ascension se produit ici pour ce qui concerne Legault et sa gang: "ON A BESOIN D'UN HÉROS". Et comme pour le cas de petit peintre à drôle de moustache, quand cela tourne au cauchemard: "c'est toujours la faute aux autres".

    Il ne nous manque qu'une brochure spéciale gournementale dressant un panégyrique flattant le P-M Legault: "Pareil à l'un des Titans de la légende, il a affronté l'écroulement et la trahision, les dangers, les oppositions, les résistances sans nombre. Par son combat, son idéal et la force de sa foi, il a tiré la résurrection de la nation"(adaptation des écrits (avril 1943) de Himmler s'appliquant (en 2020) à merveille pour Legault)...

    De plus, Mme Charpentier souvenez-vous des propos que tenait en début du printemps, en ce qui concerne les décès en CHSLD, onde au poste communautaire de Hull de ce cher Arruda: "de toute manière ils étaient tous pour mourrir".

    Et vous êtes étonnée qu'une telle directive (celle des ambuanciers) ait été approuvée et mise en place par ces mêmes "sauveurs" pour les cas de réanimation. Et les patrons d'Urgence santyé (911 et ambulance) ont pleinement et volontairement suivent la directive sans même avoir un petit remord. Si cela est sorti, c'est un employé "pas content" qui a coulé l'information...

  • Helene Ouellette - Inscrite 26 novembre 2020 09 h 31

    Des précisions svp

    J'attends toujours l'article plus étoffé sur cette directive qui, telle que présenté, ne suscite que confusion, révolte et inquiétude parce qu'incomplet. La réanimation cardiaque est un processus complexe. Les patients non réanimés n'étaient pas ceux qui faisaient des arythmies menant parfois à des asystolies, mais bien ceux TROUVÉS en asystolie depuis plusieurs minutes, encourant de ce fait des séquelles importantes et irréversibles dans 97 à 99% des cas, après de très longs séjours aux soins intensifs.

    • Pierre Langlois - Abonné 26 novembre 2020 16 h 28

      Madame Ouellette
      Je me fis au témoignage de cette survivante et d'autres du milieu des premiers répondants pour déplorer cette directiive autocratique et révoltante. Je vous souhaite de ne pas être de ceux et celles qui seront visé(E)s par une prochaine directive de cet acabit.