Je n’en peux plus du temps des Fêtes

Vous n’étiez pas tannés de trop consommer ? Notre bonheur collectif dépend-il vraiment d’une période de fin d’année, devenue si commerciale ? La fin décembre a trop longtemps ressemblé à une course contre la montre qui aboutit parfois à des déceptions, voire à des frictions. Tant de stress accumulé, par publicités interposées, comme s’il s’agissait d’une compétition, de bien paraître, de se donner bonne conscience. Tenions-nous tous mordicus à ce rythme infernal de consommation comme si notre survie en dépendait ? Ajoutons cette année le stress de savoir si les commandes en ligne seront livrées à temps.

La pandémie, me semble-t-il, nous force à une réflexion en profondeur sur notre présence auprès d’autrui, sur l’esprit de famille, l’amitié, le bon voisinage, bref, la générosité. Ne boudons pas la méditation.

Je n’en peux plus d’entendre parler du temps des Fêtes « à sauver ». La ruée vers les centres commerciaux et les magasins de grande surface a fini par me dégoûter. N’y a-t-il pas une limite à consommer et à gaspiller ? Pendant que les Québécois demeurent suspendus aux lèvres de François Legault et du Dr Arruda afin de savoir combien de convives inviter chez soi et quand, quel risque de contamination aux conséquences potentiellement graves courront ces foules nombreuses en mal de ne pas rompre avec la tradition de surconsommation, chassant frénétiquement les meilleures aubaines ? Ça vous tente, une forte troisième vague en janvier ?

Tout le monde n’a pas la chance de compter sur des proches et de vrais amis. De pouvoir s’offrir du foie gras et du chapon avec du champagne, à dix ou vingt convives dans un chic décor, cela ne rend pas forcément plus heureux. Et le nombre de convives invités ne reflète pas l’ampleur de la générosité des hôtes.

8 commentaires
  • Danièle Jeannotte - Abonnée 21 novembre 2020 08 h 29

    Un gros pouce en l'air

    Vous avez tellement raison et je partage votre point de vue depuis quelques décennies, avant même qu'on ait pris conscience de l'immense entreprise de gaspillage et de stress qu'est devenu le temps des Fêtes. Cette année, la pandémie est un argument de poids pour ramener à une dimension humaine ce déferlement de consommation débridée.

  • Marc Therrien - Abonné 21 novembre 2020 10 h 39

    Noël sans anesthésie


    Et maintenant que le Québec est devenu pleinement laïque, il est évident qu’on ne pourra plus se rabattre sur le sens de la naissance de Jésus, notre sauveur mort sur la croix par amour pour nous pauvres pécheurs, pour trouver un peu de lumière. La lueur d’espoir recherchée se trouvera peut-être dans les origines païennes de cette fête qui est aussi la fête du solstice d’hiver qui se fait dans la prise de conscience que ce n’est pas tant le temps qui passe que nous qui passons dans le temps, conscients du mouvement cyclique des alternances entre la vie et la mort et la rotation éternelle du cycle des saisons. À Noël, nous célébrons aussi le réveil annoncé de la nature et de la vie, si possible dans la joie, malgré notre conscience d’être mortels qui s’intensifie au contact des souvenirs que nous partageons des êtres que nous avons aimés et qui ne sont plus là pour rire avec nous dont notamment ceux qui ont été emportés par la Covid-19 cette année.

    Marc Therrien

  • Jean Richard - Abonné 21 novembre 2020 11 h 23

    Les Fêtes ? Quelles fêtes ?

    « Je n’en peux plus d’entendre parler du temps des Fêtes « à sauver ».  »

    Le 30 septembre dernier, Quino, le père de Mafalda, rendait l'âme. Qui est Mafalda ? C'est une jeune fille de 6 ans, née du génie et d'un crayon. Elle n'a que 6 ans mais elle est animée d'un esprit critique que bien des adultes pourraient lui envier. Et au cours de sa vie de personnage de BD, Mafalda a vu apparaître autour d'elle divers personnages, dont Manolito, du même âge, caractérisé par son amour de l'argent et son objet quasi fétiche, la caisse enregistreuse du commerce de son papa. Manolito fait contraste avec Mafalda, cette dernière étant plutôt préoccupée par l'environnement, par les inégalités dans le monde, inégalités de fortune et de pouvoir, par l'aliénation de sa mère, confinée à la maison à faire à répétition des tâches ménagères...

    Imaginons maintenant ces personnages de BD aux commandes de l'état québécois. Qui de Mafalda ou de Manolito aurait été élu premier ministre, Mafalda qui nous invite à réfléchir ou Manolito qui n'en a que pour les caisses enregistreuses ? La réponse est facile : nos élus québécois sont en majorité des Manolito. Et pour Manolito, c'est quoi Noël ? C'est le concert des clochettes des caisses enregistreuses, qui en version 2020 est devenu le long bip des cartes à puce sur le petit terminal. Noël, c'est bip Visa, bip MasterCard, bip American Express... Et pour Manolito Legault, Dieu merci, Mafalda n'est pas première ministre car préoccupée par l'environnement et les inégalités, elle aurait sûrement posé la question suivante : pourquoi enseigne-t-on aux enfants qu'une fête, c'est l'occasion de massacrer l'environnement, conscience environnementale en pause, en couvrant la planète de montagnes de déchets ?

    Si vous avez compris que derrière le beau discours du sauvetage de Noël on entend le concert des bips de barres-codes avec en finale celui de la carte à puce, vous n'avez pas tort. La vraie question : doit-on sauver les marchands ?

    • Clément Fontaine - Abonné 21 novembre 2020 13 h 43

      N'étant pas abonné de Fakebook, je vous lève virtuellement mon pouce comme mon chapeau pour ce commentaire percutant. Le problème est que les Manolito se retrouvent aussi en majorité parmi la population. Nous avons toujours les poli-ti-chiens que nous méritons.

    • Patrick Dolmaire - Abonné 22 novembre 2020 13 h 11

      La vraie question : doit-on sauver les marchands ?

      Ne pensez-vous pas qu'il s'agit plutôt de sauver la politique économique du gouvernement? En d'autres mots, si le commerce des marchands n'avait aucune incidence sur cette économie, le beau discours de sauvetage n'aurait probablement pas eu lieu. Croyez-vous que le gouvernement a plus de préoccupations pour les marchands que pour une troisième vague et ses conséquences mortifères?

  • Renée Larouche - Abonnée 21 novembre 2020 20 h 10

    Quel beau texte !

    L'Esprit de Noël ne s'achète pas. Si on s'arrête à la seconde qui passe, la plus précieuse qui soit, la majorité d'entre nous doit réaliser sa chance. A-t-on vraiment besoin de consommer à s'en rendre malade ou fauché ? Merci Mme Patch-Neveu !

  • Loraine King - Abonnée 22 novembre 2020 06 h 33

    Je fêterai Noêl comme toujours...

    Cela commencera dimanche prochain, premier jour de l'Avent. Je crois que les être humain ont une âme. Croire que les humais ont une âme c'est comme croire en Dieu Aucune preuve et hallelujah!