Anglicisation continue

Je doute que François Legault renforce vraiment la loi 101. Bien que le chef de la CAQ soit nationaliste, c’est aussi un homme d’affaires né. Il sait que le « business », c’est en anglais que ça se passe, d’autant que le Québec est collé sur les États-Unis. Voilà pourquoi, en définitive, il a permis au collège Dawson de s’agrandir et a donné le Royal Victoria à l’Université McGill. Deux décisions incompréhensibles pour tous ceux qui ont à cœur le français. Et c’est pour nos gens d’affaires qu’il s’apprête à augmenter le nombre d’immigrants à accueillir, ce qui fragilisera encore plus le socle français. Si les organisations syndicales ont demandé un renforcement de la loi 101, aucune association patronale ne l’a fait, car cela nuirait aux affaires. Non, les Québécois ne sont pas chanceux. Ils sont tombés sur un businessman qui voulait être premier ministre.

14 commentaires
  • Claude Gélinas - Abonné 20 novembre 2020 07 h 23

    La métropole s'anglicise à la vitesse grand V.

    Comment expliquer que dans un contexte aussi fragile de la langue française que le Gouvernement Legault ait accepté de financer l'agranissement du collège Dawson à la hauteur de plus de 50 millions de dollars. C'est comme si les contribuables québécois étaient complices de ce qui contribuera de façon significative à nuire à la promotion et à l'épanouissement du français, une langue déjà en piètre état sans oublier le nombre considérable d'étudiants étrangers anglophones inscrits à McGill et à Concordia qui contribuent à changer le visage du français en faisant de Montréal non plus une ville française mais une ville bilingue.

    Que dire également des 35, 000 employés travaillant dans le milieu de la santé anglophone qui obligent les travailleurs à maîtriser l'anglais.

    L'erreur ne serait-elle pas d'avoir décidé d'accorder à la minorité anglophone un traitement priviligié en lui concédant un systéme d'éducation et de santé alors que dans le ROC les français doivent se battre pour recevoir des services dans leur langue.

    Depuis le début, le Canada ce pays supposément bilingue est un leurre et une tromperie. Il n'y a qu'à regarder du côté de la capitale Ottawa pour comprendre la véracité de cette dernière affirmation.

    Et pendant ce temps le Gouvernement accepte toujours que les communications avec les services gouvernementaux se fassent en anglais.

    Pour renverser la tendance, c'est plus qu'un virage que le Québec a besoin c'est d'une volonté politique , d'un courage et de la détermination des décideurs politiques sans oublier la contribution des Québébois dont la fierté s'érode chaque jour davantage.

    Et la France supposée être un phare dans la nuit qui ne cesse d'utiliser des expressions anglaises tels que le Black Friday au lieu du Vendredi fou et ces masters au lieu de maîtrise.

    C'est comme si celà faisant chic de multiplier les expressions anglaises. Serait-ce là un signe d'un complexe d'infériorité face au géant américain et au voisin britannique ?

  • Marc Therrien - Abonné 20 novembre 2020 07 h 52

    Quoi dire de plus?


    Vous écriviez hier « J'aimerais que Mme Emilie (sans accent) Nicolas nous parle de la situation du français au Québec ». Je crois que votre lettre vient clore la discussion sur ce sujet d’inquiétude et de grande préoccupation qui a valu de nombreuses chroniques d’opinion, surtout dans le JDM, au cours de la dernière semaine. Après que vous ayez saisi l’essentiel de l’enjeu, je ne vois pas que Madame Nicolas pourrait apporter un grain de sel qui a de la valeur pour paraphraser Véronique Grenier auteure du texte « L’empressement » paru dans ce journal le 16 novembre dernier. Elle utilisera peut-être cette prudence qui consiste à ne pas prendre le risque que ce qu’elle perçoit comme pertinent soit perçu comme le contraire par ceux dont le point de vue pertinent est déjà établi sur le sujet.

    Marc Therrien

    • Sylvio Le Blanc - Abonné 21 novembre 2020 23 h 47

      M. Therrien, il y a beaucoup à dire sur le recul du français au Québec. Je suis certain que si Mme Emilie Nicolas s'intéressait réellement à la question, elle nous pondrait quelque chose d'intéressant. Mais elle semble obnubilée par la question du racisme au Québec. Pour elle, comme le Québec refuse de reconnaître le racisme systémique, il ne vaut pas la peine qu'on se batte pour lui sur le front du français. En d'autres mots, Mme Nicolas n'aime pas le Québec français, et je pense qu'elle aimerait mieux vivre à Toronto, si elle pouvait y gagner sa croûte.

  • Thérèse Houde - Abonnée 20 novembre 2020 08 h 55

    Le recul du français

    On s'arrache les cheveux, depuis quelques jours, à propos du recul du français. À moins que j'ai oublié de lire un article, on ne dit pas par rapport à quand le français a-t-il reculé. Si on a cité une étude sérieuse, donnez moi la référence parce que, là où je prends mes informations il n'en a pas été question.

    • Marc Therrien - Abonné 20 novembre 2020 19 h 23

      Lisez-vous le Journal de Montréal? Depuis une semaine, les divers chroniqueurs d'opinion du JDM se relaient pour commenter à tour de rôle une enquête-terrain réalisée par leur Bureau d’enquête dont Marie-Lise Mormina en fait le compte-rendu dans l’article : « Être servi en anglais à Montréal, « ça fait dur ». » paru le samedi 14 novembre dernier. On y lit : « Au cours des dernières semaines, notre Bureau d’enquête a visité plus d’une soixantaine de commerces et restaurants de la région métropolitaine. « Sur les 31 établissements visités au centre-ville de Montréal (surtout dans le secteur de la rue Sainte-Catherine Ouest), 16 proposaient un accueil unilingue en anglais. » Cependant, peut-être que ça ne répond pas à vos critères d’une étude sérieuse.

      Marc Therrien

  • Brigitte Garneau - Abonnée 20 novembre 2020 08 h 56

    "...un signe d'un complexe d'infériorité face au géant américain...?

    On pourrait résumer de façon simple en disant platement: " On peut sortir le gars de la business, mais on ne peut pas sortir la business du gars..."

  • Gilles Théberge - Abonné 20 novembre 2020 09 h 13

    Henri Laborit avai écrit que quand tu est devant un problème ou un conflit insoluble apparemment, tu as le choix : ou tu te bats, ou tu fuis...

    La question de la langue française au Québec est pratiquement de cet ordre. Ou bien tu t'épuisera à la défendre, ou bien tu mourras...

    Ce qu'il faut faire pour atteindre le victoire à savoir faire vraiment du français la langue, non seulement officielle, mais effective à Montréal particulièrement, tout le monde le sait très bien.

    D'ailleurs Joseph Facal le disait hier dans son billet brillant sur le journal de Montréal, je vous invite à aller le lire...

    Ce qu'il faut faire est connu et tombe sous le sens. Mais Legault veut passer à côté. Qu'est-ce que vous voulez faire contre ça. C'est pourquoi il tergiverse. Il cherche des moyens de faire entrer les quatre trente sous dans la piastre !

    C'est triste mais le conseil de Laborit est probablement le meilleur dans les circonstances. Fuyez... En toute sérénité.

    Si ça vous est possible...

    • Sylvio Le Blanc - Abonné 20 novembre 2020 12 h 51

      La chronique dont vous parliez, M. Théberge :

      https://www.journaldemontreal.com/2020/11/19/le-francais-le-moment-de-verite-pour-legault