Loi 21 et Amnistie internationale

Depuis plus de 30 ans, j’ai toujours appuyé financièrement Amnistie internationale. Je jugeais la cause noble. Je me disais que, si un jour j’en arrivais à croupir dans une geôle pour mes opinions politiques, je serais bien content qu’un organisme comme Amnistie se soucie de moi et veille à me faire libérer ou à m’éviter la torture.

Toutefois je suis tout à fait opposé à la prise de position d’Amnistie sur la Loi sur la laïcité de l’État, dite loi 21.

Je considère que ce n’est pas du tout dans le mandat d’Amnistie de prendre position dans ce dossier. Le Québec n’est pas une dictature. Il n’y a personne d’emprisonné ou de torturé pour ses opinions. N’importe qui peut pratiquer sa religion, quelle qu’elle soit, sans contrainte.

Le gouvernement démocratiquement élu, avec l’appui de la majorité de la population, a demandé aux représentants de l’État de s’abstenir de porter des signes religieux en signe de neutralité et d’objectivité. Ceux qui veulent continuer à travailler comme enseignant, policier, gardien de prison, etc., n’ont qu’à retirer leurs signes religieux pendant leur quart de travail et libre à eux de les porter en d’autres temps.

Je ne concevrais pas de me présenter au travail avec un macaron ou un objet prônant une appartenance politique quelconque, même si j’avais des convictions profondes, soucieux de respecter une certaine neutralité face aux personnes que je côtoie. Pourtant, je n’ai pas l’impression qu’on brime mes convictions.

En conséquence et pour la première fois depuis longtemps, je ne vous enverrai pas d’argent tant que vous le dépenserez pour une cause semblable, sans aucun rapport avec le mandat d’Amnistie.

34 commentaires
  • Claude Dallaire - Abonné 17 novembre 2020 05 h 24

    Bien d'accord

    Moi aussi je vais cesser de faire des dons à Amnistie

    • Dominique Boucher - Abonné 17 novembre 2020 08 h 57

      Même chose ici.

      Jean-Marc Gélineau, Montréal

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 17 novembre 2020 09 h 16

      Le réveil arrive parfois tardivement .
      Ce n'est pas la première bavure d'Am"né"sie internationale...
      Il faut parfois se méfier de ces "caritatives" à gros budgets.
      Ils en oublient souvent leurs objectifs premiers.

    • Claude Bariteau - Abonné 17 novembre 2020 09 h 33

      La réponse est probablement dans les subventions reçues d'Amnisty Canada par le gouvernement canadien. Le site (https://www.amnesty.ca) de la maison-mère canadienne est unilingue anglais. Par contre, Amnistie internationale a pignon sur rue Sainte-Catherine avec un site en français. Est-ce Amnistie internationale ou Amnisty Canada qui a pris position ?

    • Cyril Dionne - Abonné 17 novembre 2020 10 h 45

      Il y a longtemps que je ne porte plus cet organisme dans mon coeur qui sert à culpabiliser les occidentaux. Elle accuse notamment la France de ne pas pratiquer la liberté d’expression et pourtant Samuel Paty s’est fait décapiter par un extrémiste musulman pour l’avoir pratiqué. Comme si au Québec on pratiquait le racisme systémique en séparant les races basées sur la couleur de l’épiderme, on s’opérait à stationner les peuples autochtones sur des réserves qui font mission de prisons à ciel ouvert et qu’on encourageait la misogynie et l’homophobie avec la loi 21.

      Mais a bien y penser, pour les différentes races (la race est un concept qui n’existe pas en biologie; on devrait plutôt dire différences culturelles), les racisés veulent volontairement s’agglutiner ensemble en excluant les autres, la Loi sur les Indiens du gouvernement fédéral est en vigueur et enchâssée dans la « canadian constitution », elle qui garde volontairement ou involontairement les autochtones dans un apartheid infâme et enfin, le communautarisme et le système patriarcal d’idéologies politico-religieuses qui pratiquent la misogynie et l’homophobie, le tout protéger par la loi sur le multiculturalisme de PET.

      Ouais, les Québécois sont vraiment des racistes comparer au ROC et son gouvernement étranger « of Canada ». Vite, il faut appeler Amnistie international qui prétend protéger les droits des enfants, mais qui ferme les yeux sur l’abject concepts de filiation et endoctrinement des enfants par des religions qui nous parviennent du premier millénaire.

      Misère.

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 17 novembre 2020 13 h 03

      M Bariteau vous avez écrit : "..... les subventions reçues d'Admnisty Canada ??? par le gouvernement canadien ??
      Ne serait-ce pas plutôt : Les subventions reçues Par Amnisty... Du gouvernement !

    • Claude Bariteau - Abonné 17 novembre 2020 17 h 49

      Mme Sévigny, vous avez totalement raison. J'ai commenté sans me relire. Mes excuses.

    • Daphnee Geoffrion - Abonnée 18 novembre 2020 15 h 51

      Il y a déjà une dizaine d'organisme qui ont une dizaine d'avocat dans la poursuite contre la loi 21, je ne vois pas pourquoi, avec tout les organismes qui sont dans le besoin financièrement, on donnerait des dons à Amnistie qui vient s'ajouter à une cause très "soft" dans le " plus meilleur pays du monde ".

      Ils ont peut-être trop de don pour ratisser aussi large!

  • Michel Laverdière - Abonné 17 novembre 2020 07 h 27

    Amnistie et errance...

    Bien d'accord avec vous. Aucun droit n'est floué dans le cadre de la Loi 21 ! Amnistie erre dans sa recherche de pertinence canadienne et essaie de séduire une nouvelle clientèle.

  • David Rand - Inscrit 17 novembre 2020 08 h 03

    Bravo !

    Je suis tout à fait d'accord avec vous, M. Poulin.
    L'opposition d'Amnistie à la Loi 21 est une honte, une dérive inacceptable.

  • Yves Laframboise - Abonné 17 novembre 2020 08 h 45

    PAS NOUVEAU

    Rien de nouveau dans cette prise de position d'Amnistie Internationale ici au Québec. Ils ont adopté la même lors du débat sur la Charte des valeurs présentée par le PQ.
    Il faut prendre cet organisme pour ce qu'il est : une pure création de la pensée anglo-saxonne axée sur les droits individuels érigés en dogme immuable et inébranlable. Le bien colllectif est évacué du décor. Pire, on se demande s'il existe. La courte vue, quoi.
    Amnistie Internationale protège-t-il le droit des mères soudanaises traditionnelles qui obligent leurs filles à subir les mutilations génitales ? On imagine que oui.
    Anciennement membre de cet organisme, j'ai envoyé ma lettre de démission il y a quelques années à la directrice. Je vous invite à faire de même.

  • Michel Lebel - Abonné 17 novembre 2020 08 h 48

    Précision

    Précision importante: contrairement aux policiers et gardiens de prison, les enseignants ne sont pas des représentants de l'État; ils peuvent donc être traités différemment. Je considère toujours que la Loi 21 viole la liberté de religion et est discriminatoire en matiere d'emploi
    pour les eseignants et en particulier pour les enseignntes musulmanes. Il n'y a pas que dans les dictatures que les droits et libertés peuvent être brimés.

    M.L.

    • Denise Bédard - Abonnée 17 novembre 2020 11 h 51

      Ils sont payé par qui les enseignents?

    • Bernard Dupuis - Abonné 17 novembre 2020 12 h 01

      Le Québec et les dictatures du monde, même combat !

      À tous les sophismes que vous nous avez servis déjà, vous ajoutez celui de la « fausse équivalence ». On voit que certains juristes manquent d’attention logique.

      Ce n’est pas parce que le Québec affirme sa laïcité en obligeant logiquement certains de ses employés présents dans les écoles à garder une certaine discrétion relativement à leurs croyances religieuses que cela équivaut à de la dictature.

      Vous banalisez le mot « dictature » comme d’autres banalisent le mot « nazie ».

    • Michel Lebel - Abonné 17 novembre 2020 12 h 43

      @ Bernard Dupuis,

      Je dis simplement que les droits et libertés sont à défendre et protéger, peu importent les régimes. C'est tout.