Le temps minimal nécessaire pour apprendre

On se pose beaucoup de questions ces jours-ci sur la pertinence de prolonger ou non de deux semaines environ le congé de la période des Fêtes dans les établissements scolaires. L’argument le plus favorable à cette option s’appuie sur des intérêts de santé publique.

Ainsi, en ajoutant une « période de quarantaine » à la suite du congé d’une quinzaine de jours commençant autour du 21 décembre pour se poursuivre normalement jusqu’au 4 janvier, on réduirait les risques de propagation du coronavirus à la reprise des activités scolaires en janvier.

C’est bien noble comme argument, mais cela me semble bien naïf… Croit-on vraiment qu’en prolongeant le congé scolaire de deux semaines pendant la période des Fêtes, on induira un « confinement volontaire » pour une période de 10 à 14 jours à la fin de ce congé… ?

En raison des perturbations de toutes sortes vécues depuis le début de la présente année scolaire, bien peu d’élèves pourront compter avoir bénéficié de 180 jours de services éducatifs, virtuellement ou « en présentiel », en 2020-2021. C’est pourtant ce que prescrit le Régime pédagogique.

L’importance que l’on accorde aux apprentissages qui doivent être minimalement acquis sur une base annuelle ne peut souffrir de l’amputation, à répétition, des conditions et du temps nécessaires pour y parvenir.

La prolongation du congé des Fêtes doit logiquement avoir pour conséquence la prolongation du calendrier scolaire. S’il apparaît inconcevable, à l’analyse de certains, de faire cette prolongation en juin, voire en juillet, peut-on imaginer sacrifier, au bénéfice des apprentissages, la semaine de relâche de mars ? J’entends bien les protestations au simple fait d’en invoquer l’idée…

Sur quoi se centrer, sinon sur ce que commande le bien de l’élève : développer les compétences des programmes d’études prévus pour lui en 2020-2021. Cela suppose que l’on dispose du temps impérativement nécessaire pour pouvoir le faire.

3 commentaires
  • Daphnee Geoffrion - Abonnée 17 novembre 2020 09 h 02

    Comme parent de deux enfants qui sont au primaire, je me questionne sur la quantité de journée pédagogique, beaucoup trop. On vient d'en ajouter 3, les semaines sont compressées et les éléves manquent de temps pour apprendre. Quelqu'un du monde scolaire pourrait me dire pourquoi les formations ne peuvent pas se donner l'été, alors que les enseignants sont en congé payé à 100% de leur salaire?

  • Benoit Gaboury - Abonné 17 novembre 2020 10 h 15

    Le temps aussi d'être sage

    Très bon texte de l'auteur. Mais, peut-être qu'il y a aussi un autre aspect qu'on peut se permettre d'envisager. On sait que le mois de janvier est traditionnellement la période où les urgences sont débordées, depuis des années. La raison le plus souvent avancée est bien sûr la grippe. Et on sait que ça ne sera pas facile alors de diagnostiquer la bonne maladie, entre une personne qui a la grippe et une autre atteinte du coronavirus. Il faudrait un test à chaque fois, et l'inquiétude sera grande chez les parents, les enseignants et leurs proches. Prolonger la période des fêtes en ce temps exceptionnel de pandémie mondiale ne semble donc pas exagéré, peut-on dire. Chacun chez soi, les consignes demeurant claires à ce sujet, ce serait plutôt une sage mesure de prudence, car on a déjà l'expérience passée des salles d'attentes débordées, à l'urgence. Et si chacun avait un bon livre obligatoire à lire durant cette période, avec test de lecture au retour, ça serait même bien pédagogiquement, cette période de pause de deux semaines.

    Quand au retard occasionné dans l'apprentissage, il existe, c'est bien vrai, mais on peut dire aussi qu'il est relatif. Avec 170 jours d'école au lieu de 180, c'est quand même presque 95% du temps dévolu à l'enseignement qui aura été donné. Et, de toute façon, faut-il mettre toute sa confiance en cette comptabilité, nécessaire sans doute, mais somme toute administrative, légale, qui voudrait, parce que tant d'heures ont été fournies en prestation de cours, que les élèves aient automatiquement tout appris du programme. On sait bien qu'il restera toujours plein de connaissances en suspens qui n'auront pu être vues, quelle que soit la durée d'un cours, car elles sont infinies, les connaissances, et on pourrait toujours aller plus loin dans leur apprentissage. Et d'ailleurs chacun a son propre rythme.

    Aussi, assigner aux professeurs une exigence stricte d’uniformité au niveau du contenu n’est pas vraiment réaliste, me semble-t-il.

  • Jean-Guy Aubé - Abonné 17 novembre 2020 10 h 54

    Valeur nulle

    Je crains fortement que tout l'enseignement effectué avec les demi-mesures du gouvernement durant la pandémie soit totalement nulle. Dermi presence à l'ecole, demi enseignement à distance, aucune manière de vérifier si les elèves du primaire secondaire ont appris quelque chose, aucun moyen de verifier s'ils écoutent réellement le prof lorsqu'ils sont à la maison même s'ils ouvrent leur écran. Ce n'est que lorsque l'enseeignement sera revenu à la normale qu'on pourra voir si les jeunes ont évolué dans leurs connaissances durant ce système bâtard d'enseignement dispensé durant la pandémie.