L’humour comme antidote aux préjugés

Faire rire donne parfois à penser et à réfléchir. Sans prétention pédagogique, l’épisode de La petite vie qui fait tant jaser aujourd’hui n’avait-il pas d’abord le mérite de nous faire rire en présentant un miroir déformant et grossissant de nos propres travers comme peuple, avec nos biais culturels ? Doit-on empêcher l’humour et la satire d’agir comme antidote aux préjugés pour établir de bonnes et véritables relations interculturelles ?

Tout est question de contexte et d’intention. C’est ce que semblent oublier délibérément certains tenants de la bien-pensance et de la rectitude politique qui s’en tiennent toujours à une lecture au premier degré pour censurer le titre d’un monologue ou d’un essai sur le mot en n. Grisés par la victoire qu’ils ont obtenue en faisant censurer le spectacle SLĀV, mettant ainsi fin à la carrière d’une de nos plus grandes chanteuses, ces gens, avec leur vision en tunnel, visent aujourd’hui de façon répétée Radio-Canada.

Tout dialogue fructueux et fécond ne peut voir le jour en racialisant constamment les rapports et en limitant la valeur de l’argument à l’aune de l’offense, tout comme l’identité des personnes à la seule couleur de la peau. Pouvons-nous faire preuve d’une plus grande humanité en menant ensemble les combats essentiels pour plus de justice sociale, d’égalité et d’inclusion ? En mettant l’accent sur une lecture au premier degré de plusieurs produits culturels québécois ou en cherchant à imposer la censure, ne risquons-nous pas d’obtenir des effets contraires aux résultats attendus de la lutte à mener contre le racisme ? Cela m’inquiète sérieusement.

6 commentaires
  • Hélène Lecours - Abonnée 12 novembre 2020 08 h 22

    Vous avez raison

    Nous dérivons, nous dérivons. Il est difficile de garder une vue d'ensemble culturelle présentement. Nous sommes les premiers à nous trahir nous-mêmes et ce depuis - peut-être - le temps de la Grande noirceur, que j'ai connue moi aussi. Cependant, je préfère la situation actuelle où l'air circule librement et balaye les idées ailleurs que sous le tapis, mais sur la place publique. Cela nous oblige à discuter ce à quoi beaucoup d'entre nous sont encore allergiques, confondant discussion et chicane.

  • Robert Bernier - Abonné 12 novembre 2020 09 h 04

    À quand le tour d'Yvon Deschamps?

    J'espère qu'aucun excité de la culture victimaire ne s'avisera d'écouter les monologues d'Yvon Deschamps. Tout le monde y passait, à chacun son tour.

  • Denis Drapeau - Abonné 12 novembre 2020 09 h 55

    Pourquoi Radio-Canada?

    «... ces gens, avec leur vision en tunnel, visent aujourd’hui de façon répétée Radio-Canada.»

    Pourquoi Radio-Canada?

    Parce que la victoire sera rapide et facile suite à une bataille que ces gens qualifieront d'épique alors qu'une simple gifle d'opérette aura suffi. Comment pourrait-il en être autrement quand on a devant soi une armée radio canayenne de wokes multiculturaliste dont la pensée domine totalement et outrageusement cette télévision d'État qui ne représente en rien les divers point de vus des québécois qui majoritairement rejette ces idéologies.

    • Raynald Richer - Abonné 12 novembre 2020 17 h 26

      On devrait nationaliser Radio-Canada ! euhh, c’est déjà fait.

      Mais on devrait peut-être récupérer Radio-Canada en échange de points d’impôts. Peut-être que si c’était une propriété de l’état québécois, nous pourrions avoir une politique éditoriale qui nous ressemble davantage. Actuellement, la politique éditoriale et le mandat de R-C sont largement inspirés de la culture du ROC et de la culture américaine.

  • Mathieu Lacoste - Inscrit 12 novembre 2020 12 h 25

    « Nous dérivons, nous dérivons... » (Hélène Lecours)


    Plutôt, nous délirons...

    À quand la condamnation de Bobinette pour son apologie de la violence, avec ses pétards à la farine ?

  • Sylvio Le Blanc - Abonné 12 novembre 2020 13 h 52

    Bien dit

    Bravo !