Dignité, vérité et moralité

Voilà des mots qui étaient disparus du vocabulaire et du comportement trumpiens à la Maison-Blanche. Le président républicain avait plutôt tourné le dos à ces nécessités essentielles par ses agissements indignes, mensongers et immoraux qui ont miné le climat politique américain. L’arrivée du tandem Biden-Harris va sûrement contribuer à créer des rapports plus sereins et harmonieux entre les différents acteurs de la gouvernance politique de ce pays de plus en plus divisé.

Issu d’un amalgame idéologique entre les tenants d’une droite antiétatique et certains courants religieux conservateurs, et propulsé par de fanatiques adeptes de la théorie du complot sur les réseaux sociaux, le personnage légendaire de Trump a créé un monstre qui risque de perdurer. Comme un virus pandémique, il s’est infiltré dans tous les replis du tissu social d’une partie de la population américaine qui a fait écho aux élucubrations de son maître à penser. Cette nébuleuse a bâti un monde chimérique avec ses propres règles, basées sur des faits alternatifs qui sont devenus des vérités à force d’être répétés. En ce sens, l’arrivée de Biden à la présidence constitue une forme de vaccin qui va contribuer à freiner la propagation de ce virus idéologique et, au mieux, à guérir une partie des personnes infectées.

Même si la pensée trumpienne continue à gangrener la vie politique de ce pays, le discours du nouveau président démocrate apporte un vent de fraîcheur et est porteur d’espoir pour tous les citoyens du monde, et en particulier pour une majorité d’Américains qui vivaient un cauchemar éveillé depuis quatre ans sous la gouverne de Trump. La démocratie a vaincu l’obscurantisme en permettant le retour de la dignité, de la vérité et de la moralité au sein des rapports entre le gouvernement et ses citoyens.

5 commentaires
  • Jacques Légaré - Abonné 10 novembre 2020 08 h 23

    «La démocratie s’accommode de l’anarchie des esclaves» (Aristote).

    Quels grands mots si forts ! Bravo Marcel !

    Il est temps que nos démocraties occidentales se remettent à l'étude de la toute première Démocratie athénienne (-594 à -404) et de la République romaine (-590 à -31).

    Les Pères fondateurs américains en étaient pétris. Deux expériences qu'ils refondirent et peaufinèrent avec brio.

    En les étudiant, nous saurions quoi peut menacer la démocratie et la république : les Alcibiade et les Catilina.

    Le plus instructif : l'échec en -133 et -123 de deux frères Graques (Caius et Tibérius) à passer de la République à la démocratie nous instruirait que de Trump ont existé à leur époque. Ils se sont fait donner le commandement militaire (l'impérium donné aux deux consuls) et ils ont renversé la République.

    À réfléchir aussi : la République de Weimar (1918-1933) poignardée dans le dos...

    La pente originelle (ou son écueil) de tout régime. Celui de la démocratie est la licence (Platon dixit).

    «Le gouvernement populaire appartient aux ignorants et aux infâmes» (Aristophane).

    « Notre choix: minorité corrompus ou masse incompétente» (Bernard Shaw).

    «La démocratie est assez vaste pour contenir nos folies» (Karim Akouche).

    «La société est bien gouvernée quand les citoyens obéissent aux autorités, et les autorités aux lois» (Solon).

    «La démocratie a besoin de justice, mais l'aristocratie et la monarchie peuvent s'en passer» (Edgar Quinet).

    • Marc Therrien - Abonné 10 novembre 2020 18 h 19

      Il semble que les commentateurs qui me reprochaient mon goût prononcé pour les citations soient plus tolérants à ton égard. J’appuie tes pensées bien choisies d’une de mes citations favorites ces temps-ci : « Toute société qui n'est pas éclairée par des philosophes est trompée par des charlatans » disait Marquis de Condorcet.

      Marc Therrien

  • Josée Cantin - Abonné 10 novembre 2020 08 h 33

    Parallèle rigolo entre le virus Covid et le virus Trump!

    La Covid aurait-elle inspiré Trump!

  • Jean-Charles Morin - Abonné 10 novembre 2020 11 h 24

    Décidément, ces temps-ci ça déboule...

    Encore une fois, il faut se taper une autre opinion convenue qui ne fait que régurgiter ce que les médias de masse nous assènent depuis quatre ans. Il faut croire que certains adorent qu'on leur serve du réchauffé tous les jours de la semaine.

    Dans le même registre et toujours sur la brèche, les journaux ont aujourd'hui déterré les propos d'une pseudo-psychologue issue des milieux "progressistes" qui, tout en admettant elle-même ne jamais avoir procédé à un examen clinique du sujet dans un contexte professionnel, commet néanmoins un livre où elle affirme que l'ancien président n'est rien d'autre qu'un simple malade mental. On se croirait revenu du temps de l'Union soviétique où les dissidents se voyaient enfermés dans des asiles psychiatriques.

    C'est un phénomène typiquement américain: dans le monde de l'édition, on aime surfer sur l'actualité du moment en faisant part de propos spectaculaires supposément informés dans le but de "faire la piasse". Des "best-sellers" qui, dans quelques mois, n'intéresseront plus personne et que les nostalgiques pourront retrouver pour une bouchée de pain dans les bacs des revendeurs de livres usagés.

    Sans doute le comportement, bizarre par endroits, du dernier président fascine autant qu'il scandalise mais sa présidence, qui aura marqué son pays plus que n'importe lequel de ses prédécesseurs à la Maison Blanche, mérite certainement une analyse plus fouillée, plus objective et, surtout, beaucoup plus sérieuse. Seul le recul du temps permettra d'y parvenir.

    Pour le moment, les bien-pensants en sont à l'étalage sans vergogne de leurs états d'âme, abondamment relayés sur la place publique par les médias complaisants, ravis apparemment de pouvoir régler des vieux comptes par personnes interposées. Il est à espérer que cette étape de défoulement collectif "bon chic, bon genre" tire bientôt à sa fin.

    • Marc Therrien - Abonné 10 novembre 2020 18 h 27

      Coup donc, M. Morin, auriez-vous-même écrit une lettre ou un texte « d’idées » présentant une analyse « plus fouillée, plus objective et, surtout, beaucoup plus sérieuse » de la présidence de Trump « qui aura marqué son pays plus que n'importe lequel de ses prédécesseurs à la Maison Blanche » qui n’aurait pas été publiée par Le Devoir? Vous pourriez utiliser 2 espaces de 2000 caractères pour nous la présenter ici.

      Marc Therrien