Races et racisme

On lisait récemment dans les pages du Devoir cet extrait d’un rapport de l’Association canadienne des professeures et professeurs d’université sur le racisme systémique qui sévit dans les universités : « Lors d’une conférence nationale à l’été 2019, un participant de race noire a été accusé du vol d’un ordinateur portable et a été interrogé par la GRC, alors que l’accusation ne reposait sur aucun fondement. » L’emploi du mot « race » dans un tel contexte est problématique.

Les races, d’un point de vue biologique, n’existent pas. Les études scientifiques ont en effet démontré qu’il n’existe pas de plus grande proximité génétique entre les individus communément considérés d’une même race qu’entre les individus considérés de races différentes. Ce qui ne veut pas dire que le racisme n’existe pas. Le racisme, la présupposition, consciente ou inconsciente, que certaines races sont supérieures à d’autres, repose sur la croyance que des races existent. L’usage du mot « race » (que l’on doit distinguer de la mention de ce terme) renforce cette croyance.

5 commentaires
  • Jean Thibaudeau - Abonné 27 octobre 2020 06 h 28

    Effectivement, il s'agit d'une autre "folie woke*" qui passe comme dans du beurre et à laquelle à peu près personne ne réagit : l'utilisation quasi systématique des mots "racisme" et "raciste", en vertu du concept douteux et illégitime de "racisé".

    Même les élèves du primaire sont en mesure de relier l'idée de racisme à celle de race, qui a pourtant été déboutée depuis longtemps par la Science. Par conséquent, continuer à parler de racisme ne peut que renforcer l'impression, dans la population, que les races existent bel et bien dans la réalité (comme le montre l'exemple ci-haut).

    Encourager l'utilisation des mots racisme et raciste n'est pas innocent. Cela permet aux woke d'élargir indéfiniment l'idée raciale à tous les types de réalité de leur choix, comme on a pu le constater ad nauseam pendant les débats autour du PL21 : par exemple, aux adhérents à une religion particulière, l'islam, en l'occurrence. Et il est à noter que les woke n'utilisent jamais ce concept aux adhérents du judaïsme. Ils se permettent donc d'évoquer le racisme contre les musulmans sans jamais parler de racisme contre les juifs (et on sait pourquoi).

    Ces deux mots devraient être rangés à la section "archaïsmes" des dictionnaires et remplacés par les mots bien français : discrimination, discriminant et discriminatoire.

    * woke est une expression consacrée aux USA pour désigner les tenants des idéologies anti-raciste, décolonialiste, intersectionnelle, indigéniste, racialiste... bref de toute cette famille de la gauche dite régressive ou moralisatrice.

    • Cyril Dionne - Abonné 27 octobre 2020 09 h 12

      Et où évoluent nos « woke » plus souvent qu'autrement M. Thibaudeau? Eh bien dans le monde où les connaissances sont aléatoires et où il y autant de conclusions que de vérités. Tous les concepts des « woke » ont une fluidité insaisissable parce qu’il s’agit tout simplement d’opinions.

      Il faudrait que l'auteur arrête de faire du « cherry picking » et choisir les incidents qui nous plaisent afin de renforcer notre argumentaire. Pour chaque accusation de vol pour un noir, il y en aura autant et même plus pour les blancs, mais elles ne seront pas aussi publicisées. Ceci me fait penser à une enquête à Toronto, il y a quelques années de cela, qui avait été entreprit par des professeurs universitaires de gauche et subventionnée par le gouvernement ontarien suite à une demande explicite de la communauté noire de la ville reine. Elle se disait victime de racisme. Eh bien, lorsque les conclusions de l’enquête en question ont été révélées, la communauté noire a fait des mains et des pieds pour qu’elle ne soit pas rendue publique parce qu’elle disait haut et fort, chiffres à l’appui, que la plupart des crimes à Toronto étaient commis par des gens racisés.

      Oui, le concept des races n’existe pas en science ou en biologie. Donc parler de discrimination à partir de la couleur de l’épiderme est une fausseté entretenue depuis des siècles. Ce qu’on devrait plutôt dire, c’est une discrimination culturelle. Il faut aussi se demander pourquoi certaines communautés sont très évoluées au niveau scientifique et technologique et ont su apprivoiser la nature alors que d’autres pataugent encore dans les méandres de la superstition qui nous rappelle plutôt l’âge de pierre. Est-ce qu’on pourrait dire que l’éducation, libre de biais racisés, est la meilleure solution à ce dilemme?

      De toute façon, ces incidents d’une supposée discrimination à l’université sa passent toujours dans les facultés de sciences sociales et jamais dans les facultés de sciences pures et appliquées.

    • Denis Blondin - Abonné 27 octobre 2020 10 h 06

      Monsieur Thibodeau,

      Vous avez tout à fait raison d'affirmer que la notion de "races humaines" en tant qu'entités de nature biologique a été mise au rancart par l'approfondissement des connaissances scientifiques en génétique. Par contre, cela ne permet nullement de mettre aussi au rancart les notions de racisme et celle de personnes racisées, car même si ces notions sont formées à partir du mot "race", elles n'ont strictement rien à voir avec la biologie, puisqu'au contraire, elles s'appliquent très clairement à des phénomènes sociaux. Le racisme repose d'abord sur une croyance en l'existence d'un principe biologique appelé "la race" et traité de la même manière que le sexe, et il repose ensuite sur un autre mécanisme social, celui des rapports de domination fondés sur des institutions sociales que la croyance prétend justifier. Quant au terme relativement nouveau de "racisé", il réfère aussi au fait de se référer à cette même croyance pour décréter que telle ou telle personne appartiendrait biologiquement à un groupe autre que le mien. Il a justement été adopté pour indiquer que l'usage traditionnel du mot "race" pour les humains est scientifiquement non fondé.

  • Pierre Langlois - Inscrit 27 octobre 2020 15 h 56

    @ Jean Thibaudeau : je serai « woke » si vous ne me donnez pas le choix.

    Racisme : Idéologie fondée sur la croyance qu'il existe une hiérarchie entre les groupes humains, les « races » ; comportement inspiré par cette idéologie. (Larousse)

    Raciste : Relatif au racisme, inspiré par le racisme ; qui soutient le racisme, qui fait preuve de racisme. (Larousse)

    Discrimination : Fait de distinguer et de traiter différemment (le plus souvent plus mal) quelqu'un ou un groupe par rapport au reste de la collectivité ou par rapport à une autre personne : Le sexisme est une discrimination fondée sur le sexe. Discrimination raciale. (Larousse)

    Si vous avez besoin davantage de Lumières (comme dans le siècle des...) pour éclaircir vos idées, ne lisez surtout pas le 1er commentaire attaché au vôtre ! Cyril Dionne semble être dans la noirceur totale... Lisez plutôt le commentaire de Denis Blondin.

    • Cyril Dionne - Abonné 27 octobre 2020 21 h 41

      Cher inscrit, évidemment, ceux qui sont pour la liberté d'expression, la liberté académique, la liberté d’enseigner ou la liberté de penser (Devoir oblige) et de pouvoir l'exprimer tout en gardant cette liberté a posteriori, ils sont pour vous dans la grande obscurité et sont sûrement des racistes. Ceci dit, comme les chats, ils ont de la chance parce que l’obscurité des autres ne les empêche pas de lire et de comprendre et y apporter les Lumières. Enfin, pour eux, si on ne connaît pas les ténèbres des autres, comment apprécier la lumière.