Une rectitude qui n’est pas à la portée du commun des mortels

On a accusé de racisme la professeure d’université Verushka Lieutenant-Duval, une personne qui, de toute évidence, n’est pas raciste. On se trouve du même coup à l’avoir plongée dans une spirale de violence et de peur, alors qu’elle est une sympathisante déclarée de la cause des Noirs. On a d’ailleurs, je le rappelle, fait subir ce même traitement à Robert Lepage l’année dernière lors du triste épisode de l’appropriation culturelle, le forçant lui aussi à s’excuser, après lui avoir fait subir une humiliation qu’il ne méritait vraiment pas. Or, dans ma vie de tous les jours, je n’aurais pas fait mieux que Mme Lieutenant-Duval. J’ai moi aussi eu des discussions destinées à comprendre l’emploi du « mot honni ». Je me sens donc personnellement heurté par les mauvaises intentions qu’on prête actuellement à cette professeure qui, tout comme moi, soutient le mouvement Black Lives Matter, et défend farouchement la cause des Noirs. On devrait réaliser que, ce faisant, on exige une rectitude, voire une perfection qui n’est pas à la portée du commun des mortels. J’ai bien peur qu’à force de taper sur leurs supporters, ces partisans d’un code de conduite aussi scrupuleux qu’imprévisible parviennent au triste résultat de désensibiliser des gens à leur cause, alors qu’ils l’épousaient sans réserve jusqu’à ce que de tels événements se produisent.

54 commentaires
  • Simon Grenier - Abonné 26 octobre 2020 06 h 50

    Mon ex-conjoint était professeur dans une université américaine, impliqué dans un comité gay-etc. Il était constamment confronté à ce genre de situation avec certains étudiants: les militants les plus... colériques rejetaient et attaquaient systématiquement ceux qu'ils appelaient eux-même des "allies", des alliés. Ils/elles ne voulaient rien savoir d'hétérosexuels comme Barack Obama qui faisaient des déclarations/discours de soutien et allaient jusqu'à dénoncer ces appuis publics, campagnes Facebook/sur le campus et tout. Beaucoup d'entre eux ne dormaient plus de rage et passaient régulièrement leurs nuits à débusquer ces méchants "alliés" à la sympathie "nuisible" (leurs mots).

    La situation à l'Université d'Ottawa me fait beaucoup penser à celle-là. Signe des temps, est-ce que ce sont les valeurs des générations montantes? Est-ce une bonne raison pour laisser les choses aller dans cette direction, où les appuis concrets, modérés et bienveillants sont punissables? Je dois ENFIN être rendu un vieux mononque car je pense que ce serait une très mauvaise idée.

    Censurer, c'est censurer. C'est un synonyme d' "oublier" et de "revoir les injustices réapparaître et devoir tout recommencer dans quelques décennies".

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 26 octobre 2020 09 h 19

      Plate à dire, mais même si les bons sentiments des « allies » ne sont pas un mal en eux-mêmes, ils ne servent souvent qu'à calmer les inquiétudes morales, à attirer des sympathies... et à ne rien changer aux problèmes dont ils s'émeuvent.

    • Raymond Labelle - Abonné 26 octobre 2020 09 h 59

      Même si c'était le cas M. Desjardins (ce qui mériterait discussion), cela ne justifie pas de tomber sur les "allies" à bras raccourcis en déformant le sens de leurs propos pour leur attribuer de façon diffamatoire une attaque qui n'existe pas.

      Mais les "allies" vont souvent finir par s'excuser et ramper en vous donnant raison, même si vous avez tort: ce sont des proies plus faciles que les beaufs qui, eux, offensent véritablement et souvent se font davantage épargner car ils sont plus violents et plus sûrs d'eux.

      Les allies se font plus attaquer que les beaufs - ils sont des proies de choix, se laissent plus facilement intimider: il est plus facile de s'attaquer à des plus faibles qui sont à notre portée. Les beaufs fréquentent d'autres milieux.

      Bref, comme on ressent l'attaque des beaufs et qu'on n'ose pas les affronter, on se venge sur les "allies".

      L'opprimé qui bat son chien au lieu de son oppresseur, qu'il craint.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 26 octobre 2020 10 h 46

      Merci, monsieur Labelle, de faire écho à mon commentaire de l'autre jour. Je vous donne tout à fait raison sur la différence que vous faites, à cette réserve près que les « allies » ne sont pas tous de petites bêtes sur lesquelles on s'achernerait lâchement. Il y en a qui ne méritent pas mieux que de se faire rembarrer et renvoyer à la pleine jouissance solitaire de leur vertu et des circonstances où le mieux qu'on puisse faire, c'est de se taire. Dans leur frustration bienpensante, ils ont tiré vengeance dans les propos particulièrement orduriers de MBC, ce matin.

    • Raymond Labelle - Abonné 26 octobre 2020 11 h 02

      Je n'avais remarqué votre intervention que le délai passé pour réagir M. Desjardins et M. Grenier et vous-mêmes tombiez pile dans le sujet. J'ai saisi l'occasion.

    • Raymond Labelle - Abonné 26 octobre 2020 11 h 36

      J'avoue ne pas avoir été choqué par les propos de MBC. Il y a une certaine ironie: les tenants de la petite vertu condamnant cette prof ont comme position que seule la subjectivité des récipiendaires devrait être un critère pour savoir si un mot est insultant ou non, sans même se préoccuper du contexte dans lequel le mot est prononcé ou du sens de ce qui est dit. MBC exprime sa subjectivité de Québécois et dit ce qui l'insulte. Mais il a la grâce de dire qu'il accepte qu'on lui réponde (ou même, que l'on ait dit ce qui l'insultait) sans être censuré, puni ou menacé.

      Pour ce qui est du concept de racisme systémique, aussi bien exiger l'ajout du mot que son non-ajout me semble un enfantillage, comme je l'ai expliqué ailleurs: personne de sérieux ne nie que le phénomène du racisme (comme tout phénomène social d'ailleurs) comporte deux éléments: un aspect socio-historique et collectif qui dépasse l'individu, mais aussi une responsabilité individuelle qui existe. Je crois que la quasi-totalité des personnes des deux côtés reconnaissent ceci - assurez-vous chacun que vous le reconnaissez, sans crier à l'anathème du simple fait d'ajouter ou non le mot "systémique" après le mot "racisme".

      J'en parle à cause de la phrase de MBC: "Quand on veut nous enfoncer à tout prix le concept de racisme systémique dans la gorge et qu’on traite de crétins ou de monstres ceux qui le critiquent, ça m’insulte, croyez-le."

    • Raymond Labelle - Abonné 26 octobre 2020 11 h 38

      "ils ont tiré vengeance dans les propos particulièrement orduriers de MBC, ce matin." RMD

      J'ai pris pour acquis que vous évoquiez cette chronique: https://www.journaldemontreal.com/2020/10/26/ce-qui-minsulte-retour-sur-tout-le-monde-en-parle

      mais peut-être parliez-vous d'autre chose.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 26 octobre 2020 11 h 53

      "Plate à dire, mais même si les bons sentiments des « allies » ne sont pas un mal en eux-mêmes, ils ne servent souvent qu'à calmer les inquiétudes morales, à attirer des sympathies... et à ne rien changer aux problèmes dont ils s'émeuvent." - RMD

      Nous vivons une époque où les bons sentiments sont raillés tandis que les mauvais sont honnis. On ne voit pas ce qui pourrait contenter les mécontents. Le dialogue ne réglera rien puisque personne ne veut écouter ce que les gens de bonne ou de mauvaise volonté ont à dire. Il n'y a pas vraiment moyen de s'en sortir. Lisée avait raison en disant que cela constituait un labyrinthe sans issue.

      Vous avez raison, Monsieur Desjardins; tout cela est "ben" plate à dire. Mais c'est sans doute lucide.

    • Hélène Paulette - Abonnée 26 octobre 2020 11 h 57

      Monsieur Maltais Desjardins, ce sont bien des "allies" qui ont voté la loi sur le mariage gai, une question d'égalité que ces jeunes défient en ségrégationnant sur l'orientation sexuelle.

    • Raymond Labelle - Abonné 26 octobre 2020 12 h 57

      Mme Paulette illustre, par cet exemple, que l'on ne peut pas fonctionner en silo.

      Si un groupe subit des injustices, il a besoin des autres pour corriger la situation. Si le problème est sociétal, rester à l'intérieur du groupe ne donnera aucun progrès. Idéalement, chacun ne penserait pas qu'à son oppression personnelle ou celle du groupe auquel elle ou il appartient, mais viserait le bien commun et la justice pour toutes et tous.

      Et il fait partie de notre condition de pas être totalement dans le peau de l'autre. Nous ne sommes pas télépathes. Ce qui ne veut pas dire de ne pas essayer de se comprendre et de communiquer, avec le risque de malentendus que cela comporte.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 26 octobre 2020 13 h 47

      Je parlais de son torchon de ce matin en réaction aux interventions des invités à TLMEP. D'une part, je n'ai rien entenudu là qui ait constitué le genre d'insultes dont il feint de se plaindre. D'autre part, il ne feint de se plaindre que pour couvrir du bruit de sa bêtise la sobre expression de leur difficulté. Du haut de son privilège de harangueur du JdeM.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 26 octobre 2020 14 h 01

      Concernant la notion de racisme systémique, je crois que nous avons manqué le coche l'un comme l'autre. Le désaccord ne vient pas d'une mauvaise compréhension du concept qu'on pourrait lever en remplaçant comme vous le faites un mot pour un autre, plus descriptif ou en évoquant directement les explications qu'en donnent ceux qui l'utilisent, mais bien plus radicalement sur la question de l'organisation socio-politique du territoire qui sert d'arrière-plan au fédéralisme canadien vs un indépendantisme plus républicain. Le refus de la notion est dans le sillage du nationalisme québécois.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 26 octobre 2020 14 h 08

      Sur votre dernier commentaire, votre suggestion est très raisonnable. Mais elle n'est que cela. Comme quand les parents invitent les enfants à baisser le ton et à accorder leurs accordéons. Devrait-on asseoir le gentil MBC avec madame Nicolas et les inviter à régler leurs désaccords? Honnêtement, je ne crois pas du tout qu'il veuille le faire autrement qu'en se donnant à nouveau raison, comme tant de commentateurs qui se régalent à droite depuis quelques jours déjà...

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 26 octobre 2020 14 h 26

      @Madame Paulette

      « ce sont bien des "allies" qui ont voté la loi sur le mariage gai, une question d'égalité que ces jeunes défient en ségrégationnant sur l'orientation sexuelle. »

      Ils auraient dû se contenter de dire merci et demander les instructions subséquentes pour toutes les questions de genre de la part de ceux qui détiennent les leviers du pouvoir et se magasinent simplement des appuis à gauche comme à droite? L'idée n'est pourtant pas non plus de dénoncer ces alliés. Ce qui est en cause, c'est le pouvoir que ces jeunes réclament de pouvoir exercer à partir de la compréhension qu'ils ont de ce qu'ils sont. Avec leurs mots plutôt que ceux dans lesquels on veut les formater. Comme ces féministes qui se prémunissent du mansplaining le plus généreux, tiens! Leur volontarisme peut bien être naïf et inutilement agressif (on le soupçonnerait aisément concernant l'étudiante qui s'est plainte). La question est des savoir si on veut ou pas les entendre. C'est pas si dangereux.

    • Hélène Paulette - Abonnée 26 octobre 2020 15 h 47

      Monsieur RMB vous interprétez mon commentaire à votre sauce qui n'est pas la mienne. Bien au fait des luttes états-uniennes depuis des décennies, je ferai remarquer que cette jeunesse, que l'on qualifie dans certains milieux universitaires progressistes de "know-nothing", n'a obtenu aucune réelle avancée, si on excepte la guerre des mots. Ils/elles se trompent malheureusement de combat, alors qu'il y a tant à faire mondialement. Ils/elles ont la fausse impression d'être à l'avant-garde alors que l'époque post-moderne n'est que le déclin du XXème...

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 26 octobre 2020 16 h 28

      En effet, votre sauce n'est pas la mienne. Peu importe : mon but n'était pas de vous contredire ou de contrefaire votre propos.

    • Marc Therrien - Abonné 26 octobre 2020 18 h 18

      Je ne sais pas si MBC situe le livre de Pierre Vallières parmi les grands essais de l’histoire du Québec. Les invités à TLMEP ont pourtant bien gentiment et calmement expliqué comment et pourquoi le titre en question était plutôt maladroit ou « pas fort » comme on dit par chez nous; de l’appropriation culturelle avant le temps, quoi.

      Marc Therrien

    • Raymond Labelle - Abonné 26 octobre 2020 19 h 33

      M. Desjardins, ce que je veux dire, c'est que l'exigence de mettre ou de ne pas mettre le mot "systémique" après racisme est de l'enfantillage pur et simple, que les enfants se réconcilient ou non. En ce que l'affirmation selon laquelle tout phénomène social (comme le racisme, la délinquance, la criminalité, la toxicomanie et plusieurs autres) relève à la fois du socio-historique collectif et de la responsabilité individuelle frise un truisme qu'aucune des parties n’oserait nier si on leur posait la question directement.

      Quant au fait de se battre pour exiger le mot "systémique" après le mot "racisme", c'est d'après moi une erreur que de la faire entrer dans le sillage de la question nationale québécoise. Il n'y a aucun lien nécessaire entre ces deux questions. On a le même (faux) débat en France ou aux États-Unis, par exemple.

      Il y a peut-être un lien non-nécessaire: l'impression que d'exiger de mettre le mot "systémique" après racisme est une sorte de Québec bashing où on nous traiterait encore de racistes mais, oh, un instant, les Québécois ne sont-ils pas les seuls habilités à déterminer s'ils ont raison de se sentir insultés ou pas? Les membres d'un groupe visé ne sont-ils pas les seuls qui ont la légitimité de déterminer si un tel usage des mots constitue une micro-agression? Et ce, sans même essayer de voir si un tel sentiment est bien fondé? Le sentiment subjectif ne suffit-il pas? Si c'est bon pour tous les autres groupes, pourquoi pas pour les Québécois?

      Ma position est que ce n'est pas bon pour aucun groupe, y compris ceux auxquels j'appartiens: toute affirmation devrait pouvoir être soumise à la critique et à l'argumentation de toutes et de tous. Trop facile de tourner en rond dans sa subjectivité, sans la frotter aux autres et au réel dans un échange de bonne foi.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 26 octobre 2020 22 h 02

      Justement, les truismes sont de plates évidences qui ne servent à rien, sinon à escamoter les réalités dont l'appréhension nous paraît trop compliquée pour rien. Surtout pour ceux qui comme nous n'avons pas tant besoin de les penser sinon pour le plaisir de mettre de l'ordre dans nos cervelles.

    • Raymond Labelle - Abonné 26 octobre 2020 22 h 51

      Quand l'un s'ostine comme si l'autre niait un truisme alors, qu'en réalité, il ne le nie pas, et inversement, c'est qu'on a de sérieux problèmes de communication ou d'entêtement. C'est ce qui se produit dans ce débat.

      Le truisme : tout phénomène social (comme le racisme, la délinquance, la criminalité, la toxicomanie et plusieurs autres) relève à la fois du socio-historique collectif et de la responsabilité individuelle

      Plus difficile de départager, trouver les intersections et les séparations entre les éléments, il est vrai, mais on sait qu'il y a des parts importantes de chacun des éléments (socio-historique collectif, d'une part, responsabilité invididuelle d'autre part) dans ces phénomènes.

    • Hélène Paulette - Abonnée 27 octobre 2020 02 h 07

      Monsieur Therrien, Nègres Blancs D'Amérique a été écrit dans une contexte que manifestement ces jeunes connaissent mal. D'Ailleurs on a beaucoup de mal de nos jours à remettre les choses en contexte comme si nous vivions dans l'intemporel... Nous étions très au fait de la lutte des droits civiques et de la montée des Black Panthers, qui n'étaient pas des terroristes, avaient des contacts avec les mouvements de libération un peu partout dans le monde et avec celui du Québec. Leur but premier était de donner une conscience politique aux africains américains. C'est exactement ce que le livre de vallières a contribué à faire au Québec, nous faire constater notre oppression Alors pour l'appropriation culturelle, on repassera. De tout ramener à des raccourcis censés tout expliquer ne remplace pas une véritable analyse et finit par tout compliquer.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 27 octobre 2020 10 h 02

      Je croyais que vous vouliez dire qu'il s'agissait d'un faux débat dès lors que chacun admettrait de bonne foi les évidences que vous énoncez. Mais de la même manière qu'on a rien réglé en astronomie en plaçant le Soleil au milieu du mouvement des astres, de la même manière, ce à quoi la notion de systémicité invite, c'est à sortir du plan stricgtement descriptif.

    • Raymond Labelle - Abonné 27 octobre 2020 13 h 48

      "Mais de la même manière qu'on a rien réglé en astronomie en plaçant le Soleil au milieu du mouvement des astres" RMD.

      Pour continuer avec la même analogie: c'est un peu comme si chacune deux personnes d'accord sur le fait que la Terre tourne autour du soleil accusait l'autre de ne pas le reconnaître.

  • Cyril Dionne - Abonné 26 octobre 2020 08 h 12

    Pour tous les fiers disciples de la, ô combien sainte, rectitude politique

    Lorsque rectitude rime avec certitude, on n’est pas sorti du bois. Pour tous les nouveaux curés de la nouvelle Inquisition de la censure maccarthyste qui se drapent de la toge de la supériorité morale retournent se coucher. C’est cela les sociétés riches; elles s’inventent des causes. Hier, c’était les changements climatiques. Aujourd’hui, le racisme, un phénomène basé sur le concept des races qui n’existe pas en biologie. On doit plutôt parler de discrimination qui n'a pas de couleur, de religion ou de croyances particulières. Curieusement, on n’entend aucun écho de ces problèmes venant des pays du tiers monde.

    En pleine pandémie, on cherche à se réinventer des valeurs qui existent déjà et à parler de tout et de rien. Quelle sera la nouvelle saveur du mois où on sera prêt encore à déchirer sa chemise? Lorsque Donald Trump sera réélu, et ceci, pour le meilleur ou pour le pire, vous verrez nos gauchistes à la cuillère d’argent dans la bouche pris dans un espace-temps et une dans une faille spatio-temporelle s’activer encore de plus bel. Et après tout ce déchirage de chemise, qu’est-ce qui aura changé à part des pubs socialement sensibles des multinationales pour nous vendre leur cochonnerie?

    Enfin, l’ancien joueur Afro-Américain de football des 49ers de San Francisco, Colin Kapernick, le premier à mettre son genou à terre, eh bien, il se cherche encore un emploi dans la NFL. Toutes les organisations de cette ligue écrivent toutes sortes de belles choses sur les chandails, les casques, dans les estrades etc., et pourtant, personne n’a pensé à l’engager comme quart-arrière de talent, qui est pourtant une denrée très rare dans ce sport. Les bottines ne suivent pas les babines dans ce cirque infernal de la publicité médiatique, du prêt-à-porter moralisateur et pour le mouvement Black Lives Matter Inc© subventionné par les milliardaires du 1%, GAFAM oblige.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 26 octobre 2020 10 h 48

      Allez donc dire aux personnes racisées que tout comme leur race, leur racisation n'existe pas. Cela va les en guérir.

    • Cyril Dionne - Abonné 26 octobre 2020 12 h 05

      @ Desjardins

      Qu'est-ce que vous pensez que je fais en écrivant commentaire? Et aucune citation de philosophe mort et enterré n'a été utilisée dans ce petit commentaire.

    • Hélène Paulette - Abonnée 26 octobre 2020 12 h 07

      "Racisées"? Comme dans "frog" ou Pea Soup" monsieur RMD? Allez donc passer quelques temps dans le ROC pour en prendre la mesure. J'y étais il n'y a pas si longtemps!

    • Jean-Charles Morin - Abonné 26 octobre 2020 12 h 16

      "Allez donc dire aux personnes racisées que tout comme leur race, leur racisation n'existe pas. Cela va les en guérir." - RMD

      Vous avez raison Monsieur Desjardins: dans le monde qui émerge devant nous, les "aides-soignants" qui se réclament de la rationalité comme Monsieur Dionne n'ont aucune chance. La maladie à traiter n'existe pas mais pourtant la blessure est bien là, qui ne veut pas guérir. Comme au beau temps des religions, trop de gens, à gauche comme à droite, croient encore en des choses qui n'existent pas au point de régler leur vie sur elles. Sans parler des vérités alternatives et des réseaux sociaux qui entretiennent la haine et la bêtise. André Malraux n'a-t-il pas dit: "le prochain siècle sera religieux ou ne sera pas."

      Déclaration prophétique, s'il en est.

    • Françoise Labelle - Abonnée 26 octobre 2020 13 h 45

      M.Morin,

      Dans une interview pour Le Point du 10 décembre 1975 Malraux déclare :
      « On m’a fait dire que le XXIe siècle sera religieux. Je n’ai jamais dit cela, bien entendu, car je n’en sais rien. Ce que je dis est plus incertain. Je n’exclus pas la possibilité d’un événement spirituel à l’échelle planétaire ».

      «La fameuse phrase selon laquelle « le XXIe siècle sera religieux [ou spirituel, ou mystique] ou ne sera pas », est très présente dans l’esprit des gens, et trouve un écho dans différents milieux. Cette citation que l’on attribue à Malraux est paraphrasée, détournée ou déformée.
      La paternité de ce bon mot est remise en question régulièrement , alors qui croire ?

      Aucun écrit de Malraux ne comprend cette citation.»
      «Qui a dit ? Le XXIème siècle sera spirituel ou ne sera pas» Dico-citations, Le Monde

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 26 octobre 2020 14 h 12

      Madame Paulette, je ne vois pas bien en quoi cela serait une objection à mes propos.

    • Marc Therrien - Abonné 26 octobre 2020 18 h 30

      En tout cas, il est manifeste que vous ne souffrez pas de ce que l’auteur de ce texte expose. Je ne sais pas cependant si votre « incorrectitude » jubilatoire transcende vers la joie.

      Marc Therrien

    • Jean-Charles Morin - Abonné 26 octobre 2020 23 h 30

      @Françoise Labelle

      Je n'ai jamais vraiment aimé Malraux mais je l'admirais pour cette citation. Vous venez de "péter ma balloune". Ainsi je n'ai plus aucune raison d'aimer Malraux. Dommage pour le pauvre homme qui vient de perdre une plume.

      De toute manière cela n'enlève rien à la citation qui reste tout autant prophétique, quel qu'en soit le véritable auteur.

    • Raymond Labelle - Abonné 27 octobre 2020 05 h 19

      " (...) le racisme, un phénomène basé sur le concept des races qui n’existe pas en biologie. On doit plutôt parler de discrimination qui n'a pas de couleur, de religion ou de croyances particulières". CD

      L'un des éléments essentiels du racisme est de supposer l'existence des races, quand bien même cette supposition serait erronée. Même si les races n'existent pas, on peut subir de la discrimination basée sur le fait que l'on nous en attribue une. Le sens de "racisé" est "s'étant fait attribuer une race". C'est précisément la raison pour laquelle certains préfèrent dire "racisé" pour désigner des personnes subissant du racisme plutôt que d'utiliser un terme qui pourrait impliquer une reconnaissance du concept de race, comme noir ou jaune par exemple.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 27 octobre 2020 10 h 19

      Bien vu, monsieur Labelle. Je ne suis pourtant pas sûr que la distinction lui échappe. Le problème, c'est que dans le souci de ne pas essentialiser la race et de traiter les discriminations comme affectant les personnes, il réclame pour celles-ci une égalité de traitement qui fait fi de l'inégalité des causes. De la même manière que les femmes sont les égales des hommes, en principe, en vertu de leur commune appartenance au genre humain, elles ne le sont toujours pas dans les faits. Le reconnaître ne constitue pas une essentialisation de la féminité qui la placerait en marge de l'humanité, au-dessus, dessous ou à côté, mais tout au contraire le passage obligé pour surmonter celle-ci sans que cela soit par la simple annulation de leur spécificité. Pas plus que les femmes doivent devenir on of the boys, pas plus les personnes racisées n'ont à se plier aux conditions de ceux et celles qui définieraient les conditions de leur émancipation en faisant disparaître... ce qui fait problème dans cette différence.

    • Raymond Labelle - Abonné 27 octobre 2020 18 h 05

      "(...) il réclame pour celles-ci une égalité de traitement qui fait fi de l'inégalité des causes." RMD.

      Il faudrait le lui demander - il mentionne, avec raison, que les races n'existent pas. Mais les autres causes de discrimination existent: les religions existent, les orientations sexuelles existent, les handicaps existent, etc. La discrimination fondée sur une cause inexistante est assez unique à la discrimination basée sur la perception des races.

      Une question à approfondir: au début des revendications anti-discrimination des personnes qui subissaient de la discrimination (de toutes sortes) demandaient à ne pas être traitées différemment (de manière désavantageuse) à cause de leur spécificité puis, avec le temps, on s'est mis à insister sur cette spécifiicité, ce qui peut sembler (je dis bien "sembler") paradoxal.

  • Daphnee Geoffrion - Abonnée 26 octobre 2020 08 h 13

    Les plaingnantes ne sont pas noires

    Les plaingnantes ne sont pas noires, c'est tout dire.

    Elles ont pris au piège cette enseignante et elles refusent aujourd'hui de donner des entrevues, vraiment lâche.

    Si j'étais noir je serais fâché de cette situation dans laquelle au final aucun noir n'est impliqué, on se plaint en leur nom, on parle en leur nom et les médias ignorent plusieurs de leur intervenant donc le président de la fédération des noires du Qc qui est contre la suspension de l'enseignante.

    On ne laisse que les Emilie Nicolas de ce monde parler en leur nom souvent en les infantilisant, sans grand contre poid.

    Bonne chance à la communauté noir, même dans la dénonciation des injustices auxquelles ils font face, on semble abuser de leur silence et de leur bonté.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 26 octobre 2020 10 h 51

      Si j'étais noire, voici ce que je dirais en leur nom !
      Savoureux.

    • Léonce Naud - Abonné 26 octobre 2020 14 h 30

      Émilie Nicolas n'est pas Noire mais Métisse, c'est-à-dire à moitié Blanche.

    • Marc Therrien - Abonné 26 octobre 2020 18 h 03

      Imaginons alors que dans le pire scénario la plainte de l’étudiante n’ait pas grand-chose à voir avec la « cause », mais avec toute autre chose du cœur que la raison ignore.

      Marc Therrien

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 26 octobre 2020 22 h 10

      C'est bien cela, monsieur Naud : même pas une vraie négresse pure sang et elle fait comme si elle était vraiment concernée.

  • Michel Edmond - Inscrit 26 octobre 2020 09 h 22

    La parfaite bêtise heureuse

    « On devrait réaliser que, ce faisant, on exige une rectitude, voire une perfection... »

    Recherche de perfection, dites-vous.

    Dans le cas de l'Université d'Ottawa comme dans d'autres, nous sommes davantage dans le registre de la vindicte haineuse, de l'intolérance violente : des sommets de bêtises moralisatrices.

    Ces militants dénonciateurs baignent dans une culture de fière moraline qu'ils comblent par des règlements de compte perfides et brutaux. On sabre la réputation de certains avec la fierté de ceux qui, jadis, promenaient des têtes ennemies au bout de piques en guise de trophée guerrier...

    «L’homme n’est ni ange ni bête, et le malheur veut que qui veut faire l’ange fait la bête.» Pascal

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 26 octobre 2020 10 h 55

      La bêtise existe et il ne serait pas du tout étonnant que la dénonciation de cette enseignante et la réaction du recteur en soient des exemples désolants. Mais son instrumentalisation aussi. Il n'y a qu'à voir avec quel entrain les détracteurs des idées progressistes s'en sont emparés pour discréditer celles-ci.

    • Marc Therrien - Abonné 26 octobre 2020 17 h 48

      On pourrait ainsi reformuler une phrase de sagesse populaire en écrivant qu’on a toujours besoin d’un plus bête que soi. Ça aide à ragaillardir l’estime de soi.

      Marc Therrien

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 26 octobre 2020 22 h 06

      On pourrait ajouter que la nature fait bien les choses : plus on est bête, moins on se rend compte de la difficulté de trouver réellement plus bête que soi.

  • André Labelle - Abonné 26 octobre 2020 12 h 53

    FRILOSITÉ, PEUR OU HYPOCRISIE ?

    Je ne sais pas trop comment nommer ce que j'entends ou ce que je lis dans les médias.
    Toutes les opinions sur le sujet sont présentes mais presque jamais les commentateurs, patentés ou non n'osent utiliser le fameux mot qui commence par N : nègre !
    Est-ce qu’un jour le mot « esclave » subira également cette tentative de mise à l’index ?
    Il y a quelques années la rectitude a interdit d'utiliser le mot « handicapé ». Pour en parler la périphrase était : personne vivant une situation d'handicape.
    Nous en sommes rendus là avec le terme nègre. Pourtant dans une récente publicité de l'Office des Personnes Handicapées on dit : « Embauchez une personne handicapée ! » Autre temps autre mœurs !
    Je me demande même si mon commentaire sera publié. Si j’ai raison, il y a de fortes chances qu’il ne le soit pas …

    • Sylvio Le Blanc - Abonné 26 octobre 2020 14 h 25

      M. André Labelle, si votre commentaire n'avait pas été publié, il aurait fallu déposer une plainte en bonne et due forme à la direction du journal.

    • Marc Therrien - Abonné 26 octobre 2020 17 h 56

      Vous savez, M. Labelle, on aurait quand même compris votre propos. Que pensez-vous avoir apporté à la discussion en écrivant deux fois ce fameux mot que les « commentateurs, patentés ou non n'osent utiliser »?

      Marc Therrien

    • Jean Thibaudeau - Abonné 27 octobre 2020 06 h 39

      Et vous, M. Therrien, que pensez-vous apporter en critiquant l'utilisation parfaitement légitime (et toujours légale, à ce que je sache) d'un mot du dictionnaire?

    • Marc Therrien - Abonné 27 octobre 2020 12 h 55

      M. Thibaudeau,

      Je sais que je ne connais pas tous les mots du dictionnaire et donc, que je ne les utilise pas tous. J'ai répondu à M. Labelle en utlisant l'ellipse. Et je sais que l'ellipse est un procéde de communication qui n'est pas nécessairement relié à la censure ou à l'auto-censure. Simple question d'apport de variété dans le style.

      Marc Therrien