Indiens instruits, guerriers redoutés des dirigeants, à vos armes!

Dans la foulée du mouvement #JusticePourJoyce, Samian a devancé la sortie de son nouveau clip Génocide, prévue pour 2021. Dans cette dénonciation, ça dit : « Nos dirigeants veulent des Indiens inscrits, car ils ont peur des Indiens instruits ». Dans ce grand cri du cœur, l’étudiante métisse que je suis a entendu son appel aux armes.

Cet automne, on compte dix étudiants autochtones au cégep régional de Lanaudière à Joliette. Je suis l’une d’entre eux. Avec un peu de chance, sur les dix étudiants, un ira à l’université et un autre ressortira du cégep avec un diplôme. « L’inégalité d’accès et de réussite scolaires entre les Autochtones et les allochtones, clairement présente tout au long du cursus scolaire, est particulièrement marquée aux études collégiales et universitaires » (Statistique Canada, 2013). Encore en 2020, les étudiants autochtones sont sous représentés et sous-accompagnés lorsqu’ils finissent par accéder aux études postsecondaires. C’est à croire que c’est dangereux de laisser un Autochtone s’instruire.

Trop peu nombreux, il est de notre devoir, étudiantes et étudiants autochtones, de nous retrousser les manches, de nous entraider et surtout de persévérer.

C’est avec ce que nous apprenons que nous pourrons nous faire valoir en tant que peuple, que nous pourrons transmettre notre histoire et notre culture. Ils ont peur de notre courage et de notre détermination, mais servons-nous-en pour faire un monde meilleur. On ne peut réécrire l’Histoire, mais on peut inventer la suite. À nous de faire l’Art, la musique, la litté-rature ou encore la poésie, pour nos générations futures.

13 commentaires
  • Denis Drapeau - Abonné 17 octobre 2020 08 h 11

    Nous contre tous, paranoïons.

    «C’est à croire que c’est dangereux de laisser un Autochtone s’instruire.»
    «Ils ont peur de notre courage et de notre détermination, ...) Ils = allochtones

    C'est quoi se charabia parano qui voit les allochtones comme des ennemis de l'instruction des autochtones . Faudrait peut être élaborer un peu avant de tirer cette conclusion. Se pourrait-il que la Loi sur les indiens, qui favorise l'exclusion des autochtones et défavorise tous éléments d'intégration telle que l'éducation, ne soit la principale cause de cette difficulté à s'intruire, de cette dévalorisation de l'éducation chez les autochtones ?

    Si tel était le cas, les ennemis ne sont pas l'ensemble des citoyens allochtones mais le gouvernement fédéral. Car s'il y a au moins un consensus autour du concepte flou de "racisme systémique" c'est bien cette loi ignoble qui en est l'exemple incontesté. Or, je n'entends pas les autochtones revendiquer son abolition ni d'ailleurs les entichés de rédemption qui suplient M. Legault de reconnaitre ce concept. Ce pourrait-il que cette attachement innexplicable à cette loi soit la principale cause des maux que vous évoquez ?

    C'est fou ce que la culture de victimisation peut faire pour nous empêcher de voir nos propres travers et accuser l'autre de tous nos malheurs, par ailleurs réels. Faudrait un jour nous expliquer pourquoi les autochtones tiennent tant à cette loi. Serais-ce une question bassement mercantile ? Je ne peut croire !

  • Cyril Dionne - Abonné 17 octobre 2020 08 h 28

    « On n’est curieux qu'à proportion qu'on est instruit » Jean-Jacques Rousseau

    Bon, pour commencer, personne ne veut empêcher un autochtone de s’instruire. C’est tout le contraire. Toutes les opportunités sont présentes pour qu’il fasse des études postsecondaires.

    Ceci dit, Samian est contre les réserves, sujet qu’il a abondamment expliqué à plusieurs reprises. Il l'a répété dans un article du Devoir : « Les réserves sont des États politiques sous la tutelle du gouvernement. Elles ont été fondées pour isoler les Autochtones, pour tuer l’Indien dans l’homme ». Il préconise que les autochtones quittent leurs réserves, les prisons à ciel ouvert pour s’émanciper du joug ségrégationniste et d’apartheid du gouvernement fédéral et de sa loi raciste sur les Indiens.

    C’est triste d’entendre que sur 10 étudiants autochtones au cégep régional de Lanaudière à Joliette, on pense que seulement un ira peut-être à l’université et un autre sortira avec un diplôme de cégep. Clarifions la situation; les cégeps sont reconnus comme des écoles secondaires partout au Canada. Pour aller à l’université, pour plusieurs programmes, les prérequis n'existent pas. Ce qui est sous-entendu ici, c’est l’échec complet du système éducatif autochtone.

    C’est facile de dire que selon Statistique Canada, les étudiants autochtones sont sous représentés et sous-accompagnés lorsqu’ils finissent par accéder aux études postsecondaires. Moi, ce sont ces statistiques qui retiennent mon attention; le revenu médian des membres des autochtones vivant hors réserve est d'environ 22 500 $, comparativement à un peu plus de 14 000 $ pour ceux qui vivent dans une réserve. Jamais on ne parle de culture parce qu’on le sait bien, l’école n’est pas le sujet le plus important pour les autochtones. Pour l’accompagnement, misère, lorsque vous faites des études postsecondaires, vous devez être autonome.

    Désolé, si on pense seulement s’instruire pour faire de l’art, de la musique, de la littérature ou de la poésie, je pense que vous n’avez rien compris, 4e révolution industrielle oblige.

  • Anne-Marie Allaire - Abonnée 17 octobre 2020 08 h 33

    Devenez aussi historiens

    L'éducation est essentielle a la liberté. Devenez avocats pour défendre vos droits, devenez historiens pour changer enfin les livres, devenez médecins ou infirmiers pour soigner, devenez poètes pour répandre vos cultures. Je vous le souhaite et merci pour le témoignage.

    • Léonce Naud - Abonné 17 octobre 2020 12 h 54

      Mme Allaire : changer les livres? Lisez d'abord les quatre tomes d'Iroquoisie, par Léo-Paul Desrosiers (Ed. Septentrion, 1998) et dites-nous en des nouvelles!

    • Bernard Terreault - Abonné 17 octobre 2020 13 h 14

      Devenez aussi ingénieur(e)s, comptables, architectes, industriel(le)s, électricien(ne)s, technicien(ne)s, toutes professions payantes et créatrices d'autres emplois !

  • Claude Saint-Jarre - Abonné 17 octobre 2020 09 h 16

    L'instruction

    Kwe!
    Bienvenue dans le monde de l'instructioin!
    Maintenir un équilibre entre la main, le clerveau et le coeur, tout un défi.La lculture intellectuelle, spirituelle ne doit pas délaisser la culture des outils.
    Célébrer les intelligences multiples, l'apprendre à penser, à apprendre, l'efficience cognitive.
    Megwesh!

    • Claude Saint-Jarre - Abonné 17 octobre 2020 09 h 19

      ps: j'ai entendu des étudiants universitaires Attikameks, l'an dernier, dire que la langue Attikamek est beaucoup reliée à la forêt. C'est pourquoi j'aimerais l'apprendre mais je ne trouve pas de professeur-e malheureusement.

  • Alain Roy - Abonné 17 octobre 2020 09 h 46

    Bravo Marie-Pier

    Les deux derniers paragraphes de votre lettre sont excellents et porteurs pour l'avenir. Le renouveau culturel est le ferment de la prise de conscience collective qui, à son tour, nourrit la reprise en main d'une communauté. D'autant plus que la solidarité, l'entraide et la persévérance sont la base des communautés autochtones. C'est d'ailleurs ce que les allochtones québécois francophones font depuis les soixante dernières années. Bonne chance Mme Beaunoyer.

    • Cyril Dionne - Abonné 18 octobre 2020 09 h 49

      Oui pour la prise de conscience collective pour se retrousser les manches, de s'entraider et surtout de persévérer M. Roy, mais ce n'est pas ce qu'on constate présentement. Les paroles sont toujours faciles, mais vous êtes jugés par vos actions. Je ne vois aucune différence aujourd’hui avec plus de 30 ans passés. Ceci dit, je les ai côtoyé dans les institutions postsecondaires très brièvement (ils ne pouvaient pas suivre) et j’ai enseigné à des enfants autochtones venant des réserves avec ceux qui vivaient avec nous en ville au 21e siècle.

      Ceci dit, je ne vois aucun changement en ce qui concerne les autochtones et leur conscience collective vis-à-vis l’éducation, cet enjeu qui est primordial afin de se sortir de ce marasque socioéconomique qui perdure depuis la nuit des temps. Surtout, ce n’est pas en vivant sur des réserves ou l’espoir, cette denrée rare, a longtemps quitté ces emplacements ségrégationnistes basés sur la race.

      Vous savez, votre langue et culture, vous la portez au sein de votre être le plus profond. Nul besoin de le crier tout haut, votre façon d’être en communauté avec les autres est garant de la vitalité de celles-ci. Et si vous voulez vous épanouir, c’est en devenant encore plus compétents que les autres et ceci, dans tous les domaines. Ce n’est pas en restant cloîtré dans un apartheid sans nom qui nous rappelle celui des Afrikaners qui vous allez vous émanciper.

      Oui, regardez l’exemple de Samian et de ce qu’il pense des réserves : « Les réserves, ce sont des prisons à ciel ouvert. Les gens y sont comme des prisonniers politiques. » Ce n’est pas en étant contaminé par cette terrible maladie sociale, la « victimite » en blâmant tout le monde comme dans le cas de Michaël Chicoine à Wendake que vous allez progresser. Celui-ci souffrait de problèmes mentaux et on s’est empressé de dire qu’il n’avait reçu aucun soin alors que c’était un mensonge. Il avait refusé les services et sa famille ne l’a pas encadré pour qu’il en reçoive.