Le prix de l’aide aux entreprises privées

Commentaire à la suite de la lecture de l’article : « Ottawa ne doit pas laisser l’industrie du transport aérien s’écraser. »

Il n’est pas étonnant présentement de voir les entreprises privées, mises à mal par la pandémie, réclamer l’aide des gouvernements pour y faire face. J’ose espérer que l’aide gouvernementale qui a été ou qui sera donnée tient compte des quelques éléments suivants :

Les entreprises privées ont comme principal souci la recherche de rentabilité et de profits pour leurs dirigeants et actionnaires ;

Elles n’ont aucune obligation de préserver des emplois et la mise à pied de travailleurs fait souvent partie des stratégies de rentabilité comme on le voit présentement ;

Les sommes versées à ces entreprises par le gouvernement proviennent essentiellement de la poche des citoyens ;

Ces entreprises n’ont aucune obligation de tenir compte des besoins de ces mêmes citoyens ;

Quand les choses vont bien, les services aux consommateurs peuvent être tout de même réduits et les prix à la hausse comme j’ai pu le constater à de nombreuses reprises, notamment dans le secteur du transport aérien.

Bref, j’ose espérer que les divers ordres de gouvernement se rappelleront que l’argent dont ils sont les gestionnaires provient en grande partie des taxes et impôts versés par les citoyens et que ces mêmes citoyens n’ont pas droit à une part des profits lorsque les entreprises privées en encaissent.

4 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 16 octobre 2020 00 h 57

    Pas de subventions sans conditions.

    Bravo et félicitations, madame Danielle Chanion, d'avoir le courage de contester les subventions éternelles aux compagnies aériennes qui n'ont jamais pris en compte le bienêtre des voyageurs. L'arrogance surtout d'Air Canada est proverbiale.
    Oui, vous avez raison, si jamais le gouvernement fédéral décide de les subventionner, il faudrait le faire avec des conditions et des contraintes avec lesquelles elles doivent vivre. C'est la responsabilité envers les citoyens qu'elles doivent observer d'abord, avant leurs actionnaires et leurs PDG.

  • Claude Bariteau - Abonné 16 octobre 2020 08 h 31

    Mme Chagnon, je partage votre lecture politico-économique.

    Dans le dossier des entreprises aérospatiales, il y a une réalité sous-jaente qui l'explique. Le Québec n'a pas d'aviation commerciale ou militaire. Par contre, à la suite d'investissments du gouvernement du Québec, une industrie aérospatiale s'est développée et plusieurs entreprises sont devenues des chefs de file mondiaux dans les produits qu’elles fabriquent au Québec : Airbus, Bombardier, Bell Hélicoptère Textron, CAE dans les simulateurs de vol et la formation et Pratt & Whitney Canada dans les moteurs pour avions et hélicoptères. Aussi Montréal figure parmi les grands centres aérospatiaux internationaux notamment Seattle et Toulouse.

    C'est une réalité qui explique peut-être le peu d'intérêt du Canada de s'intéresser à l'industrie aérospatiale dans la crise de la pandémie (2% au total à date alors qu'en France et aux États-Unis il est de plus de 30%) et que les grands transporteurs canadiens (AIr Canada et Westjet) coupent les services dans les régions alors que ceux-ci sont le prolongement de services routiers.

    Que fait le Québec ? Il réfléchit parce qu'il n'a jamais pensé son industrie aérospatiale en fonction des services à développer au Québec, mais plutôt pour un univers international, la création d'emplois et la réalisation de gains poour des firmes internationales et des PMe du Québec.

  • Jean-François Trottier - Abonné 16 octobre 2020 09 h 48

    Analyse bancale et bâclée

    Tout gouvernement, sauf ceux qui répriment les initiatives de leurs citoyens, est issu de l'existence-même de ces initiatives depuis l'invention du berceau jusqu'à celle du téléphone personnel.

    Sans initiative, pas de commerce, pas de taxe, pas de services publics... Sauf chez les gouvernements répressifs cités plus haut, qui croient pouvoir tout contrôler, ces idiots paranoïaques!

    Chez ceux-ci , le profit est un mal.
    Pour les salaires indécents des dirigeants, d'accord. Mais les actionnaires, ben, c'est vous et moi. Des millions de travailleurs qui ont utilisé les REER pour faire autre chose que végéter à partir d'un certain âge.
    Facile d'accuser le privé. Encore plus facile d'accuser la machine gouvermentale comme l'a fait Friedman. L'un et l'autre sont stupides.

    Je suis un peu écoeuré de démolir le grossier populisme marxiste tel que lu ci-haut.

    Aussi je vais plutôt apporter quelques idées un peu plus constructives :
    - Un gouvernement ne devrait pas donner de subventions, mais soit acheter des actions votantes (à la condition expresse de ne pas être majoritaire), soit acheter des obligations de la compagnie.
    - Il doit laisser les décisions au privé, sauf quand il s'agit de compagnies qui créent des produits essentiels. Dans ce cas, l'étatisation (majorité d'actions au gouvernement) est discutable mais certainement pas automatique.
    - La loi sur les compagnies publiques doit être modifiée pour ne plus les obliger à faire du profit par tous les moyens légaux, ce qui je l'espère permettra un développement plus pérenne plutôt qu'un profit à court terme. Ça laisse aux compagnies le choix de leur mission économique, sans forcément devenir un OBNL dont la mission est trop restrictive.
    - La plupart des compagnies ne devrait pas pouvoir déclarer de dépenses publicitaires avant impôt... ce qui suppose un réaménagement complet des médias et des événerments artistiques. Maux de tête à l'horizon.

  • Luc Le Blanc - Abonné 16 octobre 2020 09 h 55

    L'essence même des PPPP

    Profits privés, pertes publiques