Mouvement contre le sexisme

Nous savons tous que l’égalité hommes- femmes n’a pas toujours été respectée, mais qu’elle est super importante. Certains jeunes ont lancé un mouvement qui dénonce le sexisme et la discrimination. Dans des écoles secondaires, les garçons ont commencé à porter les jupes de l’uniforme des filles afin de montrer à la société qu’il ne devrait pas y avoir de différence entre un garçon qui porte une jupe et une fille qui porte une jupe. Ce n’est pas seulement un mouvement, mais une façon de nous révolter contre les mentalités de la société.

J’ai voulu écrire ici pour permettre à ce mouvement d’atteindre plus de personnes. Les réseaux sociaux, comme Instagram, rejoignent plus de jeunes, mais je trouvais très important que les adultes puissent lire et comprendre notre situation. Nous, les filles, nous grandissons en nous faisant dire de faire attention le soir et de faire attention à la façon dont on s’habille pour sortir. Certains disent même que c’était aux filles de ne pas porter de jupes courtes ou de décolletés si elles ne voulaient pas se faire agresser ou violer. C’est incroyable de penser qu’en 2020, on se fasse encore dire, au secondaire, que notre jupe est trop courte si elle est plus que trois doigts au-dessus du genou et que c’est inapproprié. Pourtant, lorsqu’on a fait le mouvement à mon école, aucun garçon ne s’est fait avertir alors qu’ils avaient des jupes plus courtes que les nôtres.

J’espère qu’un jour, toutes les femmes vont pouvoir aller marcher seules le soir sans avoir peur, sans craindre de se faire harceler ou agresser par un homme. Nous apprenons aux jeunes filles ce qu’elles doivent faire si elles sont suivies dans la rue ou afin d’éviter de se faire regarder de travers. Mais nous devrions mettre plus de temps et d’efforts afin d’enseigner aux garçons comment traiter les filles. À 16 ans, je rêve du jour où cette égalité hommes- femmes va être respectée partout dans le monde, mais est-ce vraiment normal qu’à mon âge, je sois si inquiète de cette situation ? La plupart des femmes ont déjà vécu une sorte de harcèlement, et il est temps que ça cesse.

Ce mouvement n’est pas un concours de popularité, et les garçons ne font pas seulement que suivre les autres, ils font plutôt ça pour nous, les filles, afin que la société change et qu’on puisse un jour pouvoir sortir en jupe courte et en camisole à 30 degrés dehors sans risquer de se faire regarder. Nous devrions concentrer nos efforts à éduquer les garçons au lieu de montrer aux filles à se défendre. Nous devons transmettre ce message afin que la société évolue.

12 commentaires
  • Jean Thibaudeau - Abonné 10 octobre 2020 07 h 22

    Chère Emma,

    Je te comprends très bien d'espérer "qu’un jour, toutes les femmes vont pouvoir aller marcher seules le soir sans avoir peur, sans craindre de se faire harceler ou agresser par un homme". Je partage moi-même entièrement ce vœu.

    En même temps, je valorise par-dessus tout la lucidité et le réalisme. Ce temps n'est pas encore venu, et en fait, n'a jamais eu lieu depuis les débuts de l'Histoire de l'humanité. Il ne suffit pas de le vouloir ou de le désirer pour qu'il advienne. Ce qui ne veut pas dire que tu as tort, ainsi que tes collègues des deux sexes, de manifester pour que les choses changent : bien au contraire!

    Si tu étais ma fille, mon premier souci serait de te conseiller de façon à maximiser les chances, d'abord et avant tout, d'éviter que tu sois victime d'une agression et que j'aie à te ramasser à la petite cuiller pour le reste de ta vie. J'aurais beau t'assurer que, si cela t'arrivait, le tort serait à 100% du côté de ton agresseur à mes yeux, qu'elles que soient les circonstances, le dommage serait quand même fait, et j'en serais profondément malheureux.

    Bien sûr, l'habillement ne confère de garantie ni d'être agressée, ni de ne pas l'être. Ce n'est qu'un facteur parmi bien d'autres. Mais il peut, hélas, objectivement jouer un rôle.

    Un dernier mot. Méfie-toi de l'adulation (trop) répandue dans la société par rapport aux droits et libertés individuelles. Outre qu'ils ne doivent pas pousser à une témérité inconsciente, il faut aussi garder en vue que personne ne peut vivre au milieu de millions d'humains comme sur une île déserte. Il existe beaucoup d'avantages à vivre en société, mais cela entraîne aussi, en contrepartie, beaucoup de responsabilités de la part de chacun pour le bien commun de tous. Tout est une question d'équilibre.

    Je te souhaite de trouver au mieux cet équilibre pour toi et le meilleur pour la suite de ta vie.

  • Daphnee Geoffrion - Abonnée 10 octobre 2020 07 h 34

    Je suis d'accord, mais les jeunes collégiennes qui retournent trois fois la jupe au niveau de la taille afin qu'elle soit très courte, devrais se demander, pourquoi elle ressente ce besoin ?

    J'aimerais bien entendre les réponses...

  • Paul Gagnon - Inscrit 10 octobre 2020 09 h 48

    L'intoxication idéologique

    commence de plus en plus tôt.
    Bientôt dans une maternelle près de chez-vous...

  • Marc Dufour - Abonné 10 octobre 2020 09 h 48

    Évolution ?

    J'ai une étrange impression à la lecture de ce texte.

    Que l'on doit mieux éduquer les jeunes garçons à respecter les filles. Tout à fait. Que l'égalité homme femme soit une réalité. Tout à fait. Que plus aucune femme ne devrait avoir à se sentir menacée de marcher seule la nuit. Évidemment! Mais pourquoi derrière ces écrans vertueux de féminisme ai-je l'impression que le seul motif de ce mouvement est de permettre de porter la jupe encore plus courte?

    • Daphnee Geoffrion - Abonnée 10 octobre 2020 13 h 32

      Vous avez raison, au fond elles devraient avoir l'honnêté de dire qu'elles veulent pouvoir provoquer mais sans conséquence.
      Ce qui est parfaitement légitime...

    • Claudette Bertrand - Abonnée 10 octobre 2020 19 h 17

      Provoquer....sans conséquences!!! à quoi bon provoquer alors?

    • Daphnee Geoffrion - Abonnée 11 octobre 2020 08 h 03

      À Mme.Bertrand,

      Elles sont sous l'influence de starlette et d'influenceuse qui ont développées l'art d'attiser le désir des hommes pour booster leur popularité.

      L'autre extrême du port du voile, elles réclament le droit d'avoir une apparence hautement sexuelle, parfois pornographique mais sans ce faire aggresser.

      En sont elles conscientes? Je ne sais pas..

      Alors beaucoup d'éducation à faire...misère.

    • Jean Thibaudeau - Abonné 11 octobre 2020 08 h 29

      Marc Dufour
      Daphnee Geoffrion
      Claudette Bertrand

      Je trouve que le mot "provoquer", ici, est inutilement péjoratif, voire moralisateur. Il est plus juste de parler de séduction, au sens large, ce à quoi la publicité invite sans arrêt tous les segments de la population.

      Que les adolescent(e)s cherchent à tester leur pouvoir de séduction fait partie de la normalité du développement de l'identité. Que chercher à séduire ne constitue pas une invitation à passer à quel qu'acte que ce soit devrait être implicite pour tous (Mais c'est loin d'être le cas, hélas!). Encore moins une justification à agresser.

      Ceci dit, les institutions scolaires qui cherchent à imposer des normes (vestimentaires, entre autres) ont un argument fort de leur côté. La vocation première des écoles n'est pas de servir de lieu pour tester son pouvoir de séduction, ni de pousser les limites de sa liberté individuelle.

      La vraie question n'est pas d'établir à quelle hauteur de jupe finit la décense ou d'imposer une morale sexuelle quelconque. C'est de passer le message qu'en société, il est essentiel d'accepter qu'il doive y avoir des normes pour le fonctionnement le plus harmonieux de millions d'individus regroupés dans un espace géographique restreint. Les jeunes n'entendent pas ce message souvent : leurs parents n'en ayant plus que pour les droits et libertés individuels.

    • Daphnee Geoffrion - Abonnée 11 octobre 2020 10 h 11

      À M.Thibaudeau,

      Oui il est normal de vouloir tester son pouvoir de séduction et évidemment que je suis contre l'idée que c'est une porte ouverte à une agression, même verbale.

      Parcontre, on séduit avec sa personnalité, son charme, à la limite sa beauté, d'où l'importance de l'éducation.

      Ces jeune femme doivent simplement assumer qu'elles s'exposent par choix et qu'elles refusent de porter la responsabilté si une agression devait se produire, et je suis entièrement d'accord.

      Pour avoir étudiée en design de mode je vous dirais que le choix de nos vêtements est rarement anodin et en dit beaucoup plus sur nous qu'on le pense.

      Mais je suis entièrement d'accord, sexy ou non, pas touche et on se la ferme les mecs, mais elles doivent comprendre que la longueur de leur jupe est souvent proportionnelle à la confiance qu'elles ont de séduire sans cette courte jupe.

      Ca c'est triste et c'est la que je préfèrerais éduquer plutôt que de les inviter à continuer à rouler leur jupe dans un milieu d'éducation, car il y a un endroit et une place pour chaque chose et l'école n'est pas un endroit pour développer son potentiel de séduction sexuel.

      Je suis plutôt contre les écoles secondaires mixtes, je pense que les garcons sont les grand perdant, ils évoluent dans une structure féminine au niveau de la discipline et biologiquement ils ont trop de testo et aucune expérience pour faire face à des phénomènes qui nuisent à leur concentration scolaire.

      Quand j'étais jeune c'était le j string, les filles le sortaient exprès en classe, imaginez le pauvre ado encore vierge assis en arrière de la fille tentant de se concentrer sur la matière!!

      Ha, par chance c'est un sujet léger, je souhaite sincèremenr à tout ce beau monde le meilleur, il faut juste en parler plus ouvertement, sans tabou.

  • Alain Roy - Abonné 10 octobre 2020 10 h 02

    Bravo

    Bravo Emma, votre message est claire et votre lutte est juste. Hélas, le progrès n'est pas une courbe ascendante continue, mais une course à obstacles en montagnes russes. L'égalité et le respect de la personne sont un idéal toujours d'actualité, malgré plusieurs acquis dans les lois et les institutions. Vous dites que ce que vous dénoncez n'a plus sa place en 2020, mais vos parents, grands-parents, bref les générations X et boomers qui avaient à coeur le même idéal que vous ont dit la même chose, en 1970, 1980, 1990...
    Alors lachez pas Emma, d'autant plus que vos collègues masculins semblent vouloir emboîter le pas, ce qui est de bonne augure.
    Bone chance.