À quoi joue François Legault?

On a appris que François Legault soutiendra l’agrandissement du collège Dawson comme projet prioritaire à la hauteur de 50 millions, dans le cadre du projet de loi 66. Mais où est donc passé le nationalisme du premier ministre ? Et cela, malgré le fait que le réseau collégial anglophone détienne déjà un pouvoir totalement disproportionnel par rapport au nombre d’anglophones au Québec. Si François Legault n’avait pas entrepris des gestes clés d’affirmation de la nation québécoise, à l’exemple de la loi 21, on serait en droit de se demander s’il n’a pas basculé dans le camp des fédéralistes purs et durs.

À cet effet, en 2018, M. Legault se vantait qu’au moins la moitié de ses candidats étaient d’anciens libéraux. On comprend maintenant mieux qu’avec une telle importance numérique, ce n’était qu’une question de temps avant que ces derniers n’imposent leur vision fédéraliste et anglophile au sein de la CAQ.

Face à un tel dérapage, il est à se demander si François Legault sait qu’il travaille non seulement contre les intérêts du Québec, mais aussi de son propre parti. La CAQ a encore le temps de se rétracter, et elle doit le faire. Ce ne serait d’ailleurs pas la première fois depuis le début de son mandat qu’elle recule, c’en est presque devenu un modus operandi.

On sait que M. Legault vit toujours dans l’urgence de mener des réformes. Encore faut-il qu’il ne s’égare pas davantage dans des sentiers dangereux qui favorisent l’expansion du groupe anglophone au détriment de la population francophone du Québec. En attendant, il est tout à fait légitime de se demander à quoi joue François Legault !

5 commentaires
  • Claude Bariteau - Abonné 8 octobre 2020 06 h 44

    La CAQ est à moitié composée de libéraux déçus de péquistes ethno-nationalistes de telle sorte que le PM Legault se comporte à l'image de son entourage. Des petits pas pour s'afficher ethno-nationaliste et d'autres pour se révéler libéral. Vous demandez à quoi il joue. C'est simple. À développer des demies-mesures pour satisfaire son entourage immédiat en affichant son pragmatisme qu’il affirme être sa qualité première en autant qu’il l’exerce dans le carré de sable du Québec tracé par le Canada.

    • Brigitte Garneau - Abonnée 8 octobre 2020 09 h 30

      Que voici une excellente description!!

  • Bernard LEIFFET - Abonné 8 octobre 2020 09 h 02

    François Legault a sacrifié le Québec pour aider les libéraux de tout poil!

    Depuis que François Legault a tourné encore une fois de bord (politique), qu'il s'est dit prêt à défendre le Dominion pendant la crise avec le transport par voies de chemin de fer, il est clair qu'il n'est plus celui qui allait mettre le Québec en avant-plan! C'est en vivotant sur les plates-bandes tant libérales que péquistes qu'il chemine ainsi, se gardant bien d'afficher un comportement clair mais plutôt obscur vis-à-vis l'avenir du Québec! L'homme aux petits pas vient d'ailleurs de pointer les Québécois dont il aimerait bien qu'ils restent sages dans leur maison pour éviter un débordement sanitaire, tout en espérant pouvoir en récolter des fruits, si ça marche!

  • Sylvio Le Blanc - Abonné 8 octobre 2020 09 h 02

    M. Marineau écrit :

    « À cet effet, en 2018, M. Legault se vantait qu’au moins la moitié de ses candidats étaient d’anciens libéraux. »

    Ce sont probablement les mêmes qui s'opposent au nouveau mode de scrutin, plus équitable. Quand François Legault partira, la CAQ se fera-t-elle avalée par le PLQ, comme la CAQ a avalé le parti de Mario Dumont ?

  • Gabriel Danis - Abonné 9 octobre 2020 10 h 01

    McGill aussi

    Le PL 66 contient aussi le projet d'aggrandissement de McGill au coût de 750 M$.
    Rappelons que juste avant de quitter le pouvoir, Couillard a cédé gratuitement les installations de l'Hôpital Royal Victoria, stratégiquement situé en occupant tout un pan du flanc sud du Mont-Royal. Pourquoi ne pas donner tout le Mont-Royal tant qu'à y être ?

    Ces deux projets majeurs vont invariablement enrayé les efforts d'une valorisation et promotion du français dans l'enseignement supérieur à Montréal. Rappelons enfin que 49% des places dans le collégial préuniversitaire sur l'île de Montréal sont dans les 3 collèges anglos. Et maintenant, le gouvernement souhaite aggrandir Dawson (déjà le plus gros cégep du Québec) C'est tout simplement ahurissant.