Se masquer le visage dans la face cachée de la vertu

Comment peut-on impunément ne pas tenir compte de l’autre, des autres ? Oui, on peut taper sur les tartelettes de M. Arruda, sur les faux pas du ministre de la Santé, sur les maladresses de M. Legault.

Mais nous, où avons-nous merdé pour nous retrouver confinés encore une fois ?

Je ne parle pas de tout le réseau de la santé qui se dévoue, s’essouffle et soutient à bout de bras le moral de ses malades et qui se retrouvera bientôt aux soins intensifs dans nos hôpitaux parce que l’ignorance et la bêtise tapent sur le système à un moment donné.

Je ne parle pas des enseignants qui travaillent dans des conditions extrêmement difficiles pour permettre à nos enfants de vivre en société, ni des élèves pour qui il est essentiel de retourner à l’école pour de multiples raisons.

Je ne parle pas de tous ces travailleurs qui relèvent leurs manches pour maintenir un semblant de vie normale.

Je ne parle pas des vieux qui regardent par la fenêtre de leur écran de télé une partie de leur monde s’enivrer
d’insouciance et s’étourdir le temps de la belle saison.

Nous avons échoué.

Parce que, dans les rues,
des manifestants s’entêtent à revendiquer l’impossible libre choix de porter ou non un couvre-visage en public.

Parce que des inconscients se regroupent par dizaines, par centaines, pour faire la fête, parce qu’ils se croient invincibles.

Parce que des funambules, sur leur mince fil conducteur, jonglent avec un faux débat sur le mal qui tyrannise notre monde.

Parce que des insouciants se passent les microbes en crachant leurs fausses notes dans des haut-parleurs, irrités par des voix effrontément discordantes.

Encore une fois, la Santé pu-blique et le gouvernement ont débarqué dans nos vies pour en restreindre la « libarté ». Parce que des taouins, il y en aura toujours. Je le sais parce que je n’ai plus vingt ans depuis longtemps. Mais je sais aussi que la réussite repose sur les épaules de toute la communauté.

Victimes collatérales, les cinémas, le monde des arts, les restaurants, les bibliothèques et les autres feront les frais de nos dérapages. Vous avez fait vraiment votre possible. Comme je le dis à mes enfants lorsqu’ils sont injustement traités : « Vous n’êtes pas responsables de ce qui vous arrive. La vertu et le mérite ne sont pas toujours conciliables et récompensés. » Vous nous manquez déjà, Mesdames et Messieurs de l’art de la scène et de la table. J’attendrai avec impatience nos retrouvailles.

Je vous lève mon chapeau.

4 commentaires
  • Rose Marquis - Abonnée 5 octobre 2020 08 h 28

    Toute la communauté

    Merci madame pour ce rappel, mais je doute que le ''tatouins'' vous lisent, ils sont entre eux et dans leur petite communaué déconnectée de l'ensemble ou les respect de ceux et celles qui sont différnets ne fait pas partie de leur ''credo''.

  • Sylvain Rivest - Abonné 5 octobre 2020 11 h 19

    Une pandémie de paranoïa s’abat sur les plus faibles.

    Bien dit madame Paradis.

    Cette pandémie met au grand jour le nombrilisme et la crédulité d'une partie de la population qui nous tire vers le bas. On a enfin la preuve que le ridicule ne tue pas. Mais aussi que la connerie est contagieuse auprès des gens les plus faibles.

    Si vous n'avez pas vu la capsule de Marc Labrèche et sa caricature de nos hurluberlus de la scène québécoise, Daniel La Haye et Lucie Laurier, je vous invite à les visionner sur la page Facebook de Tele-Quebec à l'émission "Cette Années-là" ou à le voir ce samedi 20hr. Mais en rire n'enlève rien à la réalité de la situation. Car la négligence volontaire de certains nous coûte cher collectivement.

    Devrions-nous leur envoyer la facture? Ce n'est pas juste le manque de prévoyance du fédéral et les hésitations des provinces qui sont en cause. Mais surtout le manque de solidarité d'une minorité de plaignards qui est surtout responsable de la durée de la crise. On a qu'à observer comment la Nouvelle Zélande a réussi, collectivement, à s'en sortir pour comprendre où le bât blesse.

  • Christian Roy - Abonné 5 octobre 2020 11 h 37

    À propos des enseignants...

    Bonne Journée mondiale !

    Une pensée pour vous tous ! Merci d'être là, sur le terrain...

    En passant; vraiment "Hot" l'article d'aujourd'hui sur "Madame Catherine" en page A3.

  • Jacques Lafond - Abonné 5 octobre 2020 18 h 09

    On aime bien taper sur la tête des anti-masques et autres personnes qui ne montrent pas assez de docilité concernant les dictats de la santé publique. On cherche désespérément des responsables pour les inommbrables restrictions qui nous empoisonnent la vie et qui semblent se multiplier de façon exponentielle. Cessez de chercher: l'État est le seul responsable de toute cette destruction qui a commencé en mars dernier et qui ne semble pas montrer de signes de ralentissement.
    Il serait plus pertinent de regarder un peu les données fournies par le Gouvernement du Québec. Ainsi, on constate que le nombre de décès attribués à la Covid-19 pour la tranche d'âge de 0-19 ans est 0: vous avez bien lu ZÉRO. Si vous êtes parent d'enfants d'âge scolaire (20-59 ans), sachez que le pourcentage de décès Covid dans cette tranche d'âge est de 2,5%. Si vous avez entre 20 et 39 ans, le pourcentage est un famélique 0,2% !
    Je ne comprend pas très bien les raisons de l'inquiétude des parents d'enfants d'âge scolaire et ce qui peut justifier toutes ces mesures démentielles que le gouvernement a instaurées dans nos écoles. Est-ce que les parents craignent que leur enfant les contamine en revenant de l'école? A ma connaissance, il n'y a rien qui indique qu'une telle contamination ait déjà eu lieu.