Un coup de poing dans le ventre

Coup de poing dans le ventre. Un choc ! Qui me bouscule. Triste décision du gouvernement en ce qui concerne les arts vivants d’interprétation. Je suis ébranlé dans tous mes projets. Ce que ça veut dire, c’est que, comme d’habitude, le gouvernement actuel ne connaît pas le théâtre. Il ne s’est pas informé au sujet des grandes stratégies sanitaires dont se sont dotés tous les théâtres (nos vrais salons de beauté, comme le dit poétiquement Jean Barbe…) pour que le théâtre s’exprime dans toute sa force imaginative malgré la pandémie. Nos élus ne savent pas ce qui se passe en ces salles consacrées à la magie du spectacle. Notre ministre de la Culture ne pouvait pas le leur expliquer ? Toujours cette même méconnaissance de notre travail. L’histoire se répète. Je suis triste. Mais je suis solidaire. Je ferai comme depuis le début. Je vais obéir à toutes les consignes. Pour participer à cette grande lutte contre le terrible virus. En essayant de faire passer mon art malgré tout quelque part à travers toutes ces contraintes. Nous, artistes de la scène, ne nous laissons pas abattre ! Reprenons le maquis ! Engrangeons nos œuvres ! Faufilons-nous dans les espaces publics encore permis ! Je me dis sans doute bien naïvement : « Soyons patients. » J’ose rêver que nos élus vont s’apercevoir qu’ils ont commis une simple erreur de gestion de crise en fermant les théâtres. Que c’était un endroit de rassemblement extrêmement contrôlé. Nous le savons. Que tout le monde jouait le jeu sanitaire le plus sérieusement du monde. Avec une imagination impressionnante de la distanciation physique. Avec un grand respect du public. J’ose espérer que reviendront en force ces espaces de culture dont la population a besoin pour mieux affronter cette crise qui nous frappe sans relâche. Autant que les corps, les âmes ont aussi besoin d’endroits pour mieux résister aux attaques sournoises de la maladie.