COVID-19: regarder plus haut, plus loin

Nos gouvernants et les médias doivent revoir la façon dont ils s’adressent à la population québécoise. De même, ils doivent corriger sensiblement le tir sur la façon dont ils abordent cette pandémie.

Il faudrait tout d’abord changer de ton. Éviter l’utilisation de la peur, les menaces de sanctions, les discours paternalistes et les gros doigts grondeurs. Le gouvernement doit considérer qu’il s’adresse à des citoyennes et à des citoyens responsables, au fait des précautions qui doivent être prises pour ralentir la contagion, prendre soin de soi, de ses proches et du prochain. Il faut cultiver la conviction que nous avons une responsabilité personnelle dans ce combat collectif contre un ennemi sournois. C’est un message fort de solidarité qui doit être porté et entendu.

En second lieu, les points de presse quotidiens où l’on nous présente les statistiques sur le nombre de cas testés de personnes atteintes, le nombre d’hospitalisations, de décès, les niveaux d’alertes contribuent à l’instauration d’un climat délétère : le sentiment que cette crise est sans issue, la méfiance des uns envers les autres dans la rue, la détresse psychologique et sociale, le sentiment d’impuissance. Ces sentiments aggravent considérablement la crise et démultiplient ses effets.

Les journalistes et commentateurs politiques alimentent abondamment ce cercle vicieux anxiogène par leurs questions insistantes ou leurs propos alarmistes qui, en définitive, encouragent nos gouvernants et les autorités sanitaires à sévir et à réprimer davantage.

Au contraire, il devient nécessaire de cultiver l’espoir dans la population. Par exemple, offrir une information régulière, par des scientifiques indépendants d’ici et d’ailleurs et des journalistes spécialisés dans la vulgarisation scientifique, sur l’état de la recherche et développement de médicaments qui sont à faire leurs preuves dans l’atténuation des symptômes et affections des personnes les plus malades. De même, sur l’état de la recherche pour les différents vaccins en cours de développement. Quelles sont les contributions des chercheurs et chercheuses du Québec et du Canada en la matière ? Il faut montrer que les scientifiques du Québec sont activement engagés dans la recherche des différents scénarios de traitement et de prévention de la COVID-19.

Bref, il faut mettre l’accent sur les solutions créatives à venir, les voies de sortie de crise et regarder plus haut et plus loin.

3 commentaires
  • Cyril Dionne - Abonné 24 septembre 2020 09 h 10

    L'approche enfantine de la Santé publique

    Bon, le discours à l’eau de rose. C’est exactement ce qu’il ne faut pas faire. L’Ontario et ses spécialistes en la matière, au tout début du mois de mars, ont été clairs et limpides sur l’impact de cette pandémie qui ne se comptait pas en mois, mais bien en années. Du Québec, il n’y a eu rien de cela en fait de prévision et scénario à part de reprendre celui d’un pays étranger. Misère.

    Voici ce que disait Horacio Arruda le 5 février 2020 dernier à propos du coronavirus : « Actuellement, au Canada et au Québec, il faut plus craindre la grippe que le coronavirus. C’est ça qui rend les gens malades. » Il rajoutait que : Il y a probablement plus de gens qui sont tués dans le monde actuellement par rapport à la grippe qu’au coronavirus. Mais on est prudent. On a encore peu de données. » La même journée, le Dr Raymond Tellier, microbiologiste au Centre universitaire de santé McGill affirmait que : « La population chinoise et la population mondiale n’ont aucune immunité contre lui. Le potentiel pandémique est possiblement plus grand. » 300 personne meurent en moyenne au Québec due à la grippe saisonnière.

    Oui, il faut arrêter de traiter les gens comme des idiots du village qui ne comprennent rien des concepts scientifiques. Les gens aujourd’hui sont éduqués et à l’affût des nouvelles découvertes. Dans la même ligne de pensée, pourquoi ne pas dire que les masques laissent passer une certaine charge du virus et que les autorités espèrent par ce processus de variolisation qu’ils développeront une certaine immunité de groupe? Pourquoi ne pas dire que même si plus de 67% des gens atteints du virus ont moins de 60 ans, pourtant ils ne représentent seulement que 2% des fatalités dues au virus et que dans ce pourcentage, plusieurs présentaient des facteurs de comorbidités? Pourquoi ne pas le dire que plus de 92% des victimes au Québec avaient 70 ans et plus?

    L’espoir naît toujours des faits et non pas des ouï-dire.

  • Jean-François Trottier - Abonné 24 septembre 2020 09 h 24

    Ben là, branchez-vous!

    M. Arteau,
    ou bien vous pensez que les gens sont des adultes, et donc aptes à faire la part des choses quand on leur présente des statistiques réelles, ou bien vous les traitez en enfants en demandant des paroles encourageantes et déculpabilisantes.
    Mais pas les deux en même temps, hé.

    Faut pas sortir les statistiques, c'est "délétère". Sauf que si on sort pas les statistiques, les gens vont penser que la pandémie est finie et vont s'embrasser à bouche que veux-tu. Même les plus matures, parce qu'ils ne sauront pas. Bizarre, vraiment!

    Faut parler des progrès en recherche?
    Les spécialistes qui travaillent à un vaccin sont très occupés et, surtout, tenus par le secret professionnel­. Avez-vous idée des millliards qui sont en jeu dans cette course? Le simple fait de dire à quelle étape ils sont rendus peut donner de l'informations et leur faire perdre leur job.
    Et ceux qui ne sont pas impliqués n'en savent pas plus que vous et moi.
    Ils ne diront que "on pense que ça avance, parce que les chercheurs travaillent fort".

    Le fait est que personne ne sait à quoi s'attendre, et c'est le caractère pernicieux et imprévisible de ce virus qui crée cette réalité.

    Personne actuellement ne peut tabler sur des objectifs simples, même à court terme. On constate que nous, observateurs de notre propre vie, fonçons à toute allure sur l'autoroute de l'existence avec pour seule information ce que nous renvoie le rétroviseur.
    Ce n'est pas nouveau mais maintenant c'est tangible.

    Bientôt on aura (c'est déjà commencé) nos nostalgiques de l'avant-covid, tout comme on avait les nostalgiques d'avant-guerre, quand le vin, la bouffe, les vêtements, le service et la température étaient "bien mieux avant".

    Dans l'immédiat, pour éviter une seconde vague comme un tsunami, on table sur de la publicité alarmante, avec des vraix cas. Il était temps!
    C'est que "la" population se subdivise en plusieurs groupes, dont celui des inconséquents.

  • Denis Drapeau - Abonné 24 septembre 2020 09 h 34

    Au pays des câlins nounours et des licornes

    Voici ce que l'on voit au pays des câlins nounours et des licornes

    Richard Arteau «Le gouvernement doit considérer qu’il s’adresse à des citoyennes et à des citoyens responsables, au fait des précautions qui doivent être prises pour ralentir la contagion, prendre soin de soi, de ses proches et du prochain.»

    Voici la réalité:

    Une soirée karaoké fait 50 cas positifs à Québec
    Party privés bondé de gens sans masque et sans respect de la distanciation sociale. Même chose dans plusieurs bars après quelques bières.
    Manif anti masque collés les uns sur les autres et sans masque; "libarté" oblige. (etc)

    Ben oui, le gouvernement doit aussi s'adresser à des gens qui ne comprennent pas la propagation exponentiel de la Covid, même vulgarisé, des complotistes qui nient le danger et qui se foutent éperdument de vos «scientifiques indépendants d’ici et d’ailleurs» et des irresponsables qui ne comprennent même pas que la liberté individuelle s'arrête où débute la liberté collective. Et ceux-là, sur quel ton devrait-on leur parler ?

    Peut-être fait-vous parti de ces personnes élevées dans la ouate qui voient un climat anxiogène à tout propos et qui aspirent à vivre dans l’utopie d’une société sans aucun stress. Comme le dit si bien la chanteuse ZAZ, «Bienvenue dans ma réalité»