Oui, mais en février…

Alors que les tenants de la mobilité active se réjouissent de voir l’aboutissement de la promesse des dernières élections municipales d’aménager le Réseau express vélo (REV) rue Saint-Denis, quelques commerçants continuent de s’opposer à une rue Saint-Denis où il fera maintenant bon rouler, marcher ou s’arrêter pour tous.

Pourtant, la Ville ne fait que remplacer une voie de circulation dans chaque sens par une piste cyclable unidirectionnelle, avec peu de places de stationnement retirées. On invoque la concurrence du commerce en ligne et on confond la notion de commerce de destination pour conclure avec l’illusion que des automobilistes choisissant cet axe pour y transiter à bonne vitesse et sans s’arrêter sont plus rentables que cyclistes et piétons y revenant et pouvant s’arrêter en tout temps pour profiter des commerces et de terrasses apaisées.

Un argument souvent entendu pour remettre en question la pertinence de ces aménagements est « oui, mais en février… », comme si l’année n’était qu’hiver. Dans ce cas, pourquoi la Ville aménagerait-elle parcs, piscines et terrains de balle ? Pourquoi les bars et les restaurants aménageraient-ils des terrasses, sachant que viendra février ?

Déjà que février n’est plus ce qu’il était, désormais pluvieux plutôt que glacial, avec les changements climatiques, en juillet, les terrasses deviendront bientôt suffocantes. Heureusement qu’il y aura février !

 
6 commentaires
  • Jean-François Trottier - Abonné 21 septembre 2020 09 h 00

    Chantez sur l'iar de votre choix mais....

    J'habite sur la Rive-Sud, à 5 minutes de Montréal, et je ne traverse plus les ponts. Jamais.

    Perdre "quelques places " de stationnement quand il en manque déjà des tonnes, dans une ville où il faut un post-doc en Droit pour comprendre les règlements qui touchent le stationnement, c'est un message très clair merci.

    J'ai été Montréalais longtemps. J'ai connu une ville souriante, dans son sens premier. Aujourd'hui dans les rues je ne vois que regards de défi ou de défiance, ce faux respect qui dit accepter tout mais refuse le moindre contact, et je parle d'avant la pandémie.
    On étouffe à Montréal, et ce n'est pas une question d'air, mais d'airs bêtes. Comme votre mot quoi.

    Votre débat et votre piste en sont d'affrontements. Vos paroles le démontrent.

    Ah! Au passage, si une ville n'est pas adaptée pour l'hiver au Québec, elle est mésadaptée, un point c'est tout. L'hiver, on s'y prépare pendant deux mois, on le vit pendant 5 mois, et on s'en remet pendant 2 mois. Restent vos extraordinaires 3 mois d'été, les seuls à compter vraiment à vous lire. En été le trafic est moins dense, vous avez remarqué?

    Dans 5 ans, quand les premiers moteurs à hydrogène arriveront, tous les travaux seront à refaire parce qu'on réalisera qu'on a mis trop l'emphase sur le vélo, refusant de créer des pistes parallèles mais totalement séparées des grands axes.
    Et tout ça à grand coup de belle morale et de fausse santé.

    Ergotez tout ce que vous voulez, je ne vais plus à Montréal.
    Je dépense sur la Rive-Sud et vos rues, ou pistes, ne s'amélioront certainement pas.

    Mais bon, comme vous dites, vous n'avez tellement pas besoin de moi, hein!

    • Christian Roy - Abonné 21 septembre 2020 23 h 49

      M. Trottier,

      Pourriez-vous élaborer sur l'argument suivant: "Dans 5 ans, quand les premiers moteurs à hydrogène arriveront, tous les travaux seront à refaire parce qu'on réalisera qu'on a mis trop l'emphase sur le vélo, refusant de créer des pistes parallèles mais totalement séparées des grands axes."?

      Pardonnez mon incompréhension.

  • Jean Richard - Abonné 21 septembre 2020 11 h 21

    Février

    Propos pertinents à quoi nous pourrions ajouter : si on peut patiner, faire du ski, alpin ou de randonnée, marcher, avec ou sans raquettes, pourquoi ne pourrions-nous pas nous déplacer en vélo en février ?
    Si février pour certains semble hostile aux déplacements à bicyclette, c'est surtout dû au fait que l'entretien de la chaussée est fait en fonction de la voiture. Malgré le discours politique, il suffit d'ouvrir les yeux pour voir la réalité : le déneigement des rues accorde encore et encore priorité à la voiture et non aux piétons et cyclistes. Le jour où ça va changer, nous découvrirons sans doute que se déplacer à pieds ou en vélo en ville douze mois par année est accessible à la majorité et non à une minorité.

    Et l'été de toutes les chaleurs ? S'il fait chaud, très chaud en été dans les rues de la ville, il faut cesser de focaliser sur les changements climatiques et les cibles de réduction à long terme. C'est qu'il y a un phénomène local, immédiat, qui s'appelle îlot de chaleur urbain, causé par une modification excessive de la surface terrestre. Un immeuble au toit noir et aux murs de brique de couleur foncée absorbe beaucoup plus de rayonnement solaire qu'un paturage. Mais il y a pire que les édifices, il y a le sol. Pour y faire rouler et surtout pour stationner des milliers de voitures, on a recouvert d'asphalte noire pratiquement tout le territoire non occupé par des édifices. L'asphalte noire exposée au soleil de juin atteint des températures très élevées, de plusieurs degrés au-dessus de l'air ambiant, ce qui rapidement réchauffe localement ce dernier. L'asphalte est, avec les cellules photovoltaïques, un des meilleurs absorbants du rayonnement solaire. L'impact des secondes est toutefois nettement moindre.
    Le dossier des changements climatiques est global et à moyen terme. Celui des îlots de chaleur urbains est local et immédiat. Ce n'est pas avec des objectifs à long terme qu'on doit s'y attaquer, mais avec des mesures immédiates et locales.

  • Christian Roy - Abonné 21 septembre 2020 12 h 47

    Belle chute M. Le Blanc

    J'ai bien aimé à la fois vos arguments et la chute de votre texte, M. Le Blanc. Suite à sa lecture, je me suis mis à fredonner la chanson de notre Paul national; "Heureux de printemps".

    "Heureux de février" sera d'ici peu de mise, non ?

    ... qui me chauffe la couenne...

  • Fernand Lavigne - Abonné 21 septembre 2020 16 h 04

    Mais en février..

    Mais en février, la ville de gaspille pas nos taxes à entretenus des pichets ou terrains de jeux inutilisés.
    Fernand Lavigne

  • Eric Smith - Inscrit 22 septembre 2020 22 h 06

    Des gens d'un autre epoque

    Un banlieusard a 5 minutes de Montreal qui n'y va plus par manque de stationnement... Imaginez vous simplement l'inculture en devenir, des musés, aux theatres aux salles de spectacle à la restauration aux grand evenements. "Moé je vis pu au hockey". J"imagine juste le metro a 3 minutes de sa maison... mais non, un metro ! Etes vous malade. J'imagine la grande revolution des autos hydrogene dans 5 ans, alors que toutes les MEILLEURES plans verts obtienent environ 10-14% de voitures electriques pour 2030... On est souvent absurde au Quebec et Jean Francois nous permet de recalibrer la sottise quand on croit l'avoir oubliée...L'ironie c'est que j'y vais a tous les jours à Montreal (de mes 5 minutes), en velo, en voiture et en metro et que contrairement a ce que vous lisez, j'ai passé un des été les plus calmes a traverser l'ile de centre hospitalier a centre hospitalier en toute quietude.