Déménager les pénates des députés

Si les 336 députés fédéraux actuellement en fonction ne peuvent se trouver en même temps à la Chambre des communes, COVID-19 oblige, pourquoi alors ne se déplacent-ils pas dans un édifice où cela serait d’emblée possible, tout en respectant les consignes de santé publique ? Une salle de concert, par exemple, ou que sais-je encore.

Avec un peu d’imagination, je suis convaincu qu’il serait possible de trouver et d’adapter rapidement un lieu provisoire pour permettre à tous les députés, ou à une bonne partie d’entre eux, de siéger tout le temps que durera la pandémie.

M’est avis que cela fait l’affaire de Justin Trudeau que les travaux des représentants du peuple soient pour ainsi dire paralysés.

Le parlement du Canada a passé au feu en 1916. Il a bien fallu trouver un nouvel endroit pour les députés en attendant la reconstruction.

Les guerres dans le monde ont souvent forcé le déplacement des élus. En juin 1940, craignant l’invasion allemande, Paul Reynaud a fait déplacer avec célérité le siège du gouvernement français à 200 km de Paris.

Au Québec, il est possible de réunir 250 personnes dans un endroit fermé ; c’est le double du nombre de députés à l’Assemblée nationale.

2 commentaires
  • Gilles Théberge - Abonné 20 septembre 2020 10 h 32

    Plus simple encore, le vote électronique. Qu'est-ce qu'on attend pour en installer un. Une clef électronique qui est attribués à chaque député élu...

    Ça se fait dans certains parlements !

  • François Beaulne - Abonné 20 septembre 2020 10 h 58

    Tout à fait d'accord

    La covid-19 a le dos large. Et ça avantage les gouvernements en place. C'est précisément en situations ambiguës, troubles, où des initiatives et des décisions qui sortent de l'ordinaire doivent être prises que la vigilance du Parlement s'avère critique.
    Presque chaque jour on apprend par les médias que les gouvernements ont pris en catimini des décisions controversables qui auront des impacts majeurs sur notre économie, notre vie sociale, nos finances publiques et personnelles, sans que ces décisions ne puisent être discutées et scrutées adéquatement par les députés qui nous représentent.
    N'est ce pas à la faveur d'une telle opacité que Trudeau a tenté de nous en passer des petites vites, et que celui de Legault a dû faire marche arrière sur le projet de Loi 61 qui avait pour objectif de faire adopter à toute vapeur des projets de relance économique?

    Ce rôle de chien de garde du Parlement prend toute sa signification dans un contexte de gouvernement minoritaire qui gère le pays comme s'il était majoritaire et utilise les fonds publics à des fins électorales partisanes. De plus, les ratés techniques des tentatives de siéger à distance testées jusqu'ici par le fédéral ne sont guère concluantes.
    Le Parlement est un service essentiel et ceux qui le meublent doivent se comporter en conséquence. C'est ça la démocratie représentative. On ne s'engage pas dans l'armée pour se dérober dès que ça se corse. Les parlementaires élus pour parler au nom du peuple ont la même responsabilité.