Libérez les chemins!

M’en revenant du lac Saint-Pierre vers Montréal en longeant le fleuve par la 138 et en poursuivant sur l’île par le boulevard Gouin devant un superbe coucher de soleil illuminant la rivière des Prairies, je fus abruptement arrêté par un sens unique contraire.

Peinant à retrouver le bon sens du petit boulevard, j’en fus quitte pour errer dans les labyrinthes de la Ville-Nouvelle jusque chez moi.

Sous le vernis de l’élargissement de pistes cyclables, la multiplication des contresens uniques en est venue à privatiser l’axe routier ancien au profit des riches résidents.

Les nombreux culs-de-sac de cette organisation urbaine rappellent certains quartiers de banlieue et, pas très loin, se profile le modèle des gated communities, ces zones clôturées auxquelles seuls les gens bien peuvent accéder.

7 commentaires
  • Simon Grenier - Abonné 16 septembre 2020 06 h 59

    Être "abruptement arrêté par un sens unique contraire", ça s'appelle "conduire". Ça suffit, le pleurnichage automobiliste qu'on déguise en lutte des classes et en privatisation (imaginaire) des biens collectifs. Jusqu'où la mauvaise foi ira-t-elle?

    La configuration des rues a changé et vous serez confus pour les 2 premiers passages que vous ferez à cet endroit, vous oublierez cet affreux cauchemar ensuite. Il n'y a aucune raison de recourir à une lettre ouverte pour panser ces grandes blessures, inspirer puis expirer aurait dû être suffisant.

    Ça commence à être honteux, ce nombrilisme qu'on tente de faire passer pour de la grande philosophie sociale ou d'immenses manquements aux droits fondamentaux. Débattons comme des adultes, ça aura plus de chances d'aboutir avec des aménagements qui vous conviennent. Les crises de bacon et les non-arguments, ça ne convainc personne.

    • Cyril Dionne - Abonné 16 septembre 2020 09 h 05

      Vous devez habiter Montréal M. Grenier où tous les transports en commun sont à votre disposition et qui sont payés par les gens des régions sans en profiter. Évidemment, vous ne venez pas hors de la ville pour y travailler à tous les jours. Sûrement, vous devez posséder un vélo en vous promenant à votre guise dans la capitale de la COVID-19 en faisant fulminer les automobilistes qui se rendent au travail ou bien ceux des services essentiels qui se portent garant de cette ville pour la sécurité, l’apprivoisement et l’état de santé de ses citoyens. Il n’y a rien de plus beau que de voir des cyclistes « bobos » du plateau venir faire la morale à tout le monde. Ceci me fait penser à la ville de San Francisco et ses habitants; ceux-ci s’habillent comme des pauvres pour ensuite retourner à leur condos de plusieurs millions de dollars en sirotant leur café crème de 12$ pour faire la morale à tout le monde encore une fois. Enfin, il faut avoir une foi élitiste pour y croire.

      Il ne manque plus que les vedettes d’Hollywood pour en remettre en nous disant sans rire que les changements climatiques sont bien réels et que les pauvres existent bel et bien et que tout le monde doit faire sa part tout en retournant ensuite dans leur humble demeure de plusieurs dizaines de millions de dollars avec 40 pièces, 10 salles de bain et une pelouse toute verte et bien arrosée même s’il y a un manque criant d’eau potable dans leur région.

      « Priceless ».

    • Daphnee Geoffrion - Abonnée 16 septembre 2020 12 h 27

      Ce qui me sidère c'est que le choix du vélo est imposé comme si c'était la seule alternative à l'automobile.
      Les cyclistes imposent à tous leur alternative sans aucun égard à la situation des autres, famille, pers
      On ne " brief" même plus, ca sera à vélo en Février et vlan...
      Manque de créativité? De vision?
      Ou de l'individualisme pur et dur pour ceux qui on la chance de pouvoir faire leur métro boulot dodo à vélo?

  • Bernard Terreault - Abonné 16 septembre 2020 10 h 25

    Il n'a pas totalement tort

    M. Deschènes se plaint de certaines modifications au réseau routier urbain, faits, entre autres, pour implanter des pistes cyclables. Mais il a raison de se plaindre du concept suburbain résidentiel implanté depuis au moins une génération. Ces quartiers repliés sur eux, ces rues en tourniquettes qui ne mènent nulle part, avec une seule sortie sur une artère, isolent bien sûr leurs résidents des ''étrangers'' des autres quartiers. Mais ils les obligent, pour en sortir ou pour rentrer à domicile ou pour visiter parenté et amis à faire deux fois plus de distance et dépenser deux fois plus de carburant. Moi-même, banlieusard fan de vélo, ces aménagements me font enrager. Au lieu de raccourcir les parcours, les temps de déplacement et la consommation d'hydrocarbures, ils les augmentent. Bon pour la planète, ça ?

  • Jean Richard - Abonné 16 septembre 2020 10 h 31

    Boulevard Gouin ?

    Vous avez dit boulevard Gouin ?

    La segmentation de ce boulevard en sens uniques divergents ou convergents presque à chaque intersection ne date pas de la covid. Ça s'est fait dans les années 70 et 80 avec le but suivant : repousser les voitures sur Henri-Bourrassa pour renverser la vapeur, Gouin étant devenue une voie de transit avec une circulation dense. Henri-Bourrassa, aux dimensions autoroutières, pouvait très bien suffire à la tâche.

    Oui, il est vrai que Gouin était et est encore bordé de résidences cossus et que les gens riches sont plus prompts à se payer un minimum de tranquilité, mais il n'y a pas que les résidences de gens riches, il y a aussi des parcs linéaires, des parcs publics, accessibles à tous en autant qu'on restreigne (et non qu'on augmente) la circulation automobile. Le boulevard Gouin a aussi accueilli une des premières pistes cyclables de Montréal, à l'époque où on leur attribuait surtout une fonction récréative.

    « Les nombreux culs-de-sac de cette organisation urbaine rappellent certains quartiers de banlieue et, pas très loin, se profile le modèle des gated communities, ces zones clôturées auxquelles seuls les gens bien peuvent accéder. »

    Montréal a été et est encore enclavée, par le CP entre Rosemont-Petite-Patrie et le Plateau d'une part, mais surtout par ces autoroutes et ces boulevards en théorie urbains. La voiture individuelle, à cause de la priorité qu'on lui a accordée pendant presque un siècle, a créé de nombreuses barrières pour les piétons et les usagers des transports actifs. Les aménagements pour transports actifs qui amènent quelques chantiers à Montréal servent à recoudre les quartiers les uns aux autres. Nous sommes donc aux antipodes des gated communities. Il reste encore beaucoup, beaucoup de travail à faire et on ne peut pas faire marche arrière comme le suggère certains marchands atteints de myopie.

    • Sylvain Deschênes - Abonné 16 septembre 2020 10 h 53

      En quoi les contresens du boulevard Gouin raccommodent-ils des quartiers?
      C'est plutôt le contraire.

      Le boulevard Henri-Bourassa n'est-il pas justement ce genre d'infrastructures qui charcutent un quartier?

  • Christian Roy - Abonné 16 septembre 2020 15 h 46

    Boulevard ou Barrage Gouin ?

    En tout cas, une chose est sûre... au volant, comme disaient les Cyniques, "l'auto à surveiller est celle qui est derrière celle qui est en avant de vous"... à moins qu'il s'agisse de plutôt surveiller le sens unique contraire constaté à la dernière minute !

    Un coucher de soleil, c'est un peu comme un écran de portable: à observer sur le bord de la route.

    Mes salutations, M. Deschênes.

    Un de vos concitoyens.