Pour en finir avec le gaz de schiste

La bête avait été enterrée il y a dix ans, mais elle semble de celles qui se déterrent toutes seules. Voici pourquoi, en pensant aux générations futures, on doit fermer les livres sur la filière énergétique du gaz de schiste :

a) Le Québec n’a aucun besoin de cette industrie à risque pour se développer ;

b) Il s’agit d’un accroissement de notre dépendance de compagnies étrangères ;

c) Le Québec n’a pas besoin de cet hydrocarbure douteux compte tenu de la présence massive de l’hydroélectricité, et bientôt peut-être de l’hydrogène (cf. expérience à l’Université de Trois-Rivières) ;

d) Les informations transmises par le ministère des Ressources naturelles sont partiales puisqu’elles leur sont fournies par des compagnies gazières intéressées ;

e) Elle contrevient à notre propre loi sur l’eau.

En raison de nombreuses externalités, les coûts de cette filière dépassent les bénéfices. Bombardier, Ciment McInnis, centrales de Bécancour et de Gentilly, éthanol (maïs), projet du Suroît : comme Québécois, nous avons pourtant suffisamment d’expérience pour prendre des décisions appropriées.


 
14 commentaires
  • Clément Fontaine - Abonné 10 septembre 2020 08 h 38

    Entièrement d'accord mais...

    ...n'oubliez pas d'envoyer votre lettre au PM Legault et à son valet de serre-visse à l'environnement. Je ne crois pas qu'ils soient abonnés au Devoir, je les soupconne même d'en ignorer complètement l'existence.

  • Clermont Allard - Abonné 10 septembre 2020 08 h 42

    En désaccord

    Tant que l'on aura besoin de ce type de carburant on aura toujours avantage à la produire nous même. Produire ailleurs aulieu de produire ici est un non sens qu'a signé les libéraux.

    De plus, et ce qui me fâche, si l'on avait pas tué nos compagnies prêtent à exploiter cette richesse ce ne serait pas des compagnies étrangères qui seraient en première ligne.

    • Bernard Plante - Abonné 10 septembre 2020 12 h 28

      Produire nous-mêmes un carburant nocif pour l'environnement et les citoyens, qui profite à des compagnies étrangères et dont les puits ont une durée de vie utile d'environ cinq ans après quoi ils laissent échapper des substances chimiques pendant des décennies vous parait une bonne idée? Ben coudonc.

      Personnellement je crois plutôt que les pays prêts à tout saccager pour engranger une richesse à très court terme qui a des impacts négatifs à très long terme ne voient pas plus loin que le bout de leur nez et sont prêts à tout pour faire de l'argent. Pas vraiment intéressant, surtout à un moment où plusieurs alternatives commencent à être exploitables.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 11 septembre 2020 13 h 51

      "Tant que l'on aura besoin de ce type de carburant on aura toujours avantage à la produire nous même"

      Effectivement monsieur Allard. Et ce n'est demain qu'on n'en aura plus besoin !

      Selon l'État de l'Énergie au Québec publié par la chaire de recherche dirigée par M. Pineau au HEC le gaz représente 14% de toutes les énergies utilisées au Québec. Son utilisation se répartie à 9.1% pour le résidentiel, 34% pour le commerce et les institutions et le reste 56% dans l'industrie. Présentement on a des institutions qui passent du gaz a l'électricité pour leur besoin de chauffage (sans conserver l'option gaz déjà en place, ce qui est un peu, beaucoup, ridicule quand on sait que le défi qu'Hydro a devant elle ce sont les pointes d'hiver auquel elle a de moins en moins la possibilité de répondre (l'éolien est a l'arrêt par temps très froid), et les contrats de vente aux ÉU où elle garantie la fourniture de service en priorité sur nos propres besoins...)

      http://energie.hec.ca/wp-content/uploads/2020/03/E

      Votre raisonnement ne tient pas route monsieur Plante. Le "tout saccager" est insupportable quand c'est ici, mais devient très quelconque quand cela se produit ailleurs. Toute production industrielle a ses inconvénients et dommages à l'environnement. Les beaux gros chars électriques sont fabriqués à partir de produits miniers "sales", et d'énergie "sales". De plus ils sont conçus pour remplacer a l'identique l'auto au pétrole, avec les mêmes surdimensions et les même utilisations immodérées. Il y a beaucoup "d'illusion verte" dans ce genre de transition. L'opposition systématique entretenu dans nos médias à l'exploitation de nos ressources, sans en limiter l'importation, s'apparente a faire du Québec un cartier chic qui se veut loin des parcs industriel et près de la nature. Tout en consommant a qui mieux mieux les productions "sales" qu'on loin de notre vue.

    • Daniel Grant - Abonné 11 septembre 2020 23 h 06

      M. B.Plante a raison de ne pas vouloir envisager la production de cette énergie sale du pétrole en déclin qui détruit tout sur son passage.

      L’avenir est aux énergies renouvelables (ER) et il est beaucoup plus pratique de continuer à importer et de laisser les autres saccager leur territoire puisque la demande ira en diminuant à mesure que la population se rendra compte des bienfaits des ER sur l’économie, un jour tout ce qu’on aura à faire sera de dire non merci notre économie roule beaucoup mieux avec les ER et on respire mieux.
      (https://aqper.com/fr)

      Si nos gouvernements créait une atmosphère de compétition à armes égales entre les énergies ça ferait longtemps qu’on serait sorti du pétrole.

      Le Canada fait 2 de pique quant on compare, les miettes que reçoivent les ER, aux subventions à coup de milliards données au pétrole sans conditions.

      Si le QC avait nationalisé le pétrole comme la Norvège peut-être que nous jubilerions avec un fond de génération dodu comme la Norvège mais quand on regarde la dilapidation que l’AB a fait de celui que P. Lougheed avait commencé qu’est-ce qui vous fait croire que le QC aurait fait mieux?

    • Daniel Grant - Abonné 11 septembre 2020 23 h 42

      Monsieur JY Arès

      Non ce n’est pas demain, c’est après demain. Vos arguments comme d’habitude incitent à ne rien faire et d’accepter le statu quo.

      Si vous pensez connaître mieux ce qui se passe avec les éoliennes l’hiver, ne perdez plus de temps et allez informer ceux qui ont investi des millions dans les énergies éoliennes, imaginez la gueule qu’ils vont faire quand vous allez leur apprendre que ça ne fonctionne pas l’hiver et en même temps n’oubliez pas de leur répéter ce que les lobbyistes du pétrole colportent à propos des vents nuls, des chauve-souris, les vers de terre, mais surtout ne parlez pas des êtres humains qui meurent prématurément (entre 14,000 et 20,000 par année au Canada) des externalités négatives du pétrole.
      Sinon informez vous : (https://aqper.com/fr/idees-recues-sur-l-energie-eolienne-lettre-ouverte-de-m-bernard-saulnier-4) (https://aqper.com/fr) ou (IRENA.ORG)

      Vous oubliez de dire : ’Toute production industrielle’ incluent aussi les matériaux pour faire des accessoires médicaux pour sauver des vies ou pour fabriquer votre frigo sont fabriqués à partir de produits miniers sales et d’énergie sale
      et que oui les bagnoles à pollution au nombre de 5,200,000 au QC à comparé à quelques dizaines de milliers de VE à zéro-émission sont aussi fabriqués probablement par les minéraux que les hôpitaux utilisent.
      Mais alors le problème est où, le fournisseur de produits miniers sales / énergie sale ou l’utilisateur? Faudrait-il pointer du doigt les hôpitaux?

      Je préfère l’illusion verte que votre cauchemar du statu quo.

  • Daniel Grant - Abonné 10 septembre 2020 09 h 35

    L’intermittence d’un réservoir de pétrole ou de gaz vide, c’est la guerre…

    ...des gens innocents vont mourir, c’est le pillage des ressources naturelles des autres pays, ce sont les conflits mondiaux (voir celui qui se passe maintenant entre la Grèce et la Turquie qui sont prêt à s’entre-tuer pour une source de gaz en Méditerranée), c’est la destruction de la démocratie de la santé et de l’environnement.
    L’énergie fossile est un instrument de suicide collectif.

    L’intermittence des énergies solaire et éolienne
    c’est naturel, c’est la vie
    quand le vent tombe ou le soleil se couche,
    on rajoute des batteries
    et quand ce n’est pas assez on agrandit les Panneaux Solaires et on rajoute des batteries et ça n’en prend pas autant que les marchands de doutes aimeraient bien nous faire croire avec leurs arguments dépassés, on est en 2020 il y a eu beaucoup d’innovations dans les énergies renouvelables voir IRENA.ORG.

    Un déversement d’énergie solaire ça s’appel une belle journée et c’est bourrée de vitamine D.

  • René Pigeon - Abonné 10 septembre 2020 12 h 23

    Maintenir son approvisionnement dans ce gaz fossile en attendant de le remplacer par de l’hydrogène ?

    « a) Le Québec n’a aucun besoin de cette industrie à risque pour se développer »
    Le Québec n’a aucun besoin d’une industrie qui exige plus de subventions que de bénéfices pour le Québec. A-t-elle besoin de plus de subventions que les bénéfices anticipées ?

    « c) Le Québec n’a pas besoin de cet hydrocarbure douteux compte tenu (...) bientôt peut-être de l’hydrogène »
    Hydro-Québec prévoit produire de l’hydrogène et le vendre au réseau de gaz Énergir pour distribution vers les clients de gaz méthane. Le Québec n’a-t-il pas besoin de maintenir son approvisionnement dans ce gaz fossile en attendant de le remplacer le gaz fossile par le gaz qui émet une quantité négligeable de gaz climatiques ?

    « e) Elle contrevient à notre propre loi sur l’eau. »
    Pourtant, dans l’entrevue de M. Pierre-Olivier Pineau de HEC Montréal parue hier dans Le Devoir : « les Québécois vont continuer à s’interdire d’envisager une exploitation locale (rentable) tout en important du gaz naturel provenant de manière croissante du schiste. C’est un paradoxe plus simple à gérer, parce que c’est loin de nous, que d’envisager une production locale qu’on pourrait règlementer de manière plus stricte et responsable que nos voisins du Sud de chez qui on importe », ajoute M. Pineau.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 11 septembre 2020 14 h 12

      Il faut comprendre que monsieur Pineau n'hésite pas a dire que l'utilisation du gaz a fin de chauffage est plus logique que l'utilisation de notre électricité renouvelable pour ce faire, alors que nos voisins utilisant du gaz pour produire de l'électricité. Le raisonnement tient quand on fait un bilan énergétique qui inclue "nos voisins", sans tenir compte des frontières.

      Une production électrique a partir de gaz n'est efficace qu'a 50%, alors que l'utilisation du gaz pour se chauffer lui est efficace a plus de 80%. Par contre, nos voisins ont de plus en plus de production électrique par combustions qui valorise les surplus de chaleurs dans d'autre utilisation (la cogénération).

      Et bien sûr, les frontières existent... Et ailleurs aussi on veut conserver le possible tous les types de production qui génèrent du travail et de l'activité économique, quand c'est possible.

      En chemin, avec les politiques qu'imposent nos politiciens à Hydro Québec, demain chauffer a l'électricité va coûter très chers...

      Les options de rechange sont tous issue du fossile.

    • René Pigeon - Abonné 11 septembre 2020 15 h 57

      Réplique à monsieur Arès :

      Merci d’avoir rappelé les notions que j’avais omises. Vous élargissez la définition des frontières des systèmes de production→consommation énergétiques afin de conduire une évaluation et une comparaison d’options qui reflètent la complète réalité des systèmes (filières ou options) définies sans omission ni simplification indue.

      L’affirmation « monsieur Pineau n'hésite pas à dire que l'utilisation du gaz (méthane fossile)... » est une évidence. Par contre, la filière hydroélectricité → transmission par réseau électrique → chauffage électrique chez le client est plus efficace que la filière hydroélectricité → électrolyse → transmission de l’hydrogène par gazoduc → chauffage par combustion de l’hydrogène. Le client choisira la première filière à condition, je suppose, que les prix de vente de l’hydrogène électrolytique à Énergir et à son client reflètent tous les couts de production sans subvention : le client d’Énergir choisira alors l’option la moins couteuse et la moins polluante pour lui, Énergir et Hydro-Québec (ainsi que la société québécoise et ses voisines).

      Certaines des filières que vous esquissez sont assez compliquées pour qu’il soit avantageux de recourir à des spécialistes des évaluations de systèmes comme le CIRAIG et certaines équipes universitaires.

      Le Devoir nous rendrait service en consultant de tels spécialistes plutôt que de citer les seules conclusions des parties ou même du professeur Pineau sans examen approprié.

  • Clermont Allard - Abonné 10 septembre 2020 14 h 57

    Ok pour les cibles environnementaux, mais pas les moyens

    Je suis d'accord avec les cibles enviroonnementaux spécifiés dans les multiples réponses ces commentaires, mais pas les moyens.

    L'environnement est un problème mondial. Dire que c'est pas dans notre cours, pousser ailleurs, ne règle rien. Au contraire ! Cela nous réduit à être des vierges offensée et à ne pas être au contrôle de nos gestes.

    Financer des puits hors de notre territoire ne m'apparaît pas très bon pour l'environnement. C'est ce que l'on fait! On contrôle rien ailleurs. On y transfert des milliards pénalisant notre économie. On dit adieu à de bons emplois et aux impôts et taxes associés. On n'a aucun contrôle sur les mesures environnementales mis en place ailleurs, ici on peut contrôler. Le transport de ces produits augmente les risque de déversement et pollue. L'achat local s'applique encore plus au produit prétolier. La conversion à une énergie propre prendra du temps. Il faut survivre pendant ce temps et ça sera encore pour plusieurs années.

    Sérieusement, qui aujourd'hui, qui me lit, n'a utilisé aucun produit pétrolier? Transport, plastiques, médicament, chauffage ...

    Il faut financer notre transition, les produits pétrolier peuvent nous y aider.

    • Daniel Grant - Abonné 10 septembre 2020 19 h 03

      …Il faut financer notre transition, les produits pétrolier peuvent nous y aider.... ouf
      @Clermont Allard
      Les produits pétroliers n’ont jamais aidé à la transition, au contraire ils dépensent des millions pour nous mentir, en nous faisant croire que ça va prendre encore ‘beaucoup’ de temps pour s’en sortir.

      De se rendre compte de leur tromperie d’abord nous permet d’être « en contrôle de nos geste »

      Les emplois de qualité se retrouvent dans les énergies renouvelables aujourd’hui et les taxes ne sont pas payées par les pétrolières, ils ne paient pas leurs taxes de vidanges et c’est souvent le gouvernement qui est obligé de payer les rentes promises aux propriétaires de terres, c’est nous qui payons pour les déversements de pétrole même en dehors de la province et en plus c’est nous qui subventionnons ces pollueurs à coup de milliards par année.

      Si on veut vraiment aider notre économie locale et de garder nos milliards il est temps de se virer vers la mobilité électrique et d'utiliser nos kWh propres et de produire les panneaux solaire pour recharger nos VE. Plus on dépensera en kWh moins on exportera nos milliards aux bénéfices du Texas et plus vite la transition se produira. En se traînant les pieds comme on fait c’est le Texas qui va être encore gagnant en énergie; c’est l’état où il y aura le plus de panneaux solaires et c’est eux qui accueille la prochaine Gigafactory de Tesla.

      De blâmer l’utilisateur de produits pétroliers comme vous faites est une tactique pour encourager le statu quo et de rien faire.
      Le problème est le fournisseur d’énergie sale, pas l’utilisateur qui ne demande que de l’énergie.

    • Clermont Allard - Abonné 10 septembre 2020 22 h 06

      Vous croyez que personne ne fait de l'argent avec les produits pétrolier. Il faudrait en parler avec les provinces de l'ouest, Terre-neuve et le Texas et j'en passe ... Je crois même que l'impôts étaient une remise d'argent.

      C'est le Gouvernement qui doit réinvestir les bénéfices pour le Vert, pas les compagnies pétrolières.

      Si je comprends bien vos propos, le Texas s'enrichi et passe au vert avec notre argent. On payes des déversement hors de notre territoires etc.

      N'est-ce pas ce que je vous disais que l'on devait faire, exploiter chez nous. Vous avez de bons exemples.

      Mais nous, on aime mieux payer qu'être propriétaire et utiliser nos ressoures naturelles pour favoriser le virage vert.

      Pour les emplois dans le verts, malheureusement, ils ne sont pas là et sans argent pour la R & D, ils n'y seront jamais.

    • Daniel Grant - Abonné 11 septembre 2020 08 h 20

      Mais bien sûr M.Allard qu’il y a beaucoup d’argent à faire avec ce poison par les initiés.

      Quel chef d’entreprise ne rêverait pas d’une compagnie où il n’y a qu’a se préoccuper de la colonne des revenus et de se gaver de subventions à coup de milliards par année (pour créer l'illusion que ça ne coûte pas cher à la pompe), de se gaver des bénéfices avec les investisseurs, pcq la colonne des dépenses et des pertes elle est payée par les citoyens.

      Oui c’est le gouvernement qui doit investir dans le vert mais il est infesté de lobbyistes du pétrole qui dictent la réglementation. Regardez ce que les pétroleux ont fait dans notre dos pendant qu’on regardait béatement nos PM à 11h et 1315h pendant le confinement.
      $12.5Milliards au pétrole sans conditions et ‘sans surveillance’ donc ils peuvent polluer sans entrave.

      Oui je dis bien qu’au lieu de payer pour les déversements de pétrole de ces compagnies étrangères nous devrions faire comme au Texas qui a prit le tournant vert.
      Il est bien connu maintenant que les énergies renouvelables sont plus profitables que le fossile même sans subvention, je doute que le Texas se convertit pour le bien commun mais pcq les énergies renouvelables sont plus profitables que le fossile sans subventions.(IRENA.ORG)

      Il n’y a pas assez d’argent sur terre pour réparer les dégâts environnementaux causés par les pétrolières et nous comptons sur des génies comme Elon Musk et Tesla pour montrer la voie vers un avenir durable pour l'humanité.

      Si le pétrole était une ressource naturelle on ne brûlerait pas un baril pour chaque kilomètre qu’on fait, on le préserverait pour en faire des produits durables.

      L’avenir est dans la mobilité électrique et la génération d’électricité propre, pourquoi dépenser dans une industrie du fossile en déclin.
      Soyons heureux qu’il n’y ait pas de potentiel ici, on aimerait pas avoir une base militaire américaine en plein milieu du QC pour maintenir la démocratie comme disait Bush en Irak?