Des masques jetables partout

Ces temps-ci, on trouve des masques n’importe où : dans la rue, sur les trottoirs, dans les sentiers. J’en ai même trouvé un dans mon bac de matières compostables. J’ignore d’où il provient, mais c’est bien ce masque qui a fait déborder le bac !

Ce n’est pas parce que les masques sont jetables qu’on peut les jeter n’importe où. J’imagine qu’on s’attend à ce qu’ils prennent le bord des poubelles, mais ce sont des milliers, des dizaines de milliers, des millions de masques de plastique et de coton dont on se débarrasse. Notre environnement qui n’en peut plus se voit contraint d’absorber ce choc supplémentaire, au moment même où les gens s’achètent de gros chars pour ne pas avoir à utiliser le transport en commun, au moment même où l’on produit plus de déchets de plastique que jamais, où les gens se débarrassent à la moindre occasion de toutes sortes de biens (meubles, vêtements et accessoires divers) que nous considérions, dans mon enfance, comme précieux.

Personnellement, je ne vois plus comment nous allons nous en sortir si nous continuons — puisque nous continuons — à occuper sur terre de plus en plus d’espaces que nous rendons inhabitables pour tout être vivant. La terre n’est qu’une île : cette île fait de la fièvre et s’étouffe de plus en plus à cause de l’industrie humaine. Ceux qui le nient sont des imbéciles, des rêveurs ou des menteurs.

Je me trompe ? Comme j’aimerais que ce soit le cas !


 
5 commentaires
  • Benoit Samson - Abonné 9 septembre 2020 07 h 48

    Bravo

    Bravo monsieur Guay, vous ne vous trompez pas.

  • Sylvie Lapointe - Abonnée 9 septembre 2020 10 h 49

    Trop vrai

    Votre propos, M.Guay, n’est que trop véridique, quoique vous auriez pu en écrire beaucoup plus long sur les comportements néfastes de plusieurs personnes, sans compter les industries. Par ailleurs, si vous leur posez la question, tout le monde il est POUR la sauvegarde de l’environnement. Mais dans la vraie vie, on a vite fait de remarquer qu’ils sont beaucoup moins à se sentir directement concernés, comme s’ils laissaient le soin à quelqu’un d’autre de s’en occuper.

    La Terre a beaucoup plus de vécu que nous, et j'ai le sentiment qu'elle n’a pas encore dit son dernier mot. Ce qui devrait nous inquiéter, c’est la tournure que prendra justement ce dernier mot… Je préfère ne pas trop y penser. Les événements dus à la maltraitance de l’environnement se font de plus en plus fréquents et graves. On n’a qu’à écouter les nouvelles ou lire les journaux. On en parle tous les jours. Et personne ne sait à l’avance s’il sera touché ou non, comment et quand. C’est très inquiétant.

  • Jean Richard - Abonné 9 septembre 2020 10 h 55

    Le changement

    « La folie, c'est de toujours faire la même chose et de s'attendre à des résultats différents. » Cette pensée viendrait de Einstein, selon la légende. Elle a été traduite en langage culinaire : si le gâteau a mal tourné, comment pourrait-il en être autrement si on tente de le refaire avec la même recette ?

    Le discours environnemental n'est pas nouveau. Il remonte a plus de 50 ans dans le grand public, et davantage dans les milieux scientifiques. Alors, comment se fait-il qu'après un demi-siècle, on n'aie pas réussi à inculquer chez les gens une éducation et une culture environnementales (car c'est surtout ça qui fait défaut et amène trop de gens à bouffer n'importe quoi, facilitant la vie aux négationistes et facilitant également la vie aux commerçants et aux industriels qui, dans une économie tarée par le besoin de croissance infinie, se spécialisent dans le mensonge vert.

    Les montagnes de déchets, les sérieux ratés du recyclage, le destructif étalement urbain, la croissance quasi exponentielle de la circulation automobile, la croissance démesurée de la demande en énergie, la dépendance... Tous ces malaises ont comme source l'inconscience et l'inconscience n'est pas sans lien avec les failles de notre éducation.

    Croire en une prise de conscience collective menant à des petits gestes individuels enrobés de vertu, c'est la recette qui a rendu le gâteau foutu. Le changement profond, nécessaire, viendra tout probablement d'une crise majeure. La seule chose qui échappera à toutes les prévisions sera : quand. La crise environnementale que nous sommes en train de préparer pourrait être plus virulente que celle de la covid. Et elle prendra une forme inattendue. Les politiciens qui rédigeront leurs discours sur des vieilles recettes de gâteau qui a mal tourné ne pourront que perdre leur crédibilité, les plus mal placés étant ceux du centre, qui se feront bombarder des deux côtés.

  • Marc Therrien - Abonné 9 septembre 2020 14 h 33

    Et des humains éphémères partout


    Je ne me considère ni imbécile, ni rêveur ni menteur de penser que ce toujours déjà là qui nous entoure et nous déborde dans lequel nous sommes apparus survivra bien à notre disparition. Je m’inquiète davantage pour l’humanité et les autres vivants de la planète Terre que pour celle-ci. Ce qui est votre cas aussi, je me trompe?

    Marc Therrien

  • Serge Gagné - Abonné 9 septembre 2020 16 h 01

    Effectivement...

    Je fais ma marche quotidienne d'une heure en changeant d'itinéraire chaque fois. Et, croyez-le ou non, je vois en moyenne deux masques jetables (qui ont effectivement été jetés!) jonchant le sol.

    Cela dépasse mon entendement...