Mais où est donc cette ville sans trafic?

Depuis notre tendre enfance, on les a vues dans les pubs qui ont entrecoupé nos émissions de télé. On nous les a présentées dans des paysages éblouissants où elles traversent les forêts, grimpent les montagnes et franchissent les rivières, canot sur le toit. On les a également retrouvées dans une ville moderne, propre et sans le moindre trafic.

Mais où est donc cette ville ? Quelqu’un l’a-t-il déjà vue ? Ainsi, on nous répète que l’automobile est plus qu’un moyen de transport, c’est l’expression de notre personnalité. Elle expose notre statut social. Elle incarne notre liberté, elle est symbole de notre fierté. C’est un besoin, un privilège, que dis-je ? Un droit ! Elle calme nos angoisses existentielles ; elle nous grossit dans cet univers où l’on est infiniment petit. Pourtant, l’an dernier, nous étions des millions dans les rues à marcher pour le climat, suivant une prise de conscience à l’échelle planétaire. On ne peut plus le nier : notre chère Terre, on est en train de la cochonner, pas à moitié.

Oubliez la voiture électrique, elle ne pourra nous sauver étant donné l’énorme pollution engendrée par la fabrication des piles, ça ne fait que délocaliser le problème. Dans ce contexte, réduire notre dépendance à l’automobile est impératif, mais trop peu de gens sont prêts à faire des efforts en ce sens. D’ailleurs, on observe en ce moment une forte résistance lorsqu’il s’agit de céder une maigre part de la route au profit de la mobilité durable. Ceux qui préfèrent vivre dans le déni continuent à tourner en rond à la recherche d’une ville sans trafic.

Réaliseront-ils la supercherie des pubs télé tournées en circuit fermé ? La réalité, c’est que la route, on doit la partager.


 
1 commentaire
  • Jean Richard - Abonné 9 septembre 2020 11 h 46

    La verte vertu déverdie

    « Pourtant, l’an dernier, nous étions des millions dans les rues à marcher pour le climat »
    « Oubliez la voiture électrique, elle ne pourra nous sauver »

    Et parmi ces millions à marcher dans les rues, combien y avait-il de gens qui, en réalité, s'étaient laissé berner par le phénomène Greta, la messie de l'environnement qui s'est baladée à bord d'une Tesla prêtée par un politicien, après avoir traversé l'océan à bord d'un voilier prêté par le fils de la princesse Caroline de Monaco... Monte Carlo une ville verte ?
    La croisière n'était pas sans empreinte carbone, ne serait-ce que le menu fait de mets lourdement transformés et enveloppés de pellicule plastique issue du pétrole. Et idem bien sûr, pour la longue balade canado-américaine en grosse Tesla, consommant principalement de l'électricité produite par du charbon, du gaz de schiste et du pétrole.
    Dire de telles choses il y a moins d'un an déclenchait les sirènes. Seuls les climatosceptiques pouvaient avoir des tels doutes sur la pureté et l'innocence de Greta. Et dire aux riches propriétaires de Tesla que ce ne seront pas eux qui sauveront la planète, c'était – et c'est encore – froisser de religieuses susceptibilités.
    Et arrive la covid avec l'interdiction des rassemblements. Greta a perdu ses micros et ses caméras. La fragile et pas toujours réfléchie prise de conscience enfantée par les grands rassemblements a vite montré ses limites, quand on nous apprend que l'exode en banlieue s'est accélérée avec la covid. Et comme on s'exile pour avaler de nouveaux territoires, l'industrie automobile découvre qu'elle a de beaux jours devant elle, surtout que le premier ministre de notre boiteuse confédération a mis la voiture dans la liste d'ingrédients de sa relance économique. La covid nous a fait oublier Greta, mais pas Tesla, et ça, c'est inquiétant, car désolé pour ses fidèles, mais se contenter de remplacer un moteur par un autre moteur sous une grosse caisse à roulettes, ce n'est pas réinventer la voiture.