La démocratie américaine, une ploutocratie populiste

Selon le credo américain, qui veut peut. Tout citoyen américain peut, s’il est prêt à y mettre les moyens, devenir président de tous les Américains.

La mobilité sociale serait sans limites et non entravée par des classes sociales. D’où le peu d’intérêt pour les idées marxistes et socialistes.

Or, le critère ultime de la réussite sociale, c’est de devenir riche et puissant prétendument dans le dessein d’en faire bénéficier la communauté ; peu importent les moyens utilisés pour le devenir, le meilleur étant de devenir un entrepreneur.

Or, pour réussir, il faut déjà pouvoir disposer d’un minimum de moyens matériels, financiers et intellectuels.

Ce que l’on observe dans la réalité, c’est plutôt une mobilité sociale « sur invitation » ; sélective. Des plafonds existent et limitent a priori le potentiel de différentes catégories et classes d’individus comme les femmes, les Autochtones, les Afro-Américains, les « ethniques » et tutti quanti.

Le monde des affaires y forme une classe (élite dirigeante) qui se reflète dans le politique. Un homme pauvre ne peut désormais plus dans les faits devenir président.

Enfin, les églises et les sectes servent de refuge à ceux qui n’ont plus espoir, au cours de leur vie terrestre, de vivre le credo américain et de devenir riches et puissants.

In God we trust !


 
16 commentaires
  • Francois Ricard - Abonné 3 septembre 2020 05 h 40

    Blanc bonnet, bonnet blanc

    Président démocrate, président républicain, les USA sont dirigés par des oligarques, toujours les mêmes, nonobstant du parti au pouvoir.
    Ensenhower les avait mis en garde sur la mainmise du complexe militaro-industriel sur leur gouvernement par le truchement du financement des partis. Tous ses successeurs ont préféré ignorer son avertissement. Aujourd'hui, les USA ne sont plus une démocratie mais une véritable ploutocratie où l'argent fait foi de tout.
    Les USA ont la constitution la plus démocratique au monde mais les riches s'en sont emparé grâce ç un financement politique débridé. Les USA sont le gouvernement du peuple par les riches pour les riches.

  • Yvon Montoya - Inscrit 3 septembre 2020 06 h 21

    Les USA sont un pays atroce ayant perdu son « rêve » devenu cauchemar américain. La violence trumpienne fait un dégât gigantesque non seulement chez eux. Vivement un sursaut...Merci.

    • Serge Lamarche - Abonné 3 septembre 2020 13 h 23

      C'était un cauchemar dès le départ.

  • Cyril Dionne - Abonné 3 septembre 2020 07 h 52

    Cher madame Robin,

    Thomas Jefferson, l’auteur de la déclaration de l’indépendance américaine, ne pouvait pas si mieux dire : « Nous tenons pour évidentes pour elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur ». Et voilà d’où découle le rêve, le patriotisme et l’exceptionnalisme américain. Nulle part on voit des allusions qu’on pourrait qualifier de socialistes ou même de communistes.

    En continuant, aujourd’hui, personne ne limite le potentiel de différentes catégories et classes d’individus comme les femmes, les Autochtones, les Afro-Américains ou les « ethniques ». Personne. Mais pour cela, il faut être élu parce que les États-Unis, contrairement au Canada, est une véritable démocratie et a une constitution avec des contre-pouvoirs. Ils n’élisent pas un roi à tous les quatre ans avec tous les pouvoirs sur leurs sujets. C’est pour cela que Jefferson a écrit : « Les gouvernements sont établis parmi les hommes pour garantir ces droits, et leur juste pouvoir émane du consentement des gouvernés. Toutes les fois qu'une forme de gouvernement devient destructive de ce but, le peuple a le droit de la changer ou de l'abolir et d'établir un nouveau gouvernement, en le fondant sur les principes et en l'organisant en la forme qui lui paraîtront les plus propres à lui donner la sûreté et le bonheur. La prudence enseigne, à la vérité, que les gouvernements établis depuis longtemps ne doivent pas être changés pour des causes légères et passagères, et l'expérience de tous les temps a montré, en effet, que les hommes sont plus disposés à tolérer des maux supportables qu'à se faire justice à eux-mêmes en abolissant les formes auxquelles ils sont accoutumés ».

    Et Donald Trump sera réélu pour un 2e mandat pour justement ces raisons. Il mène partout dans les états clés présentement.

    Amen.

    • Pierre Jacques Savard - Abonné 3 septembre 2020 09 h 20

      M. Jefferson était un esclavagiste qui possédait beaucoup d'esclaves !! Alors tous les hommes sont créés égaux ......

    • Christian Dion - Abonné 3 septembre 2020 09 h 51

      Les afro-américains représentent 13% de la population et 50% de la population carcérale et vous parlez toujours de chance égale pour tous!!!
      Christan Dion.

    • Jean-François Trottier - Abonné 3 septembre 2020 10 h 10

      M. Savard,

      Mais pourquoi tenez-vous donc à juger les gens du passé sur votre propre expérience?
      C'est tellement malhonnête et tellement omniprésent comme façon de penser que je ne sais plus comment en démêler les fils.

      Les religions disaient que les noirs sont des animaux. Tout le monde le disait.
      Le mouvement anti-esclavage à l'époque était embryonnaire et portait à rire.
      Presque tout le monde croyait sincèrement que laisser une femme blanche avec un noir pouvait représenter un danger pour elle. Ces noirs, ils fonctionnent par instinct animal, on ne sait jamais quand ils sont en rut!

      Plus on mettra dans le même panier tout le passé sous des prétextes de morale, plus on le rendra flou, et moins on saura quelle erreurs éviter. Exactement en rejetant tout ce que Jefferson a pu dire, sans la moindre distinction, comme vous le faites.
      Ce gars a fondé et digiré un pays qui sortait de la royauté. Si vous pensez pouvoir balayer sa vie, qui est TOUTE faite de paroles, sous prétexte qu'il a fait comme toute personne le moindrement riche dans son époque, vous balayez tout le passé en même temps.

      Jefferrson était un humain. SI vous n'avez jamais péché, ce qu'il ne croyait pas faire au demeurant, vous n'êtes pas humain.

      Comment dire ? Les pires dictatures sont nées de bonnes intentions... et d'une amnésie concertée.
      Vous êtes en plein dedans.

    • Michaël Lessard - Abonné 3 septembre 2020 10 h 15

      @Pierre Jacques Savard : Oui. Il était hautement paradoxal. Tantôt il dénonçait explicitement l'esclavagisme, tantôt il déclarait que c'était nécessaire pour des raisons économiques. On peut dire que, déjà, c'était ploutocratique avec un mixture d'inspiration humaniste. Au moins, en comparaison à d'autres, son esprit était plus ouvert que d'autres (mais pas vraiment avant-gardiste) dans son contexte culturel et économique.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Thomas_Jefferson_et_l'esclavage

    • Jean-François Trottier - Abonné 3 septembre 2020 11 h 29

      M. Dionne, ce que vous dites était vrai il y a deux siècles. C'était presque encore vrai il y a 50 ans.
      Ça ne l'est plus.

      Quand Trump a déclaré, quelques semaines après son élection, qu'il avait tous les pouvoirs, qu'il pouvait tuer une personne avec son gun en toute immunité, il avait presque raison.
      C'est le cas dans la plupart des démocraties, l'exécutif finit toujours par avoir le pas sur le législatif. C'est pourquoi il fauf, régulièrement, repenser la constitution d'un pays.
      Celle des USA n'est plus qu'une gêne. Ce qui devait y être respecté ne l'est plus. Reste des droits, comme si la Constitution était une charte, par exemple celui d'avoir une arme.
      Quant au droit au bonheur, tel que décrit dans la Contitution, euh...

      Chaque Constitution a ses défauts parce qu'on ne peut prédire l'avenir. Le pire de celle-ci est de n'avoir rien prévu pour contrebalancer le pouvoir d'argent. Faut dire que c'est le plus ardu à contrebalancer, mmmmh... mais c'est possible, à la condition de le faire tout en douceur.
      La loi antitrust ne fait plus son travail à cause de ce trou béant. Il faut non pas lui donner des dents mais plus de portée.

      C'est un fait connu que la mobilité sociale, ce phénomène qui fait que les individus changent de groupe économique ou de sphère de pouvoir en étudiant ou autrement, est maintenant aux USA l'une des plus faibles du monde occidental. "Anybody can be president" n'est plus qu'un lointain souvenir.

      La société américaine, encore plus que son gouvernement, est sclérosée. Le monde ne s'y divise pas en classes sociales mais en castes bien nettes, où non seulement la condition économique est décidée d'avance, mais aussi les opinions, les emplois possibles, les endroits où la personne ira ou n'ira pas...
      Il est devenu presqu'impossible de faire changer d'avis un américain, même parmi l'intelligentsia, qui d'ailleurs n'a plus voix au chapitre.

      Reste le mythe fondateur... Un bien beau mythe.

    • Germain Dallaire - Abonné 3 septembre 2020 12 h 08

      Personnellement, je crois que le système politique américain est un système qui mène à l'impuissance. Regardez le deuxième amendement. On a créé un système politique dont le maître mot est la méfiance du pouvoir politique. Il ne faut pas oublier que les USA ont été fondés par des intégristes protestants. Or, qu'est-ce que le protestantisme sinon une révolte contre le pouvoir central (la papauté). On a fait disparaître l'institution. Le croyant protestant est seul devant son destin. Toute la religion protestante est à comprendre dans ce sens. Le système politique américain quant à lui, avec tous se mécanismes de pouvoir et de contre-pouvoir, se méfie tellement du pouvoir central qu'il en est littéralement paralysé.

    • wisner Joselyn - Abonné 3 septembre 2020 17 h 54

      Un point important qu'il convient de souligner: Le président n'est pas élu au suffrage universel aux USA. Ce n'est pas clair du tout, que les 'Pères fondateurs' des USA avaient en tête de liste des priorités de donner le pouvoir au peuple (au sens ethymologique de la démocratie). Ils se sont beaucoup plus souciés de baliser le pouvoir des uns et des autres en y créeant des mécanismes de contre-pouvoirs. Résultat... quand est venu le temps de donner le pouvoir direct de décision au peuple, ils se sont montrés plutôt réticents...

    • Denis Briffaud - Abonné 4 septembre 2020 04 h 40

      "tous les hommes sont créés égaux" certains sont seulement plus égaux que d'autres !
      M. Dionne, je pense que vous devriez aller faire une petite visite dans les quartiers défavorisés aux USA, je vous suggère de commencer par philadelphie, Jacksonville, ou même Washington, histoire de voir comment cette belle démocratie fonctionne...

  • Nadia Alexan - Abonnée 3 septembre 2020 08 h 35

    Le rêve américain est une imposture.

    Effectivement, les États-Unis sont devenus une ploutocratie pour les riches et par les riches. Les pauvres n'ont pas les mêmes opportunités que les riches pour avancer et pour accéder au pouvoir.
    La démocratie n'existe plus aux États-Unis depuis que le système politique a été détourné par les riches et la soi-disant «compétition» sur laquelle le capitalisme repose, est devenu une oligopole de monopoles, les GAFAM obligent.

    • Francois Ricard - Abonné 3 septembre 2020 09 h 25

      D'autant plus que les USA n’ont jamais véritablement réussi à régler leur question raciale, sachant qu’après l’abolition de l’esclavage, en 1865, la ségrégation a perduré légalement jusqu’en 1965.Et même aujourd'hui, elle semble faire partie de leur subconscient.

  • Marcel Vachon - Abonné 3 septembre 2020 10 h 07

    Nouvelle formation?

    Je crois que nos amis étatsuniens sont mûr pour un parti "Rhinocéros" USA.