John A. Macdonald et la culture du bannissement

Le lynchage posthume de John A. Macdonald participe évidemment de cette « cancel culture » (culture du bannissement, selon l’OQLF), dont la propagation est largement et justement décriée par les défenseurs d’un État de droit où règne la liberté de pensée.

Pourtant, en un sens et dans certains cas, tout le monde accepte cette pratique : personne en Allemagne ou ailleurs ne permettrait la présence d’une statue ou d’un odonyme célébrant Hitler ; la même chose pour Staline en Russie, mais, sauf erreur, pas pour Lénine, qui y a encore droit de cité.

Étant donné que probablement 80 % des statufiés, momifiés et célébrés du passé ont des squelettes dans le placard, la question du bannissement repose alors sur la gravité des crimes allégués, laquelle gravité pouvant être atténuée par l’excuse de l’« époque » ou la grandeur des réalisations.

Tout compte fait, la statue de sir John A. mérite-t-elle de passer à la trappe ? Il n’y a pas, semble-t-il, de large consensus là-dessus au Canada et les actions de « justice populaire » peuvent facilement ouvrir la voie à des exactions que peu de gens aimeraient voir. Une chose est claire cependant : le gouvernement du Canada, son ministère du Patrimoine en particulier, serait bien avisé d’arrêter d’honorer ce sinistre personnage et de commencer à le présenter dans toute sa vérité.

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