Patrimoine bâti en péril

Historien de formation et archiviste de carrière, je lis toujours avec attention les articles de Jean-François Nadeau grâce auxquels nous pouvons suivre la disparition de maisons patrimoniales, c’est-à-dire des maisons qui par leur style ou par leur forme sont le témoignage d’une époque et de ses techniques et méthodes de construction ou encore de l’importance historique nationale ou régionale des personnes qui les ont conçues ou habitées. À quoi peut-on attribuer cette négligence ou cette indifférence à l’égard de ce patrimoine qui nous rappelle ce que nous avons été et ce que nous sommes encore ? Fernand Dumont nous en a peut-être fourni l’explication en invoquant le mépris de soi que les Québécois d’origine française ont développé et progressivement intériorisé. En confiant aux municipalités une part de ses responsabilités dans la conservation et la mise en valeur du patrimoine bâti, le gouvernement du Québec a favorisé cette tendance profonde qui fait en sorte que ce patrimoine est devenu un enjeu financier important et un obstacle à leur développement. Les grandes villes, qui possèdent l’expertise et les moyens financiers requis et où se trouvent des « lobbies » influents, peuvent prendre, si elles le veulent, les mesures qui s’imposent ; les petites municipalités, en revanche, ne semblent avoir, sauf exception, aucune volonté de préserver ce patrimoine face à la cupidité des promoteurs immobiliers et à la précarité de leur situation financière. Le gouvernement du Québec doit donc reprendre complètement en main ce domaine et en assumer la pleine responsabilité, car il est clair que la plupart des municipalités en sont incapables.

4 commentaires
  • Sylvio Le Blanc - Abonné 15 août 2020 08 h 55

    Exquise formulation :

    « je lis toujours avec attention les articles de Jean-François Nadeau grâce auxquels nous pouvons suivre la disparition de maisons patrimoniales ».

  • Mathieu Lacoste - Inscrit 16 août 2020 02 h 13

    « Patrimoine bâti en péril » (Louis Garon)



    Un instant, j'ai crains que l'on s'en prenait à nos maisons en déclin de vinyle propre à vos villages

    • Sylvio Le Blanc - Abonné 16 août 2020 09 h 48

      Je ne vous prends pas souvent en défaut, M. Lacoste : « craint » et non « crains ». Je sais que vous savez.

  • Mathieu Lacoste - Inscrit 16 août 2020 16 h 13

    «Je ne vous prends pas souvent en défaut, M. Lacoste : « craint » et non « crains ». Je sais que vous savez.» (Sylvio Le Blanc)


    C'est tout en votre honneur de m'avoir pris en défaut; ainsi, je songerai davantage à me relire après avoir forcé sur le digestif.

    Pour le reste, avant que la Belle province n'eût commencé à bouldozer son «patrimoine historique et esthétique», il lui aurait fallu se doter d'une loi Malraux;

    C'est la raison pour laquelle les maisons des villages de la doulce France ne sont pas revêtues d'un parement en déclin de vinyle