Déjà masqué!

Je me souviens de mes belles années d’études à l’université. Je suivais un baccalauréat multidisciplinaire en arts et littérature, dont une mineure consacrée au théâtre. J’ai eu alors le loisir de m’initier à l’art de la commedia dell’arte, avec ses différents personnages masqués.

Aujourd’hui, quand je vois un politicien tel que Trump, je ne peux m’empêcher de l’associer au plus célèbre des personnages de la commedia dell’arte qu’est Polichinelle. On dit de lui qu’il est menteur et parfois même cruel sous l’allure de son masque, en plus de garder pour lui des secrets des plus scabreux. Un vrai snoreau, pourrait-on dire !

S’il a fallu un temps fou avant que Donald Trump ne vante finalement les mérites du port du masque de protection et en enfile un en public, après des milliers de morts de la COVID-19 sur son territoire, ne serait-ce pas justement parce que son visage est déjà masqué ?


 
5 commentaires
  • Cyril Dionne - Abonné 15 août 2020 07 h 56

    Legault, Polichinelle?

    Et qui est Polichinelle au Québec? Avant de se moquer des autres, il faudrait se rappeler que le Québec accuse plus de 677 décès par million de population alors qu’aux États-Unis, c’est seulement 518 à l’heure de ce commentaire. Montréal comptait plus de 38% de tous les morts au Canada due à la COVID-19 avec moins de 5% de la population canadienne. Aussi, en ce qui concerne la densité de population, les USA ont plus de 34 personnes au km2 tandis qu’au Québec, c’est seulement 5. Le Québec possède un système de santé publique alors que les États-Unis n’en ont pas.

    En passant, le Québec a eu plus de 63% de tous les décès au Canada avec seulement 23% de la population canadienne durant cette première vague. Idem pour le nombre de cas, le Québec en affiche la moitié pour tout le Canada.

    Bien oui, le gouvernement de la CAQ et Legault ont fait un excellent travail. Ils méritent le support de 50% de la population.

    Seulement au Québec. Misère.

    • Raymond Labelle - Abonné 15 août 2020 11 h 16

      Votre commentaire général a du sens M. Dionne, mais attention aux statistiques... Quand on parle de la densité de la population au Québec, on parle de la densité moyenne. De grands pas d'un énorme territoire sont très peu habités, et la population y est concentrée sur une petite partie du territoire, comme par exemple sur les rives du Saint-Laurent.

      La moitié de la population est à Montréal et dans ses régions environnantes, où la densité de la population y est drôlement plus dense que dans le Grand Nord, beaucoup plus vaste (par exemple).

      Mais je partage votre colère sur la gestion québécoise de la pandémie, au moins pendant les 2-3 premiers mois. Nous avons tous deux expliqué en détail pourquoi dans d'autres interventions. Et il est vrai que nos résultats sont très mauvais, et qu'on aurait pu faire beaucoup mieux - gérant d'estrade rétroactif? Non, d'autres ont fait beaucoup mieux au Canada - et le principe de ne pas exposer les travailleurs et les malades à des maladies contagieuses est connu depuis des siècles - c'est ce principe élémentaire qui n'a pas été bien appliqué.

    • Raymond Labelle - Abonné 15 août 2020 11 h 26

      Ceci dit, ce n'est pas parce que le Québec a mal géré la pandémie que Trump l'a bien fait. Ce sont deux questions différentes.

  • Françoise Labelle - Abonnée 15 août 2020 08 h 10

    Un secret de Polichinelle: dé(jà)-masqué

    En fait, Mary Trump nous le présente plus démasqué que déjà masqué: un enfant malheureux en quête constante d'admiration, incapable depuis son plus jeune âge de quelque empathie que ce soit et donc incapable de relation humaine normale. Pendant que ses concitoyens meurent ou sont hospitalisés, il joue au golf ou vante les envolées boursières. Lorsque son frère aîné Freddie, le père de Mary, est mourant, Donald va au cinéma. Si votre mort peut lui profiter, il la facilitera et passera à autre chose. «Too much, never enough» p.208

    Pour ses admirateurs, dont certains doivent coucher dans leur voiture, il est certainement masqué et cynique. Ce n'est pas pour les perdants qu'il est là mais eux n'y voient que du feu.

    À propos du secret de Polichinelle, Wikipédia note que «Le conte Les Habits neufs de l'empereur illustre ce type de phénomène : à l’instant critique, tout le monde voit que le roi est nu, mais se comporte comme s’il était habillé de façon extraordinaire, pour ne pas révéler sa connaissance de cette nudité. Un enfant fait voler le secret en éclats.»
    Extraordinaire, merveilleux, formidable (recensé 4,400 fois) selon Slate, «La manière de parler de Donald Trump est riche d'enseignements» janvier 2019.

  • Marc Therrien - Abonné 15 août 2020 11 h 28

    Jouer à porter le masque


    Après Obama qui pleure, il y a Trump qui rit. Je ne sais pas si l’étatsunien moyen connaît Polichinelle. Pour ma part, Donald Trump, dans sa parodie du Président des États-Unis, tient beaucoup plus du « Joker » : « Why so serious? » Il lui a fallu quand même une bonne dose de génie pour réussir à devenir Président des États-Unis malgré tous les travers dont on l'affuble.

    En jouant à porter le masque et en faisant semblant de croire en ce qu’il dit, Donald Trump s’amuse avec cette dualité authenticité-hypocrisie inhérente aux rapports interpersonnels et sociaux et avec ce jeu de l’imposture qui avait été si bien formulé par Ronald Laing : « Ils jouent un jeu. Ils jouent à ne pas jouer un jeu. Si je leur montre que je le vois, je briserais les règles et ils me puniront. Je dois jouer leur jeu, qui consiste à ne pas voir que je vois le jeu ».

    Marc Therrien