Un autre deuil

Jour après jour, cette bombe à Beyrouth prend plus de place dans ma vie, de l’ampleur dans tout mon être et surtout dans ma tête. Mon cœur déborde de tristesse, de colère et de désespoir. En allant au lit, je pense à ceux qui n’ont plus de lit. Je me réveille et je pense à ceux qui n’ont pas dormi. À me voir, j’ai l’air d’un zombie, mal coiffée, mal habillée et nonchalante. Vous l’avez deviné, je procrastine, à un tel point que j’ai juste envie de dormir pour oublier… Il paraît que dormir beaucoup est signe de dépression nerveuse. C’est fort possible, mais une chose dont je suis certaine, c’est que mon état actuel ressemble beaucoup aux deux périodes de deuil que j’ai traversées après le décès de mes parents.


 
8 commentaires
  • Cyril Dionne - Abonné 14 août 2020 07 h 58

    Le mur des lamentations

    Voici ce qui disait une jeune femme de 31 ans en 2006, Mira Nahouli, libano-canadienne, depuis son siège dans un café de Beyrouth avec vue sur la Méditerranée : « Le meilleur cadeau que mon père m’a jamais donné était un passeport canadien parce que lorsque vous vivez au Liban, ils (Canada) déploieront toutes les ressources pour venir vous secourir ». « Priceless ».

    Bon. Il y a beaucoup de Canadiens nés au Liban et qui vivent au Liban. Ce sont Canadiens de complaisance à citoyenneté multiple qui vivent en permanence à l’extérieur de Canada. Wow! Ils immigrent au Canada pour satisfaire l’exigence de résidence, deviennent des citoyens naturalisés et retournent vivre dans leur pays d’origine. La citoyenneté n’est qu’une assurance qui les protège en cas d’urgence. En 2006, durant l’évacuation de citoyens canadiens du Liban pendant la guerre du Liban, plus de 15 000 ont été ainsi rapatriés et lorsque les choses se sont calmées, 7 000 d'entre eux y sont retournés tout de suite pour y vivre en permanence. Est-ce que ce sera encore le cas avec cette explosion?

    Ceci dit, il y a au moins 10 millions de réfugiés au Moyen-Orient présentement. Eux, ils n’ont pas le luxe d’avoir un passeport canadien pour les protéger et venir les chercher. Et vous pouvez être persuadé que s’ils ont la chance de venir ici, ce ne sera pas pour y retourner dans leur pays d’origine. En ce qui concerne l’intégration, eh bien, cela est une autre paire de manches.

    • Daphnee Geoffrion - Abonnée 14 août 2020 13 h 40

      En effet bien content de retrouver leur racine, pendant qu'ici on se sent mal de vouloir garder les nôtres..

    • Christian Roy - Abonné 14 août 2020 22 h 23

      Cher M. Dionne,

      Puis-je me permettre un commentaire au sujet du vôtre ? La tonalité de vos propos m'apparaît clairement déplacé par rapport au témoignage que livre Annie Tazbaz, L'intelligence émotionnelle, ça vous dit quelque chose ? Me semble qu'il y a des moments où il faut mettre de côté ses froides analyses personnelles, bien que valorisantes... et accepter d'être touché.

      Il y a un temps pour jouer les comptables et un temps pour exprimer ses sympathies.

      Pour ma part, je salue cette dame et je la remercie pour son commentaire. Il me fait sortir de ma bulle de privilégié.

  • Daphnee Geoffrion - Abonnée 14 août 2020 09 h 13

    Je comprend votre tristesse, maintenant il faut que les libannais cessent de focuser sur leur représentation religieuse et s'assure un gouvernement laique qui s'occupe d'eux plutôt que de leur guéguerre.

    Comme un volcan qui s'éffondre sur lui même en explosant, tout pays avec un gouvernement religieux est voués à l'échec, le Liban est le meilleur exemple.

  • Michel Lebel - Abonné 14 août 2020 12 h 32

    Espoir et espérance

    Je compatis grandement à votre situation. Au bout de tout tunnel, il y a la lumière. Il faut garder espoir et espérance, même si cela n'est pas facile. Le Liban renaîtra. Après la nuit, vient l'aube et le jour.

    M.L.

    • Daphnee Geoffrion - Abonnée 14 août 2020 14 h 07

      Ca prendra beaucoup de changement pour ne pas reconstruire pour rien, car je ne vois pas beaucoup de différence entre voir 18 groupes religieux sans surveillance, avec des visions contraires dans le même parlement, que d'avoir des tonnes d'engrais explosifs sans surveillance...un rien, ca explose...

    • Cyril Dionne - Abonné 14 août 2020 15 h 58

      Que c'est bien dit Mme Geoffrion.

  • Marc Levesque - Abonné 14 août 2020 19 h 11

    Annie Tazbaz,

    Merci pour votre lettre.